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Aïd El Adha, MASCARA : Foule au marché

A quelques jours de la célébration par tous les musulmans de la fête de l’Aïd El Adha, le mouton du sacrifice continue de faire grincer les dents tant les prix affichés sont jugés par un grand nombre de personnes exorbitants, voire inaccessibles mais ce n’est pas de l’avis de tous.

PUBLIE LE : 06-08-2019 | 1:00
Ph. Wafa

A quelques jours de la célébration par tous les musulmans de la fête de l’Aïd El Adha, le mouton du sacrifice continue de faire grincer les dents tant les prix affichés sont jugés par un grand nombre de personnes exorbitants, voire inaccessibles mais ce n’est pas de l’avis de tous.

Et pour en avoir le cœur net sur la question, nous nous sommes déplacés ce jeudi et samedi respectivement à Maoussa et Khalouia, jours de marché, il y avait foule, toutefois les curieux étaient plus nombreux que les potentiels acheteurs, les intermédiaires, naturellement étaient présents, ils font des affaires en se remplissant les poches, sans dépenser le moindre sou, nous explique ce maquignon avisé, des partisans du moindre effort et excellent dans le profit. Hadj Senouci, éleveur de cheptel ovin de père en fils, impute cette hausse en partie à ce qu’il nomme des «parasites» mais aussi, au prix élevé de l’aliment de bétail et les autres charges. La fourchette des prix, contrairement à ce que l’on veut faire admettre faussement, varie entre 35.000 DA et 45.000 DA pour les bourses moyennes et l’on a vu qu’un maquignon proposait un mouton de la race de Sougeur et El Bayadh à 50.000 et 60.000 DA, cela à titre d’illustration du baromètre des prix qui oscille entre le moyen et le plus cher, mais pourquoi, s’interroge ce  fonctionnaire indigné. Certains veulent à tout prix acheter et vivre au-dessus de leurs moyens, des paroles sages qui se passent de tout commentaire, diriez-vous. Toutes les dispositions sont prises afin de faciliter les opérations de vente et achat du cheptel en provenance de différentes régions pastorales de l’Ouest et des lointaines zones steppiques des Hauts Plateaux, d’autre part des mesures de contrôle et de prévention d’éventuelles maladies parasitaires seront assurés par des vétérinaires et des techniciens de santé animale, nous indique-t-on.
Sur un autre plan, le paysage de toutes les localités de la région de Beni Chougrane commencera sa mue avec l’apparition, dans les quartiers populaires, plusieurs jours avant l’Aïd, dans les «Souikas» (petits souks) des revendeurs occasionnels de moutons et d’autres proposent aux passants du charbon, des ustensiles de cuisson dans les magasins mais, aussi dans les grandes places comme celle  d’Ettahtaha, où curieusement l’on  continue sur des tréteaux même si les commerces de l’informel ont complètement disparu mis à part ce site. C’est bien, nous dit cette femme d’un certain âge, de perpétuer le geste auguste du prophète Ibrahim, il y a des siècles de cela mais il ne faut trop verser dans le superflu et l’inutile en achetant n’importe quoi, tient elle  à le préciser à un groupe de jeunes mariés qui s’apprêtent pour la première fois à s’acquitter de ce devoir religieux avec leurs petites familles à cause des dépenses faites par des réflexes régis par nos ‘‘panses’’ et la vie au vu des autres qui ont peut-être les moyens de mener ce train de vie à leur guise, semble nous l’expliquer dans le sens de la modération loin de la démesure.
Toute la wilaya se prépare à fêter comme il se doit  l’Aïd El Adha, cependant maquignons, éleveurs, revendeurs, se frottent déjà les mains  et brandissent leurs ailes pour faire survolter les prix, au grand dam des classes et bourses modestes qui ont encore des dettes après le Ramadhan, l’Aïd el Fitr, et tout ce qui s’ensuit, une vraie saignée vu la folie des prix des fruits et légumes qui brûlent, c’est pourquoi, l’on est tentés de croire que les ménages et pères de familles, s’ils ne font pas très attention à leurs dépenses, ils seront cuits dans l’attente de leur méchoui de l’Aïd, a tenu à nous le faire savoir en bon ‘‘philosophe’’, Kada Ben, professeur de sciences. Espérons que cette année, disent les plus optimistes, que le "bouzellouf" ne nous coûtera pas les yeux de la tête, comme cela a été le cas l'année dernière. Une question se pose quant à la destination des peaux de moutons égorgés durant le rituel de l'Aïd El Adha. En effet, une grande quantité de peaux de mouton dont une partie va aux dépotoirs publics, sinon d'autres peaux traînent pendant plusieurs mois, aux niveaux des espaces à l'abandon et ce après que les établissements conçus pour le traitement des peaux de certains animaux où est pratiqué le tannage de ces dernières (végétal ou chimique, mécanique ou électrique) avec des équipements et un outillage adapté (cuves, fosses, foulons de tannage, etc.), ont complètement disparu de notre wilaya. Aujourd'hui, nous n'avons pas de structure de tannage où l'on peut traiter les peaux brutes. Sachant qu'une seule peau de mouton peut donner de quoi fabriquer 6 paires de chaussures, se traduisant en une perte sèche pour l'économie nationale. Les associations devraient au moins fixer une heure pour le rassemblement des peaux qui seront transportées sur le champ vers la destination prévue sans pour autant que les fidèles et le voisinage soient gênés par la mauvaise odeur. Pour rappel, à une certaine époque, Mascara avait sa tannerie dans le quartier de Sidi Ali M'hamed qui traitait les peaux, pour dégager la laine destinée au tissage et la peau orientée vers l'artisanat pour la fabrication de plusieurs produits. Cette tannerie a disparu avec Si Boudjemaa Djo et Hadj Ahmed, le premier en tant que tanneur et les deux autres ramasseurs de peaux à travers le territoire de la wilaya. Tout le monde a l’oreille tendue vers le souk a bestiaux. En effet, ce sont les maquignons qui sont maître de la situation, c’est eux qui ont la main sur le souk, grâce a leur téléphone portable qui n’arrête de sonner toute la journée, l’outil qui leur permet de communiquer à travers l’ensemble des souks pour décider du prix à pratiquer. Voyant la ruse, les citoyens préfèrent les enclos où ils trouvent des prix en convenance avec leur bourse et la prise en charge du mouton jusqu’à la veille de l’Aïd, nourriture à la charge du vendeur ce qui vaut quelques milliers de dinars en plus. Si Djilali dira «chaque année à l’approche de l’Aïd, nous vivons le même scénario, une bande de maquignons prend place dans les souks et agit comme bon lui semble, voyant qu’il n’y a aucun contrôle sanitaire, ni agricole. Normalement à l’entrée de chaque souk doivent se trouver deux commissions l’une pour le contrôle sanitaire, certains fellahs vendent des agnelles que la loi interdit de vente pour être destinée à la reproduction. Le constat fait ces dernières années ne doit pas se répéter, surtout en matière de santé. Sachant que notre pays vient de sortir d’une épidémie qui a ravagé une bonne partie du cheptel et dont la maladie a laissée des séquelles.
Le DSA, le directeur de la Chambre de l’Agriculture et les Associations professionnelles doivent prendre des précautions pour détecter à temps toute maladie et préserver le cheptel. M. H. A, docteur vétérinaire nous dira : «C’est vrai il devait y avoir un contrôle sévère et rigoureux au niveau des souks et même à travers les routes où s’acheminent des milliers de têtes d’un lieu à l’autre, il y a risque de transfert de maladie, mais vu le manque de moyens matériel et humain au niveau des inspections vétérinaires, le contrôle s’effectue de temps à autre au niveau des souks et puis, là aussi, il y a des problèmes, parfois les gens ne vous laissent pas effectuer le contrôle, il n’admettent pas que leurs bêtes soient contrôlées devant les gens ce qui porte un doute sur la santé de l’animal, cet état de fait nous expose au danger». Les prix du mouton cette année sont également un handicap. Pour la question des prix, l’explication est claire, on avance toujours le procédé de l’offre et la demande, mais on ne fait jamais de reproche aux structures chargées du contrôle laissant un vide devant les spéculateurs. Il y a un manque et un vide juridique dans les deux secteurs stratégiques, l’agriculture et le commerce.
A. Ghomchi

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