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Exportations : Un levier de croissance

La relation entre la croissance économique et la diversification des exportations n’est pas à démontrer. Une équation encore loin d’être résolue pour l’économie algérienne qui peine à s’affranchir de la rente pétrolière.

PUBLIE LE : 05-08-2019 | 1:00
D.R

La relation entre la croissance économique et la diversification des exportations n’est pas  à démontrer. Une équation encore loin d’être résolue pour l’économie algérienne qui peine  à s’affranchir de la rente pétrolière.

Comment opérer cette difficile transition, avec quels moyens et quelles conditions ? Souman Mohand Ouidir et Ouali Nadjia de l’université de Béjaïa ont tenté de dégager des pistes de réflexion, sur une thématique de première importance, dans une étude analytique, publiée dans la «Revue des études économiques approfondies», visant à identifier «l’impact de la croissance économique ainsi que d’autres variables sur la diversification des exportations dans le cadre de l’économie algérienne ». Dans cette optique, les conclusions de cette contribution
«suggèrent que pour échapper à la dépendance des hydrocarbures, une transformation profonde de la structure sectorielle à un rythme de croissance à deux chiffres s’impose ». En fait, «la dépendance de l'économie algérienne vis-à-vis de la rente pétrolière accentue certains enjeux. Tout d'abord, la baisse de la rente pétrolière en période de vache maigre, depuis juillet 2014 pousse l'État à recourir aux réserves de change à court terme, et peut-être à la dette, ce qui pose le problème de solvabilité extérieure du pays», expliquent les auteurs de ce travail. Aussi,
«les problèmes conjoncturels liés à la facture des importations et à la baisse des recettes pétrolières poussent le pays à trouver d'autres sources de revenus, ce qui conduit à l'exploitation excessive des autres ressources naturelles du pays», soulignent-ils. Par ailleurs, notent-ils, «la baisse de la rente pétrolière qui représente plus de 98 % des recettes d'exportations accentue l'insécurité alimentaire du pays parce que le taux de couverture baisse». Dans ce cas de figure, «il devient difficile de couvrir les importations essentiellement composées de biens alimentaires». Les auteurs de l’analyse notent également que la chute des recettes pétrolières «peut se traduire par une baisse des dépenses d'investissement dans les secteurs sociaux. En revanche, en période de boom pétrolier, l'augmentation de la rente pétrolière se manifeste souvent par la hausse du budget de l'État». L’exécution de ce dernier se traduit par «un accroissement des dépenses publiques de fonctionnement et d'investissement». Cette phase d’aisance financière «peut souvent être source de corruption, de concussion et, par conséquent, de mauvaise gouvernance des deniers publics». Par voie de conséquence, «la diversification de l'économie algérienne est un impératif pour répondre aux nombreux enjeux de développement économique auxquels le pays est confronté depuis plusieurs décennies». Malgré les nombreuses ressources naturelles et non renouvelables dont elle recèle, l’économie algérienne reste
«l'une des économies les plus rentières de l'Afrique», constatent les chercheurs de l’université de Béjaïa qui relèvent le fait que «nonobstant, tous les programmes réalisés, l’effort n’est pas concluant». En guise de conclusion,
«la voie peut être orientée vers une vision stratégique pour la diversification économique à l’horizon 2030. Ainsi, la question de la transformation structurelle de l’économie sera étudiée dans une perspective d’atteindre une croissance accélérée sous une condition de soutenabilité de la croissance au niveau des secteurs», suggère l’analyste. La transformation structurelle doit dans ce cas «s’accompagner par une accélération de la croissance à 2 chiffres au niveau des secteurs, avec une forte croissance des exportations HH».
Le rôle de l'innovation dans la diversification des exportations est l’autre élément qui intervient à ce niveau, indiquent l’analyste. Le défi pour le pays consiste non seulement à «faire évoluer ses secteurs traditionnels, mais aussi de diversifier son activité vers des produits et services à plus forte valeur ajoutée». Dans cette optique, « il est impératif d’accélérer les changements structurels du tissu productif qui sont indispensables non seulement pour soutenir la croissance mais aussi pour la rendre plus diversifiée en développant de nouvelles activités plus productives», conclut l’analyste.
D. Akila

                                          

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