jeudi 14 novembre 2019 06:10:05

Grâce à un programme de l’ONU : Des œuvres de réfugiées syriennes exposées

Pour illustrer leur vécu, leur guerre et leur exile forcé, un groupe de refugiées syriennes a produit une série d’œuvres, actuellement exposées à la gare de Starsbourg.

PUBLIE LE : 21-07-2019 | 0:00
D.R

Pour illustrer leur vécu, leur guerre et leur exile forcé, un groupe de refugiées syriennes a produit une série d’œuvres, actuellement exposées à la gare de Starsbourg.
Elles ont représenté des bombes et des maisons détruites, mais aussi des fleurs et des oiseaux : des œuvres de Syriennes réfugiées en Turquie sont présentées dans une gare française, une exposition organisée par le Programme alimentaire mondial pour faire mieux comprendre le ressenti d'un réfugié. Ces douze femmes, âgées d'une vingtaine à une soixantaine d'années, ont suivi une courte formation à la linogravure, la sérigraphie et au patchwork en   Turquie grâce au Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, qui vient en   aide aux plus vulnérables des 4 millions de réfugiés hébergés par la Turquie.      Des reproductions de leurs œuvres sont exposées sur la verrière extérieure du bâtiment de la gare de Strasbourg (nord-est) jusqu'à la mi-septembre, afin de les mettre «à la hauteur de l'architecture de la gare», explique Sylvain Bailly, de l'opérateur ferroviaire français SNCF qui organise une centaine d'expositions par an.   Sur l'une des œuvres, Hatice D., 38 ans, a représenté des pupitres d'écoliers pour illustrer le courage qu'il lui a fallu pour aller chercher son fils à l'école après le bombardement du bâtiment en Syrie. Emine N., elle, ne voulait pas quitter la Syrie lorsque le conflit a commencé et a d'abord déménagé d'Alep à la campagne environnante avec sa famille. Elle a représenté des bombes transformées en fleurs pour illustrer l'espoir du retour de la paix. La plupart des patchworks aux couleurs vives figurent les maisons de ces   femmes, souvent détruites mais restées gravées dans leurs mémoires.  
 «En travaillant avec ces réfugiés les plus vulnérables, nous nous sommes demandé si certains d'entre eux aimeraient exprimer quelque chose de leur expérience à travers l'art. Nous avons fait cela aussi pour améliorer la compréhension entre la population turque et les réfugiés», explique Martin Penner, responsable de la communication pour le PAM en Turquie.     «C'est absolument incroyable ce qui est sorti de cette toute petite formation pour ces douze femmes qui n'avaient aucune expérience artistique», estime-t-il, parlant d'un «récit à la première personne de ce que c'est d'être un réfugié vulnérable». Il se dit heureux que ces œuvres servent aujourd'hui à faire mieux comprendre à des Européens le «voyage émotionnel» effectué par ces femmes,  entre peur, nostalgie et espoir.     
Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a tué plus de 370.000 personnes. Douze femmes et des œuvres sorties des abimes de la guerre.   
 R. C.

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