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Mohamed Chérif Belmihoub, analyste en économie : «Réduire les dépenses de fonctionnement»

Le ministre des Finances vient d’annoncer le gel du financement non conventionnel pour l’année 2019, précisant qu’il restera un instrument de financement valable jusqu’à 2022.

PUBLIE LE : 17-07-2019 | 23:00
D.R


Le ministre des Finances vient d’annoncer le gel du financement non conventionnel pour l’année 2019, précisant qu’il restera un instrument de financement valable jusqu’à 2022. Interrogé à ce sujet, l’analyste en économie, Mohamed Chérif Belmihoub, lors de son passage à la Chaîne 3, précise qu’en procédant de cette manière, les responsables politiques d’alors, ont agi de façon «irrationnelle et irréfléchie», précisant qu’ils n’ont pas jugé utile d’en appeler à des sources alternatives pour financer le déficit budgétaire et les investissements publics à venir.
A ses yeux, ces incohérences ne sont pas sans conséquences évoquant une éventuelle perte de la souveraineté économique.
Commentant l’annonce faite par le premier argentier du pays, l’universitaire précise que la démarche présage que les 40% des 6.553 milliards de dinars imprimés au titre du financement non conventionnel de l’économie vont, à coup sûr, constituer une réserve dans laquelle celui-ci n’hésitera pas à puiser. Comment s’en sortir ? L’Algérie, souligne M. Belmihoub, va devoir revoir les dépenses de fonctionnement de l’Etat, estimant qu’elles devraient être réduites d’au moins 10%, «hors salaires».
Relevant une faiblesse de la croissance économique, le professeur Belmihoub propose de fiscaliser l’économie informelle et d’imposer les patrimoines constitués «au cours des dernières années», sur la base de plusieurs facteurs, parmi lesquels il mentionne des avantages et autres subventions indues. Rappelons que la décision de suspendre temporairement le recours à ce mode de financement, communément appelé «planche à billets», a été prise lors d’une réunion du gouvernement, tenue le 26 juin dernier.  Rendu possible grâce à un amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, autorisant le Trésor public à s’endetter directement auprès de la Banque d’Algérie (BA), le financement non conventionnel était programmé pour une période transitoire de cinq ans (2017-2022). Cette période devait voir la concrétisation de réformes structurelles importantes. «Le gouvernement a décidé de satisfaire les besoins de financement de l’exercice 2019 sans recourir, de nouveau, au financement non conventionnel qui restera figé à son niveau de janvier 2019, soit à 6.553,2 milliards de DA», a précisé M. Loukal. S’agissant de la prise en charge des besoins de financement au titre de l’année en cours, le ministre a expliqué qu’elle sera assurée par des «sources alternatives», disponibles sur le marché, avec une politique budgétaire basée sur une rationalisation soutenue des importations.
D’autre part, il convient de préciser que le Pr. Belmihoub avait indiqué que le volume tiré de la planche à billets à fin novembre 2018 est considérable dans l’absolu, mais aussi inquiétant par son affectation. «En effet, affirmait-il chiffres à l’appui, sur les 5200 milliards de DA de tirage auprès de la Banque d’Algérie, plus de 3200 milliards de DA sont allés à la couverture du déficit budgétaire et au remboursement de la dette publique (constituée autour de Sonatrach, Sonelgaz et le remboursement de l’emprunt du Trésor)». Et d’ajouter : «Ce qui a été alloué directement à l’investissement à travers le FNI ne représente qu’un peu plus du tiers.  Donc, le potentiel de remboursement du Trésor à la Banque d’Algérie est très faible si l’on en juge par l’importance de l’investissement dans le tissu industriel et les perspectives d’élargissement de l’assiette fiscale, seule voie possible pour des recettes budgétaires additionnelles».
Fouad Irnatene

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