samedi 17 aot 2019 21:54:59

Grand Angle : éviter le déraillement

L’accord qui semblait au départ improbable, tant les clichés ont la peau dure, a finalement eu lieu. Mais les militaires et les chefs de la contestation au Soudan ont déjoué tous les pronostics. Ils sont parvenus à se mettre d’accord.

PUBLIE LE : 17-07-2019 | 23:00
D.R

L’accord qui semblait au départ improbable, tant les clichés ont la peau dure, a finalement eu lieu.  Mais les   militaires et les chefs de la contestation au Soudan ont déjoué tous les pronostics. Ils sont parvenus à se mettre d’accord. Faut-il pour autant être surpris ? Si l’on estime que les deux parties avaient dès le départ un même objectif, celui de tourner la page de Omar el Béchir et mettre le pays sur la voie de la démocratisation,  il ne pouvait y avoir d’autre issue que celle qui a vu le jour après les discussions engagées sous  médiation africaine. Toutefois, il ne faut pas crier victoire trop vite. Les Soudanais, militaires et opposition, savent que le plus dur est certainement à venir. Les stigmates du passé prendront du temps pour disparaitre. Mais il ne faut pas non plus céder au défaitisme.  L’essentiel étant cette volonté qui semble les animer pour aller de l’avant. Cet  accord sur le partage du pouvoir est  du reste qualifié
d'«étape cruciale». C’est en effet le premier pas vers un gouvernement civil, principale revendication des contestataires. La déclaration politique paraphée par les deux parties est censée servir de point de départ vers ce destin que les manifestants soudanais, au prix de leur sang, ont voulu tracé pour les générations futures. Il est certain aussi que la transition qui s’annonce ne sera pas une sinécure. Elle sera sans nul doute émaillée de quelques couacs et différends. Mais il est à espérer que les Soudanais sauront dépasser leurs divergences car mus, de part et d’autre, de la même ambition, celle de démontrer au reste du monde que ce pays est à même de tordre le cou aux idées reçues, dont celle qui consiste à croire que  les militaires ne sont jamais disposés à céder le pouvoir aux civils.  Et ce d’autant  que  la destitution, le 11 avril, du président El Béchir est intervenue après un règne de 30 ans, durant lesquels les militaires ont joué un rôle important. Dès lors, il était légitime de craindre que le Conseil militaire de transition accepte de satisfaire la revendication des manifestants. Du reste,  rares étaient les personnes qui avaient misé sur l’éventualité de l’instauration d’un pouvoir civil au Soudan. Mais les manifestants ont refusé d’envisager une toute autre issue. Et grâce à une intense médiation de l'UA et de l'Ethiopie, les militaires ont  été convaincus ou contraints de céder. Cependant, les efforts doivent se poursuivre. À charge pour les médiateurs africains de suivre ce dossier en vue de mettre le Soudan sur les bons rails afin d’éviter que le train qui vient de prendre le départ ne déraille avant d’atteindre sa prochaine gare. Un accident qui viendrait  gâcher cette première étape vers une réconciliation globale et  qui obligerait tout un chacun à repartir de zéro.
Nadia K.      

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