Ligue algérienne des droits de l’homme : Pour l’indépendance de la justice

Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), Noureddine Benisaâd, estime que les revendications du mouvement populaire, depuis son déclenchement «sont restées inébranlables», et ce malgré «les tentatives de contournement et de division».
PUBLIE LE : 16-07-2019 | 23:00

Le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), Noureddine Benisaâd, estime que les revendications du mouvement populaire, depuis son déclenchement «sont restées inébranlables», et ce malgré «les tentatives de contournement et de division».
L’avocat estime, dans une déclaration à la presse, que «l’indépendance de la justice est la condition sine qua non pour la refondation de la pratique démocratique». Me Benisaâd, explique que pour trouver une issue à l’impasse politique dans laquelle s’est engouffré le pays la classe politique devrait s’entendre sur un minimum de propositions convergentes pour «une initiative commune qui vise à réunir avant d’aller négocier avec le pouvoir».
Sur la persistance du mouvement citoyen et la persévérance des manifestants à sortir revendiquer par millions chaque semaine le changement du système, l’avocat estime que la dynamique du Hirak oblige aujourd’hui le pouvoir, qui fait face à un large mouvement de contestation «d’accepter la négociation» et de tendre l’oreille à «la délibération du peuple» par lequel des manifestations grandioses et pacifiques illustrent à chaque fois «sa maturité politique». Le président de la LADDH estime que malgré la proposition par le pouvoir de différentes feuilles de route, comme l’extension du mandat de l’ancien président, les élections à la fin du mandat du président par intérim, «le mouvement populaire de par l’actualisation de ses slogans «refuse catégoriquement les compromis et les «manœuvres visant la régénérescence du système».
Celui-ci trouve que la marche du vendredi 5 juillet était une illustration parfaite de l’attachement des Algériens à leur liberté.
 «Les manifestations de ce vendredi étaient une réponse cinglante à tous ceux qui spéculaient sur l’essoufflement de la dynamique populaire», selon lui. Le président de la LADDH n’a pas omis de rappeler que «la liberté de manifestation est un droit garanti par la Constitution».
Partant de cela, il trouve que «l’incarcération de manifestants ne devrait pas être conçu comme un moyen de pression ou d’intimidation, mais doit obéir aux règles juridiques». L’avocat a appelé de ses vœux les autorités judiciaires à abandonner les poursuites judiciaires à l’encontre des manifestants. Me Benisaâd trouve que les Algériens sont assez mûrs politiquement pour réclamer haut et fort un Etat de droit et la justice. Pour l’avocat, «l’indépendance de l’appareil judiciaire est aussi une autre condition pour garantir la construction d’un Etat fort et démocratique». «En rompant avec les pratiques des injonctions et ordres qui entachent leur crédibilité, les juges pourront contribuer également au processus de lutte contre la corruption», explique le président de la LADDH.
En ce qui concerne les enquêtes sur les affaires de corruption et la comparution devant les juges de hauts responsables qui étaient jusque là «intouchables» de par leur statut ou leur proximité avec les réseaux de corruption, l’avocat estime que c’est un bon signe de la récupération de l’appareil judiciaire de ses prérogatives.
Il ajoute «que l’indépendance de la justice est un prélude pour l’instauration des fondements démocratiques et la séparation des pouvoirs». Néanmoins, «le respect de la présomption d’innocence est un principe fondamental pour garantir l’équité», conclut l’avocat pour qui «l’Etat ne devrait pas lésiner sur les moyens dans le cadre de la lutte contre la corruption, afin d’en finir avec des institutions inefficaces qui n’assurent pas réellement le bon fonctionnement démocratique».
L’avocat n’y est pas allé par quatre chemins pour dénoncer «la fermeture hermétique des champs et canaux d’expression à travers les lois liberticides attentatoires aux libertés d’association, de manifestation, de réunion et d’expression, amplification de la corruption et l’intrusion de l’argent d’origine douteuse dans la sphère politique».
    Tahar Kaïdi


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