samedi 17 aot 2019 21:55:37

Lutte contre la corruption Abdelkader Benmessaoud mis en liberté provisoire

Procès en appel du sénateur Boudjouher : 8 ans de prison ferme requis.

PUBLIE LE : 16-07-2019 | 23:00
D.R

De toutes les instructions judiciaires engagées jusque-là, qui se rapportent à des dossiers de corruption et de dilapidation de deniers publics, l’affaire Mahieddine Tahkout a vu l’implication de plusieurs ex-hauts responsables et d’anciens et actuels walis. C’est le cas d’Abdelkader Benmessaoud, actuel ministre du Tourisme et de l’Artisanat, mis en cause dans cette affaire en qualité d’ancien wali de Tissemsilt.

Le concerné a été laissé en liberté provisoire au terme de son audition par le magistrat instructeur près la Cour suprême. Pour rappel, en application des dispositions de l'article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d'Alger avait transmis le 19 juin dernier, au procureur général près la Cour suprême, le dossier d'enquête préliminaire instruite par la section de recherche du groupement d’Alger de la Gendarmerie nationale, pour des faits à caractère pénal, à l'encontre de Mahieddine Tahkout et d'autres mis en cause, dans le volet relatif aux cadres et hauts fonctionnaires.
Outre Abdelkader Benmessaoud, plusieurs autres personnes sont poursuivies dans cette affaire, à savoir, Ahmed Ouyahia, en sa qualité d'ex-Premier ministre, Abdelghani Zaalane, en sa qualité d'ex-ministre des Travaux publics et des Transports, Youcef Yousfi, en sa qualité d'ex-ministre de l'Industrie et des Mines, Abdelkader Zoukh, en sa qualité d'ex-wali d'Alger, Sif El Islam Louh, en sa qualité de wali de Saida en exercice, Djeloul Boukarabila, en sa qualité d'ex-wali de Saïda, Abdellah Benmansour, en sa qualité d'ex-wali d'El Bayadh, Mohamed Djamel Khenfar, en sa qualité de wali d'El Bayadh en exercice et Fouzi Benhocine, en sa qualité d'ex-wali de Chlef et Skikda.  L’ancien ministre et ex-sénateur Amar Ghoul figure aussi sur la liste des accusés. Il fait l’objet, en effet, de poursuites judiciaires engagées par la Cour suprême depuis le renoncement volontaire à son immunité parlementaire, non seulement dans le cadre de l’affaire Tahkout, mais aussi dans celle d’Ali Haddad incarcéré à la prison d’El-Harrach. Dans cette même affaire, rappelant que l’instruction menée au niveau du tribunal de Sidi M’hamed s’est traduite par la mise en détention préventive de 19 personnes, alors que 7 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
À relever, par ailleurs, que dans le traitement des dossiers de corruption, la justice a fait preuve d’une fermeté exemplaire. Aucun des ex-hauts responsables impliqué n’a en effet épargné ; un traitement rigoureux certes mais respectant les principes d’équité à l’égard de l’ensemble des mis en cause.

Récupération des avoirs  criminels : l’autre défi

L’autre défi pour la justice qu’il y a lieu de consacrer dans le cadre de l’opération «Mains propres» a trait à la mise en place de mécanismes susceptibles d’assurer la récupération de l’argent et des richesses ayant fait l’objet de prédation.
A ce titre, rappelons l’allocution prononcée par le ministre de la Justice garde des Sceaux M. Slimane Brahmi lors de la cérémonie d’installation en mai dernier du M. Belkacem Zegmati dans ses fonctions de procureur général près la Cour d’Alger. Il avait en effet réitéré, à cette occasion, le principe de l’indépendance de la justice qui a pour mission de veiller à la stricte application de la loi. «Pour réussir cette noble mission, il est nécessaire pour la famille des magistrats de faire valoir, conformément aux dispositions constitutionnelles et légales, les principes de légitimité juridique, d’intégrité, de neutralité et d’équité.
Notre justice, qui a franchi plusieurs étapes importantes dans la protection des libertés individuelles et collectives, ainsi qu’en matière de lutte contre la criminalité sous toutes ses formes, aspire à aller vers d’autres prouesses et consacrer d’autres objectifs dans le cadre de la mise en œuvre de la politique pénale tracée, notamment dans la lutte contre la corruption et la récupération des ressources dilapidées.
Il avait aussi insisté sur le fait que les avoirs de la corruption constituent «la pierre angulaire de la lutte contre les crimes de corruption en portant un coup de grâce aux coupables, c’est-à-dire à leur patrimoine».
«La lutte contre la corruption et les corrupteurs ne peut être effective que dans le cas où elle sera couronnée par la restitution de l’argent détourné, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays» a fait savoir également le même responsable lors d’une journée d’étude sur la lutte contre la répression et la protection de l’économie nationale, organisée récemment par l’Office central de répression de corruption.
    Karim Aoudia
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions