dimanche 18 aot 2019 12:37:32

L’expert international Abderrahmane Mebtoul : « Éviter le retour au FMI en 2022 »

«Bien que la dette extérieure soit d’environ 1% du PIB, la baisse drastique des réserves de change, 72,6 milliards de dollars en avril 2019, suscite à juste titre, des scénarios pessimistes sur l’avenir de l’Algérie qui risque la cessation de paiement, le dernier trimestre 2022», a indiqué, hier, l’expert international Abderrahmane Mebtoul.

PUBLIE LE : 16-07-2019 | 23:00
D.R


«Bien que la dette extérieure soit d’environ 1% du PIB, la baisse drastique des réserves de change, 72,6 milliards de dollars en avril 2019, suscite à juste titre, des scénarios pessimistes sur l’avenir de l’Algérie qui risque la cessation de paiement, le dernier trimestre 2022», a indiqué, hier, l’expert international Abderrahmane Mebtoul. Dans une contribution dont une copie nous a été transmise, il a souligné que «la situation pourrait s’aggraver plus rapidement sans résolution de la crise politique qui paralyse toute l’économie.  Il dira dans ce sens que «en cas de baisse drastique des réserves de change à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, la banque d’Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200 et 220 dinars un euro avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctuera en fonction du taux d’inflation entre 300 et 400 dinars un euro, ce qui accélérera le processus inflationniste». Il a ajouté que «la croissance devrait ralentir très fortement dès 2020 en provoquant une augmentation du taux de chômage. Elle se traduira aussi par la persistance des déficits budgétaires et surtout des déficits externes qui vont éliminer progressivement toutes les marges de manœuvre dont dispose l’Algérie». S’agissant de recours à la planche à billets pour financer le déficit budgétaire il a fait savoir que celle-ci aura un impact négatif à terme tout en favorisant, contrairement à certains discours, la baisse des réserves de change puisque en mettant à la disposition de certaines entreprises des dinars (70% des matières premières et des équipements des entreprises publiques et privées étant importées, le taux d’intégration ne dépassant pas 15/20%). Ces dernières se porteront impératrices. Et de poursuivre : «Certes, la poussée inflationniste n’est pas encore perceptible entre 2018 et juillet 2019 et la croissance tirée essentiellement par la dépense publique a été d’environ 3% en 2018, contre 1,6% en 2017», mais a-t-il ajouté «pour le FMI ce ne sont que des mesures conjoncturelles sans vision stratégique, le financement non conventionnel représentant 23% du PIB. Cependant ce mode de financement aura aussi atteint ses limites à partir de 2020 avec des taux d’inflation élevés». Selon lui, l’Algérie étant confrontée à des défis importants liés à la baisse des prix du pétrole, les choix économiques risquent de compliquer la gestion macroéconomique, nuire à la croissance et aggraver à terme les risques d’une stabilité politique et financière.
M. A. Z.

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