dimanche 18 aot 2019 05:57:14

Les grands partis en « perte de vitesse » : Vers une recomposition de l’espace politique ?

Il est désormais devenu de notoriété publique, et selon bon nombre d’observateurs et d’analystes, que la dynamique politique issue du Hirak populaire a pris le pas sur les initiatives des acteurs politiques, et a, en quelque sorte, rétréci la marge de manœuvre de toutes les formations politiques.

PUBLIE LE : 15-07-2019 | 23:00
D.R

Il est désormais devenu de notoriété publique, et selon bon nombre d’observateurs  et d’analystes, que la dynamique politique issue du Hirak populaire a pris le pas sur les initiatives des acteurs politiques, et a, en quelque sorte, rétréci la marge de manœuvre de toutes les formations politiques.

Jadis considérées comme de grosses pointures sur l’échiquier politique national, certaines formations, voient leur influence politique se réduire comme une peau de chagrin, en raison de luttes internes, d’affaires liées à des poursuites judiciaires et à «des réaménagements au sommet de l’Etat». Si l’on parle de «recomposition de la cartographie politique», on ne peut ignorer «la perte» du Front de libération national (FLN) d’institutions qui jadis, étaient considérées comme des «bastions de son influence politique», commente un analyste.
La désignation du Slimane Chenine, du mouvement El-Binaa , à la tête de l’APN, en remplacement du très contesté Mouad Bouchareb, a soulevé plusieurs interrogations quant à la place du FLN, qui a «de tout temps assuré une omniprésence au sein de toutes les institutions de l’Etat», observe le même analyste, enseignant universitaire de son état. Soulignons que ce parti a beaucoup perdu de sa superbe après avoir été rejeté par l’opinion publique, qui lui a grandement reproché son soutien au cinquième mandat du président sortant. «Le FLN a fait un mauvais calcul en proposant son président d’honneur aux élections, malgré la dégradation de son état de santé. La grande campagne de propagande menée par ce parti, s’est révélée contre-productive et a même causé sa débâcle, alors qu’il était incontournable depuis plus d’un demi siècle »a affirmé un politologue connu sur la place d’Alger.
L’ampleur du mouvement populaire n’a rien fait pour arranger les choses et «a cloisonné le FLN, ses représentants, et ses élus » a-t-il également estimé. Obligé, devant «le fait accompli» de faire profil bas au mouvement populaire, l’ancien SG du FLN n’a pu convaincre les Algériens, ni même les dirigeants de son parti, puisque quelques semaines après, le  groupe parlementaire du parti l’a appelé, à se retirer «de son gré» de la présidence de l’Assemblée, «en réponse à la revendication populaire et en application des orientations de la direction politique du parti» a-t-il été stipulé dans un communiqué laconique. A l’exception de la période de 1997-2002, « le FLN a toujours assuré la gestion des affaires de la chambre basse», analyse un politologue, soulignons que cette option était imposée par tous les pouvoirs, « pour assurer ainsi l’aboutissement et l’adoption des projets, et textes de lois des gouvernements successifs».
L’autre «perte» enregistrée dans les rangs du vieux parti, parti est l’altération de son influence sur le Palais de la rue du Docteur Saâdane. «Le gouvernement d’avant le Hirak était composé de pas moins de quatorze ministres issus du FLN», rappelle un observateur.

Le RND, tout aussi dans la tourmente

En raison de «ses pertes», le FLN se retrouve à la croisée des chemins, avance un professeur des sciences politiques, non sans mentionner le fait que le Rassemblement national démocratique (RND),  est une autre grosse pointure  éclaboussée par de nombreux scandales, et notamment l’emprisonnement d’Ahmed Ouyahia suite à son implication dans plusieurs affaires de corruption.
Les dirigeants du  RND qui essayent donc de tourner la page Ouyahia, n’arrivent toutefois pas à se mettre d’accord sur son remplaçant. Le RND, a annulé, la semaine dernière,  son conseil national prévu, en raison des désaccords internes. Pour les observateurs «cette décision cache mal la guerre intestine» qui mine le parti depuis l’arrestation de son secrétaire général. Les répercussions du déclenchement du mouvement populaire, sont donc bien «observables» sur la scène politique algérienne. «Nous allons assister à une réelle recomposition de la carte politique au sein des partis, et bien au delà sur toute la scène politique, où l’accès au poste de direction ne se fera plus via des mécanismes de cooptation, d’allégeance, ayant longtemps caractérisés le jeu politique en Algérie» estime un chercheur. «Il y a lieu de ne pas perdre de vue que la vie partisane légale, en vue de la compétition pour le pouvoir a commencé, il y a à peine 30 ans», a-t-il relativisé. En somme, les spécialistes en sociologie politique, avancent que dans un régime politique dit «démocratique» l’indentification à un parti politique est un signe de conscience, et cela explique, selon les spécialistes, la nature du comportement politique et électoral, et la confiance dans les institutions politiques. « Cela peut signifier aussi, d’un autre point de vue, que le bon fonctionnement des institutions politiques et partisanes repose sur le support des citoyens   et la protection de la démocratie comme seule alternative de gouvernance, car en l’absence de la représentation politique et de la participation citoyenne dans le processus de prise de décision, on ne peut plus parler de démocratie» a estimé le sociologue Salim Kafi, qui a souligné que « c’est pour cela que les partis politiques sont des composantes essentielles ». Mais peut-on parler d’un début «d’ancrage de la pratique démocratique en Algérie  ou d’une reconfiguration de l’espace politique ? Toute la question est là, mais préconisons que les prochains mois nous le dirons certainement !                                                        
Tahar Kaïdi
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions