jeudi 17 octobre 2019 11:51:45

Lutte contre la corruption : Des dossiers lourds

Argent et bijoux saisis à Moretti : Abdelghani Hamel et deux anciens ministres accusés

PUBLIE LE : 15-07-2019 | 23:00
D.R

 Poursuivi pour  octroi d’indus privilèges abus de fonction, conflit d’intérêts et dilapidation de deniers publics, l’ex-ministre Abdelkader Zaâlane est mis sous contrôle judiciaire suite à son audition à la Cour suprême. 
Pas de répit ni de congé pour les magistrats, notamment ceux de la Cour suprême, chargés des dossiers d’instruction judiciaire relatifs aux affaires de corruption impliquant d’ex-hauts responsables. Les auditions des prévenus ayant occupé, dans un passé récent, de hautes fonctions au sein des institutions de l’Etat se poursuivent à la Cour suprême.
A ce titre, dans le cadre de l’affaire Tahkout Mahieddine, et après la comparution de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et de l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, placés en détention préventive, c’est l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelkader Zaâlane, qui a été entendu hier par le magistrat instructeur. Un dossier lourd, faut-il le rappeler, à propos duquel les conclusions de l’enquête préliminaire menées par la section de recherche du groupement d’Alger de la gendarmerie nationale ont permis de lever le voile sur une série de dépassements graves qui constituent en vertu de la loi des faits à caractère pénal. Dans le cadre de cette même affaire et outre Ouyahia, Yousfi et Zaâlane, placé quant à lui sous contrôle judiciaire au terme de son audition d’hier, l’ancien ministre et ex-sénateur Amar Ghoul figure aussi sur la liste des accusés.
 Il fait l’objet, en effet, de poursuites judiciaires engagées par la Cour suprême depuis le renoncement volontaire à son immunité parlementaire, non seulement dans le cadre de l’affaire Tahkout, mais aussi dans celle d’Ali Haddad incarcéré à la prison d’El-Harrach. D’anciens et actuels walis sont aussi incriminés dans le cadre de la même affaire Mahieddine Tahkout, dont  l’instruction menée au niveau du tribunal de Sidi M’hamed s’est traduite par la mise en détention préventive de 19 personnes, alors que 7 autres ont été placées sous contrôle judiciaire. 

Un ancien SG du ministère de la Solidarité devant le juge d’instruction 

Autre audition hier à la Cour suprême, celle de l’ancien secrétaire général du ministère de la Solidarité, Bouchenak Khelladi Abdellah, qui a été entendu par le magistrat instructeur près cette haute institution judiciaire. Selon certaines sources, il lui est reproché des faits à caractère pénal remontant à la période de l’exercice de ses fonctions au ministère de la Solidarité dirigé à l’époque par Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat.
Ces deux anciens ministres ont été placés récemment en détention provisoire pour dilapidation de deniers publics, infraction au code des marchés publics et octroi d’indus privilèges et abus de fonction. Ils sont notamment poursuivis dans une grosse affaire de corruption dont le montant détourné serait de 6.200 milliards de centimes. Cette somme faramineuse a été initialement attribuée pour la prise en charge des nécessiteux parmi les enfants scolarisés, les personnes malades et les étudiants.
Profitant sans doute d’un contexte d’impunité désormais révolu, mais aussi et surtout de leur statut de ministre, les deux ex-hauts responsables auraient tout bonnement décidé de détourner cet argent de sa vocation initiale.

Argent et bijoux saisis à Moretti :  Abdelghani Hamel et deux anciens ministres accusés 

L’ancien Directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, a été placé en détention provisoire, tandis que le dossier de deux anciens ministres a été transmis au procureur général près la cour de Tipasa dans une affaire de saisie de grandes sommes d’argent d’origine suspecte, à l’intérieur d’un logement de Moretti de la commune de Staouéli, a indiqué dimanche dernier un communiqué du procureur de la République près le tribunal de Cheraga. «En application des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale modifié et complété, le parquet de la République près le tribunal de Cheraga informe l’opinion publique que suite à des informations parvenues à la police judiciaire sur l’existence d’une somme d’argent de source suspecte à l’intérieur d’un logement sis à Moretti, Staouéli (Alger), une   demande de mandat de perquisition du logement en question a été formulée», lit-on dans le communiqué. Suite à quoi, «un montant de 113.439.200 DA, une somme de 270.000 euros, une autre somme de 30.000 USD ainsi que près de 17 kg de bijoux», ont été saisis à l’intérieur du logement en question. 
Les investigations préliminaires entamées sous la supervision du parquet de la République ont permis d’identifier des personnes ayant commis des faits punis par la loi, a ajouté la même source, précisant qu’il s’agit de «l’exploitation par certaines parties de l’influence des cadres de l’Etat en vue d’obtenir d’indus sommes d’argent en contrepartie de services rendus par ces fonctionnaires et cadres qui émettaient des décisions profitant à ces parties».  
Karim Aoudia

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