dimanche 08 dcembre 2019 20:49:48

Marches populaires : mise en œuvre de réformes profondes

Des centaines de citoyens sont sortis dans plusieurs wilayas, pour renouveler leurs revendications d'un « changement radical ».

PUBLIE LE : 13-07-2019 | 0:00
D.R

Des centaines de citoyens sont sortis dans plusieurs wilayas, pour renouveler leurs revendications d'un « changement radical ». 

A Constantine, Mila et Oum El Bouaghi, les marcheurs ont appelé à appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution. A Skikda, les manifestants ont scandé «Oui à des élections chapeautées par une instance indépendante et intègre», tout en applaudissant les actions de la justice visant la lutte contre la corruption et la dilapidation des deniers publics. A El Tarf, les citoyens manifestaient leur attachement à leur pays en scandant, haut et fort, «l'Algérie est au-dessus de tout autre intérêt». A Tébessa et Khenchela, les manifestants ont scandé «Djazaïr Horra, démocratiya». A Batna, les marcheurs ont scandé «Djeich-Chaab Khawa-Khawa» et appelé à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. Dans les wilayas de Bouira et Boumerdès, les manifestants ont déployé l’emblème national et porté des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire «ni Occident, ni Orient, l’Afrique est aux Africains», et «Pour une Algérie libre et démocratique». 
 
Appels à la poursuite de la lutte  contre la corruption 
 
Les mêmes revendications ont été portées par les participants aux marches qui ont eu lieu à Blida, Tipasa, Chlef et Ain Defla, où il a été constaté un recul du nombre des marcheurs. A Médéa où la mobilisation est maintenue ainsi qu’à Boumerdès, les manifestants ont appelé au respect de la souveraineté populaire et à la préservation de l’unité nationale. Dans l'Ouest du pays, les citoyens ont réinvesti la rue pour revendiquer notamment «le changement du système», et «la poursuite de la lutte contre la corruption». 
A Mostaganem, les marcheurs ont exprimé notamment leur attachement aux revendications du Hirak dont celle de rendre le pouvoir au peuple. A Sidi Bel-Abbès, les citoyens ont fait retentir, entre autres slogans, «Arabes et Kabyles sont des frères» et «Fondation d’une deuxième République». 
A Tiaret, la célébration de la victoire des Fennecs en coupe d’Afrique en Afrique a dominé la marche où l’appel au retrait de tous les symboles de l’ancien système a été le maître mot. 
La même ambiance et les mêmes slogans ont marqué les marches à Saida, Relizane, Ain Temouchent, Tissemsilt, Tlemcen, Mascara, El Bayadh et Naama. Dans les wilayas du Sud, et en raison de la canicule qui affecte la région, les citoyens ont attendu la fin de l’après-midi, après la prière de l’Asr, pour sortir manifester, à travers des marches et des rassemblements, afin d’appeler au changement politique.
 
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Alger
Soutien au dialogue 
 
Les citoyens ont investi les rues d'Alger pour le 21e vendredi consécutif à l'occasion des marches populaires pacifiques en réitérant les mêmes slogans et mots d'ordre, notamment leur «attachement au changement radical» et au «départ de tous les symboles de l'ancien système».
 Visiblement moins nombreux que vendredi dernier qui avait coïncidé avec la célébration du 57e anniversaire de l'indépendance et de la jeunesse, les citoyens ont quand même maintenu la mobilisation et ont investi les principales rues de la capitale malgré un soleil de plomb et une chaleur suffocante. 
Ces marches sont intervenues également dans le prolongement de la nuit blanche qu'avait connue Alger la veille, à l'instar des autres wilayas du pays, à la faveur de la qualification de l'équipe nationale de football à la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) qui se déroule en Egypte (21 juin-19 juillet 2019). Voulant également parer à d'éventuelles confrontations avec les forces de l'ordre, déployées à travers les rues d'Alger, les citoyens ont évité de brandir l'emblème amazigh. Ils étaient unanimes à lever haut et fort le drapeau national qui était omniprésent à l'occasion de ces marches, toujours marquées par leur caractère pacifique. En ce sens, la mobilisation des manifestants est restée intacte, les premiers groupes ayant commencé à affluer vers la Grande Poste et la place Maurice-Audin dès la matinée, avant d'être rejoints par d'autres en début d'après-midi, juste après la prière hebdomadaire du vendredi. 
Les manifestants ont par la suite sillonné les différentes artères de la capitale dans un climat serein, marqué par une grande solidarité dans la mesure où des bouteilles d'eau ont été offertes aux marcheurs pour se désaltérer et se rafraîchir. 
Aux slogans habituels réclamant un «changement radical» et «le départ de l'actuel Premier ministre, Noureddine Bedoui et son gouvernement», les manifestants ont réitéré les revendications exprimées depuis le début du mouvement citoyen le 22 février dernier, à savoir «la consécration de la justice et de la démocratie», ainsi que «la lutte contre la corruption» et «le jugement de tous ceux qui ont été impliqués dans la dilapidation des deniers publics». 
Les citoyens ont également apporté leur «appui» à un «dialogue national sans aucune exclusion», refusant en même temps que «les prochaines élections présidentielles soient organisées et encadrées par des figures représentant l'ancien système». 
Des manifestants ont brandi des pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «La souveraineté appartient au peuple», «Les Algériens khawa-khawa» (Les Algériens sont frères), alors que d'autres ont appelé à bannir toute forme de régionalisme ou de racisme. 
 
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Oran 
Une Algérie libre et démocratique 
 
Le slogan «Djazair Horra démocratiaya» a retenti hier et avec force dans les principales artères de la ville d’Oran traversées par la marche du vendredi qui signe son 21e acte. Les manifestants qui étaient plus nombreux que le vendredi d’avant, ont scandé principalement des mots d’ordre qui revendiquent les valeurs de la démocratie, de la justice sociale et le pouvoir aux mains du peuple à travers notamment l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. D’autres revendications exprimées lors des premières semaines ont été fortement reprises, hier, parmi lesquelles «El Chaab yourid Yetnahaw ga3» et «Système dégage», «Ndirouha Djemhouria». Les manifestants ont, aussi, appelé au respect des libertés d’expression et d’opinion et à la construction d’un Etat de droit. Les appels à l’unité nationale pour atteindre les objectifs du hirak étaient aussi au rendez-vous de la manifestation d’hier. «Les Algériens khawa-khawa ne ndirouha Djemhouria» ont scandé les manifestants. Même messages véhiculés par des pancartes et banderoles déployées pendant la marche, appelant à la solidarité nationale et l’union des forces démocratiques dans les quatre coins du pays pour réussir le mouvement de 22 février et la transition démocratique. 
A ce propos, la revendication liée à l’instauration d’une période de transition est toujours présente lors des dernières manifestations. Et comme chaque vendredi, de nombreux slogans hostiles à certains responsables considérés par les manifestants comme une continuité du système ont été scandés. 
En gros, les Oranais sont descendus en masse pour exprimer leur attachement aux revendications principales du mouvement du 22 février à savoir ; un départ pur et simple du système et de tous ses symboles et ne veulent surtout pas d’un retour en arrière. Comme chaque vendredi, la manifestation a démarré après un bref rassemblement à la place 1er-Novembre (le point de départ habituel de la marche) avant d’emprunter son itinéraire classique qui passe le boulevard Emir Abdelkader et la rue Larbi Ben M’hidi, le rond-point de la wilaya et le retour par le Front de mer.
A. S.
 
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Annaba
Appliquer la Constitution
 
Des centaines de citoyens sont sortis hier à Annaba pour le 21e vendredi consécutif depuis le 22 février écoulé pour réitérer leurs revendications habituelles contre le régime en place et ses symboles. 
Dès la fin de la prière de Vendredi et malgré une chaleur suffocante, une foule compacte, composée de femmes, hommes, jeunes et moins jeunes des deux sexes, s’est rassemblée comme à l’accoutumée devant le théâtre régional Azzedine-Medjoubi en face du cours de la Révolution, s’est constituée par la suite en carrés pour battre le pavé. Les manifestants scandaient des slogans hostiles au régime et appelant à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. Ils ont également critiqué la presse et entonné des chants patriotiques, glorifiant le pays et l’équipe nationale de football pour ses belles prestations en coupe d’Afrique des nations en Egypte. 
«Nous sommes déterminés à poursuivre notre mouvement jusqu’à la satisfaction de nos revendications», insistent-ils, se donnant rendez-vous pour vendredi prochain avant de se disperser dans le calme sous le regard des policiers déployés tout au long du cours de la Révolution.
B. G.
 
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Tizi Ouzou
Non à la division, oui à l’union 
 
Une imposante marche a eu lieu à Tizi-Ouzou. Elle a été marquée par le déploiement de drapeaux géants, de banderoles et de pancartes sur lesquels étaient transcrits les principaux mots d’ordres pour réclamer le changement du système et une transition démocratique.
Les manifestants ont scandé des slogans hostiles aux tenants du pouvoir en place et en faveur de l’indépendance de la justice et de l’établissement d’un véritable Etat consacrant le respect les libertés individuelles et collectives, les droits de l’homme et une véritable démocratie. «Les Algériens Khawa-khawa…», «Non à la division, oui à l’union», tels étaient entre autres les slogans scandés par les milliers de manifestants et manifestantes venues des quatre coins de la wilaya pour réitérer leur détermination à poursuivre la mobilisation pour la construction d’une nouvelle Algérie basée sur le respect des droits et des libertés.
Comme durant les précédentes marches, des citoyens se sont mis à arroser les processions d’eau de robinets et d’eau fraîche à partir des balcons et fenêtres des immeubles sis sur l’itinéraire de ces marcheurs.
 La marche s’est ébranlée comme de coutume à 13h30 à partir du portail principal du campus universitaire Hasnaoua pour sillonner les principales artères de la ville des Genêts. Tout au long de cet itinéraire, les manifestants ont crié haut et fort, en dépit de la chaleur caniculaire qui sévissait, leur soif de justice, de démocratie et de changement pour le meilleur. Après près de trois heures de marches, les manifestations fortement exténués par les fortes chaleurs se sont dispersés dans le calme à hauteur du monument des Martyrs de la wilaya sis à l’entrée ouest du chef-lieu de commune de Tizi-Ouzou.
Bel. Adrar
 
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BéJAïA
Satisfaction  de l’action  de l’appareil judiciaire
 
Les marches se succèdent par la mobilisation populaire pacifique qui exige le changement radical et urgent pour l’instauration d’une république démocratique avec des institutions légitimes et indépendantes. Des milliers de manifestants qui ont investi les artères de la ville de Bejaia scandant «le peuple source de pouvoir». Les manifestants ont marché de la maison de la Culture jusqu’au siège de la wilaya avant de grimper vers la haute ville, en brandissant des banderoles et pancartes demandant le changement du système et la restitution de la parole au peuple. Les manifestants, auxquels se joignent des étudiants et des avocats, insistent sur la nécessité d’une solution rapide par la mise en place d’institutions élues démocratiquement pour l’instauration d’une République forte répondant aux revendications populaires. 
Accueillant favorablement les mesures engagées par la justice par les sanctions infligées aux responsables qui ont dilapidé ces dernières années les deniers publics, les manifestants exigent la récupération de l’argent volé et la confiscation des biens. 
Durant tout le trajet, la mobilisation s’est nettement agrandie par les nombreux manifestants qui affluaient des communes de la wilaya. Des camions transportant et distribuant gratuitement de l’eau minérale ont été installés sur le parcours de la marche pour permettre aux manifestants de se déshydrater. 
Les manifestants se sont dispersés dans le calme.
M. Laouer
 
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Sétif 
Un signe fort d’unité
 
14h15. C’est une chaleur torride qui pèse sur la cité d’Aïn El-Fouara, où une affluence plutôt faible est venue investir l’espace consacré au Hirak, depuis son tout début, sous l’œil avisé de l’excellent service d’ordre qui est constamment assuré par les forces de police.
 
Les quelques centaines de manifestants prennent place sur une voie pour laisser place à une circulation fluide sur la seconde, autant pour les bus que pour les véhicules légers. Ils affrontent cette canicule dans le calme. L’emblème national brandi, ils continuent à faire état des mêmes revendications qui vont dans le sens du changement radical et de la mise en œuvre de réformes profondes.
     Dans ce climat pacifique qui continue à marquer ce mouvement l’unanimité est visiblement faite pour la consolidation de l’unité nationale et que rien ne semble enfreindre ni remettre en cause et encore moins pousser à un éventuel dérapage au lendemain de cette nuit blanche qu’aura vécue Sétif pour fêter la qualification héroïque de l’Algérie qui gagne, défier les plus grands favoris et se frayer un passage parmi trois mondialistes de l’Afrique.
     Un sujet qui ne manquait pas de trouver place au cœur de mouvements parmi de nombreux adeptes des Fennecs, visiblement fiers de cet événement historique que l’Algérie, forte et unie, venait de réaliser au terme de 120’ d’efforts glorieux et sensations fortes. «La victoire de notre équipe nationale et sa qualification pour les demies finales de la coupe d’Afrique des nations est un de ces signes forts de l’Algérie que nous aimons. Le défi qui a été relevé se veut être aussi un signe fort de notre unité et nos aspirations à aller sans cesse de l’avant dans le cadre de l’Algérie Nouvelle que nous voulons construire», lâchera Miloud, habillé aux couleurs nationales de ce hirak et portant au bout d’un long support l’emblème national.
     Un 21e vendredi à l’issue duquel ces jeunes et moins jeunes qui rejoindront le mouvement ne manqueront pas de rendre hommage à toutes ces composantes de l’Armée nationale populaire, notamment ces jeunes qui s’attellent sous cette canicule, de nuit et de jour, à préserver les frontières de notre pays et partant, s’ériger en gardiens de notre souveraineté nationale. Autant de gestes de reconnaissance qui sont également manifestés par ces adeptes du «hirak» à l’endroit de la justice pour les efforts d’assainissement qui sont menés sur le terrain et tous les Algériens jaloux de leur patrie. 
F. Zoghbi 
 
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SIDI BEL-ABBèS
Les engagements du chef de l’état, valorisés
 
La même détermination était  affichée au gré de cette nouvelle édition qui fut davantage massive en dépit de la forte chaleur qui sévit ces derniers jours au niveau de la cité de la Mekkera. Au point de rencontre habituel, c'est-à-dire la place du 1er-Novembre, le rendez-vous fut donné pour le rassemblement avant d’emprunter l’itinéraire en sillonnant les principales artères de la ville et scander des slogans divers en signe de soutien aux revendications formulées un peu partout à travers le pays. 
 «Pour un Etat de droit, pour une représentativité authentique du peuple, pour le départ de tous les symboles de l’ancien système et autres», étaient les principaux slogans.
Le décor mis en place reste identique pour relever une fidélité à une ligne de conduite désormais observée par les manifestants. 
«On poursuivra notre combat jusqu’à la satisfaction totale de nos revendications», disent les manifestants. «Il n’est pas question de s’arrêter à mi-chemin, soulignent les uns et les autres pour situer un sentiment de persévérance animant les manifestants. Il faut dire également que le caractère pacifique et citoyen de cette marche exclut les interférences observées çà et là pour rejeter toute forme de tutelle ou de représentativité revendiquée notamment par la classe politique. 
«C’est un soulèvement populaire qui est en marche, excluant toute forme d’ingérence des acteurs politiques en quête aujourd’hui d’un repositionnement. On s’inscrit en porte-à-faux avec leurs démarches et leurs options, s’exclame un des organisateurs qui toutefois rappelle les aspects positifs du dernier discours du chef de l’Etat et insiste sur l’action nationaliste de l’ANP.
Point donc d’amalgame pour cette marche qui se veut au service de la promotion citoyenne et du développement de la collectivité ouvrant une ère nouvelle, celle de l’avènement de la deuxième République dont les fondements reposent sur la liberté d’expression et la transparence dans la gestion de la chose publique, sur les valeurs d’union et de solidarité de la nation dans toute sa diversité.
A. B.
 
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Constantine
Dans le calme
 
Le vingt-et-unième vendredi de contestation populaire s’est déroulé, dans la capitale de l’Est, dans le calme total. Des centaines de Constantinois ont de nouveau battu le pavé pour appeler au départ des figures du régime, en premier lieu le Premier ministre Noureddine Bedoui, ainsi que la mise en place d’un cadre adéquat pour un dialogue « sérieux » pouvant déboucher sur une mue profonde du système, avec comme préalable des mesures qui vont dans le sens de l’apaisement.
Dès la fin de la prière, les premiers «hirakistes» se sont rassemblés place de la Pyramide, avant d’entonner l’hymne national et d’arpenter l’avenue Abane-Ramdane, et ce malgré la chaleur caniculaire qui régnait hier. De leur côté, d’autres manifestants ont débouché de la vieille ville, avec des slogans axés sur l’unité et le caractère pacifique du mouvement. 
Le point de rencontre a été, comme de coutume, la place des Martyrs, située à côté du centre culturel Mohamed-Laïd-Al-Khalifa, où les contestataires ont marqué une halte avant de remonter le boulevard Belouizdad (ex-Saint-Jean) vers la place de la Pyramide.
I. B.
 
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BéCHAR
La confiance recouvrée
Poursuivant leurs sorties malgré la grande vague de chaleur qui sévit actuellement dans la région, c’est sous une double euphorie que les citoyens de Béchar, toutes franges confondues, ont manifesté pour exprimer une certaine confiance recouvrée depuis le début de leurs revendications, en raison, selon beaucoup de participants, à cette marche pacifique, des circonstances que traverse actuellement le pays, notamment quant aux différentes affaires traitées par la justice et qui permettront en fait de consolider la confiance vis-à-vis du pouvoir judiciaire.
Quant à la seconde grande fête, elle résulte bien entendu de la qualification de notre équipe nationale à la demi-finales de la coupe africaine des nations. Réunis comme à l’accoutumée à la place de la République et dans une organisation des plus parfaites, les manifestations ont traversé les principales avenues du centre-ville et poursuivi leur itinéraire habituel, en scandant des slogans qui reflètent leur espoir de vivre dans un pays démocratique. 
Des slogans ont également salué la performance de l’équipe nationale qui, il faut le dire, à permis de redonner espoir au peuple tout en redorant le blason de l’Algérie sur la scène footballistique.
Ramdane Bezza
 
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MASCARA
Une élection transparente 
 
Comme de coutume et après la fin de la grande prière, les citoyens de la wilaya de Mascara sont sortis pour exprimer haut et fort leurs revendications pour un changement radical du système politique et du régime pour la vingt-et-unième fois, et ce depuis le 22 février. Cette fois-ci, la manifestation avait un goût de joie et de fierté nationale, un événement coïncidant avec la qualification de l’EN à la demi-finale de la CAN. La même mobilisation qui ne faiblit pas au fil des semaines de ces marches populaires. Des manifestants unis et plus déterminés que jamais ont marché dans la plupart des grandes artères de la ville. Ils ont exprimé, de façon toujours aussi pacifique, joyeuse et massive leur volonté d’aller vers une véritable démocratie, vers plus de justice. Cette nouvelle journée de mobilisation s’est toutefois distinguée des précédentes par l’ardeur qu’ont mis les habitants de la cité de l’Emir dans tous ses recoins pour  affirmer leur unité, leur cohésion et leur rejet de toute division, haine ou régionalisme. La 21e grande marche du vendredi a drainé des centaines de manifestants à Mascara. Dès la fin de la prière, la place Emir, un espace devenu hautement symbolique pour les manifestants, était noire de monde. La  marche de ce vendredi, il faut le dire, a été riche en couleurs, visuellement comme au sens figuré. Les tendances politiques étaient visibles sur les pancartes brandies. Elles étaient aussi audibles par des slogans, des cris de colère, mais aussi par des chansons comme celles entonnées par un groupe. Dans ce Hirak, des drapeaux, des écharpes, des tee-shirts, des chapeaux, des pins et une multitude d’autres objets étaient déployés. Des marches populaires pacifiques ont lieu à Mascara et à Mohammadia pour revendiquer un changement radical du système et pour appeler à un dialogue mené par des personnalités nationales propres et une concertation pour la sortie de crise et l’élection dans des conditions transparentes du futur président de la République. La mobilisation citoyenne était une nouvelle fois au rendez-vous vendredi. Des dizaines de centaines de personnes ont réinvesti la rue. Malgré la chaleur accablante, les  groupes qui ont convergé vers le centre-ville, dès la fin de la prière du vendredi, ont appelé au départ de tous les symboles du régime. Arborant l'emblème national, les marcheurs : hommes, femmes et enfants, ont battu le pavé exigeant une rupture immédiate et totale avec le système. Des citoyens ont manifesté, dans le calme, à travers les artères de ces deux villes, en réitérant l'essentiel des revendications exprimées depuis le début de la dynamique populaire. Les citoyens ont réclamé la poursuite de tous les responsables impliqués dans des affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics. Ils ont battu le pavé de nouveau pour faire résonner «Silmiya, Silmiya» et «Pour une Algérie nouvelle».
A. Ghomchi
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