mardi 23 juillet 2019 02:46:22

Boukhalfa Yaïci, président du cluster énergie solaire : « Le programme des EnR est loin d’atteindre son objectif »

Il y a absence de continuité entre les différents programmes qui se sont succédé durant toutes ces années

PUBLIE LE : 11-07-2019 | 0:00
D.R

«Le programme national de développement des énergies renouvelables, qui prévoit la production de pas moins de 22.000 mégawatts à l’horizon 2030, est loin d’atteindre ses objectifs», a indiqué, hier, le président du cluster énergie solaire.
Boukhalfa Yaïci, qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale, a fait savoir que ce programme ambitieux, essentiellement orienté sur les besoins du marché national, est loin de réaliser l’objectif escompté par l’Etat, qui préconisait d’atteindre un taux de production de 27% d’électricité à partir de l’énergie renouvelable à l’horizon 2030. «On est loin du compte», a fait remarquer l’invité de la Chaîne 3, précisant que «toutes les trajectoires qui ont été faites ne pourront jamais permettre d’atteindre cet objectif ».
Selon l’expert en énergies renouvelables, «le manque de visibilité de la part des autorités, qui ont voulu atteindre le seuil de 22.000 mégawatts mais sans étapes intermédiaires, en est la principale cause», ajoutant que le «programme n’était pas clair pour les investisseurs et les autres institutions concernées, comme les secteurs financier, industriel, celui de la recherche scientifique et de la formation», notamment. «Nous avons aujourd’hui des opérateurs qui ont investi dans le domaine du solaire photovoltaïque et qui se trouvent actuellement face à la problématique d’absence de marchés», a noté M. Yaïci, avant de préciser que ces entreprises travaillent à un rythme très «lent», avec un pourcentage de production «très faible». Pour le spécialiste, le risque de disparition complète de cette nouvelle filière qui a émergé «est important». Selon ses termes, «les entreprises ont fait confiance et engagé des investissements dans le cadre de l’entrepreneuriat de l’énergie renouvelable. Mais la réalité est telle qu’on ne peut plus taire un état des lieux très en deçà des ambitions projetées», a expliqué l’invité de la rédaction.
Poursuivant ses propos, le président du cluster énergie solaire a souligné le fait que la chaîne de production, que les investisseurs mettent en place aujourd’hui, peut être obsolète au bout de 2, voire 3 ans, vu que «les technologies utilisées dans ce domaine évoluent de manière très rapide».

Il y a absence de continuité entre les différents  programmes qui se sont succédé durant  toutes ces années

Il évoquera, également, le risque de perdre les postes d’emploi qui ont été créés par ces investissements qui sont au nombre d’un millier de postes de travail directs et de 10.000 autres indirects, tout en précisant que le volume des investissements dans ce domaine tourne autour de 40 à 50 millions de dollars. Profitant de son passage, M. Yaïci a rappelé les différents programmes qui ont été mis en place par l’Etat en vue de promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables et ce, depuis 1984, relevant, au passage, «l’absence de continuité entre les différents programmes qui se sont succédé durant toutes ces années». «Chaque fois qu’un programme est terminé, on mettait une dizaine d’années pour lancer le nouveau, et donc, toute l’expertise acquise pendant un programme se perdait rapidement du fait qu’il n’y avait pas de continuité», a souligné M. Yaïci, ajoutant qu’ «en 2011, il y avait une volonté chez les pouvoirs publics d’aller vers la production du volume de 22 gigawatts», notamment avec le lancement par le groupe Sonelgaz d’ une usine intégrée de panneaux solaires photovoltaïques à Rouiba.
«Là nous avons commencé à dire que l’Algérie s’est lancée et de manière très forte pour la production d’énergie à partir des renouvelables», a-t-il indiqué, avant de poursuivre que «hélas, des contraintes ont fait que le programme n’a pas pu, là aussi, atteindre les objectifs escomptés».
L’hôte de la Chaîne 3 a cité, dans ce contexte, l’utilisation des énergies fossiles qui constitue l’un des éléments qui bloquent le déploiement des énergies renouvelables. «Les programmes tracés à l’horizon 2028 prévoient la production d’énergie électrique à base de gaz naturel, ce qui nécessite un budget», a-t-il dit, faisant part de la réticence des pouvoirs publics à mobiliser les moyens nécessaires pour le déploiement des énergies renouvelables». L’expert a, par ailleurs, indiqué que «depuis la création du cluster énergie solaire, cette instance est devenue une force de proposition pour promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables».
«Nous avons régulièrement émis des propositions et nous comptons le faire, notamment dans le cadre de ce que le gouvernement appelle la mise en place d’un commissariat dédié aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique», a souligné M. Yaici, ajoutant que «ces propositions seront examinées prochainement par le gouvernement». L’expert a cité, parmi les propositions déjà formulées concernant la mise en place de ce commissariat, le fait que cette «entité doit être opérationnelle».
    Kamélia Hadjib

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