mardi 23 juillet 2019 02:45:54

Grand Angle : Convaincre

Le président français, Emmanuel Macron, tiendra, aujourd’hui à Paris, un «grand débat» avec quelque 400 personnes issues des «diasporas africaines de France» engagées dans les relations entre France et Afrique, a annoncé la présidence française.

PUBLIE LE : 11-07-2019 | 0:00
D.R

Le président français, Emmanuel Macron, tiendra, aujourd’hui à Paris, un «grand débat» avec quelque 400 personnes issues des «diasporas africaines de France» engagées dans les relations entre France et Afrique, a annoncé la présidence française. Cet «échange interactif» vise, selon l’Élysée, à «présenter un tableau plus complet des échanges et des enjeux avec le continent africain, expliquer pourquoi le Président (Macron, ndlr) consacre autant de temps à la relation avec l'Afrique et où il veut arriver», souligne le communiqué de la présidence française. Tout un programme qui démontre combien l’enjeu pour la France est important, au moment où l’Afrique, courtisée par toutes les puissances économiques mondiales, tente de s’affranchir du tutorat de ses anciens colonisateurs, en choisissant ses partenaires sur la base d’un nouveau deal. En filigrane, il s’agit, pour le président Macron, de prouver ses intentions affichées de vouloir changer la politique africaine de la France. Une voie sur laquelle ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande s’étaient déjà engagés. Du moins dans le discours. À charge donc pour Emmanuel Macron de se montrer plus persuasif, pour convaincre, non seulement son auditoire à Paris, mais aussi et surtout celui qui se trouve au-delà —sur le continent noir — sur la volonté politique française de considérer comme définitivement révolue, l’époque de la Françafrique. Le fait aussi que cet échange avec les membres de la diaspora africaine établie en France se fasse en présence du président du Ghana, Nana Akufo-Addo, n’est pas anodin. En effet, en réponse au discours à Ouagadougou du président Macron, en novembre 2017, où il a affirmé qu’«il n’y a plus de politique africaine de la France», le président ghanéen avait improvisé un discours où il a très clairement dit que «nous n’avons pas besoin d’aide», souhaitant ainsi «un mode de relation qui soit basée sur l’intérêt mutuel, et non pas sur une assistance». Les propos, déclinés comme une nouvelle feuille de route de la relation Afrique - France, ont certainement été médités depuis, et la réponse de l’Élysée lui sera apportée de vive voix, aujourd’hui. La volonté de l’Afrique, qui veut prendre son destin en main et tente petit à petit d’établir une relation d’égal à égal avec la France et ses autres partenaires, ne peut ne pas avoir été clairement perçue par Paris et par les autres capitales. D’autant que le lancement officiel de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), lors du sommet de l'Union africaine (UA) à Niamey, censé booster l'intégration économique africaine, est un avertissement sérieux qui ne peut ne pas être pris au sérieux.
Nadia K.

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