mardi 23 juillet 2019 02:47:32

Limitations de production de pétrole jusqu’en mars 2020 : Quel impact sur l’Algérie ?

Les 14 membres de l’Opep et de leurs 10 partenaires non membres de l'Opep viennent de décider, au terme des rencontres tenues à Vienne, de maintenir le cap des limitations de production de pétrole pour une durée de neuf mois, soit jusqu'en mars 2020.

PUBLIE LE : 10-07-2019 | 0:00
D.R

Les 14 membres de l’Opep et de leurs 10 partenaires non membres de l'Opep viennent de décider, au terme des rencontres tenues à Vienne, de maintenir le cap des limitations de production de pétrole pour une durée de neuf mois, soit jusqu'en mars 2020. A ce sujet, Abderrahmane Mebtoul, économiste, indique que pour l’Algérie, «au rythme de la consommation intérieure, posant la problématique des subventions généralisées, le volume serait l’équivalent des exportations actuelles ne dépassant pas 55 milliards de mètres cubes gazeux et qu’environ 33% des recettes de Sonatrach entre 2018/2019 proviennent du gaz naturel liquéfié GNL et du gaz naturel». Citant le média américain Bloomberg, l’universitaire indique que l’Algérie, pour remonter son déficit budgétaire au titre de l’exercice 2019, «aurait besoin d’un baril de pétrole à 116,40 dollars, contre 95/100 dollars en 2017/2018», soulignant que «la production algérienne est restée relativement stable à environ 1 million de barils par jour». Aux yeux de M. Mebtoul, il y a urgence, pour des raisons de sécurité nationale, de mettre en place un nouveau modèle de consommation énergétique, et surtout  une stratégie de développement hors hydrocarbures. Le tout, dit-il, devra se faire «dans le cadre des valeurs internationales, supposant de profondes réformes structurelles», précisant que le statu quo et l’immobilisme conduisant forcément à l’épuisement des réserves de change à l’horizon 2022. «Cela influe sur le taux de change corrélé aux réserves de change via les recettes d’hydrocarbures à plus de 70%. Au cas où le montant des réserves de change tend vers 10 milliards de dollars, et du fait que c’est une économie essentiellement rentière (98% des recettes en devises avec les dérivés), la Banque d’Algérie serait contrainte de dévaluer le dinar officiel à plus de 200 dinars un euro avec un écart d’environ 50% sur le marché parallèle». Et d’ajouter : «Une longue période de transition que certains proposent —le temps ne se rattrapant jamais en économie— conduira à la régression économique et sociale avec des réserves de change tendant vers zéro et le retour à la tutelle du FMI dans moins de deux ans». Comme conséquence, poursuit l’expert, «nous aurons des incidences géostratégiques, politiques, sécuritaires, sociales et économiques aboutissant à une déstabilisation de l’Algérie».
Par ailleurs, M. Mekidèche vice-président du Conseil national économique et social (CNES) avait indiqué qu’ «on a pu penser que la phase de stabilisation des prix du brut autour de 70 dollars était acquise pour toute l'année 2019. Cela n'est pas le cas», ajoutant que «la reconduction de l'accord de limitation des quotas n'est pas suffisante pour obtenir une remontée des prix du baril autour de 70 dollars, car, a-t-il dit, d'autres incertitudes subsistent».
Concernant la suggestion de l'Agence internationale de l’énergie (AIE) en faveur d'un compromis pour éviter des prix de pétrole trop élevés, pouvant être pénalisants pour les producteurs et consommateurs, l'économiste estimait que «la prudence de l'AIE est fondée», ajoutant que «les expériences de 1986 et de 2014 sont là pour nous le rappeler».
    Fouad Irnatene
 

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