mercredi 18 septembre 2019 10:10:41

Libye et Soudan du Sud : appuyer le processus de paix

Important potentiel pour l’Algérie

PUBLIE LE : 06-07-2019 | 23:00
D.R

Le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a indiqué, vendredi à Niamey, que «l’action militaire ne pourra guère aboutir à la résolution de la crise en Libye», soulignant que «seule une solution politique négociée et acceptée par l’ensemble des protagonistes est à même de rétablir la paix dans ce pays».

«Il est clair que l’action militaire ne pourra guère aboutir à la résolution de la crise. En effet, seule une solution politique négociée et acceptée par l’ensemble des protagonistes est à même de rétablir la paix et de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye», a-t-il indiqué dans son intervention lors de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA).
La réunion du CPS s'est tenue en marge de la 35e session du Conseil exécutif de l'UA. M. Boukadoum conduit la délégation algérienne aux travaux de ce Conseil exécutif, préparatoire à la tenue du 12 Sommet extraordinaire de l'UA, prévu aujourd’hui.
Il a ajouté qu'il appartenait «dès lors aux Libyens d’engager, dans les meilleurs délais, un processus inclusif de réconciliation nationale, comme cadre indispensable, devant mettre un terme à la division et aboutir à l’objectif ultime de l’organisation d’élections transparentes sous l’égide de l’UA et de l’ONU».
M. Boukadoum a soutenu que la tenue de ces élections, dont «les résultats devraient être respectés par toutes les parties prenantes, contribuerait à l’instauration d’un climat de confiance et à la mise en place d’institutions gouvernementales démocratiques pérennes, dont une armée nationale unifiée et seule responsable d’assurer la sécurité du pays».
Il a rappelé que l’Algérie, qui a «toujours encouragé les frères libyens à s’engager sur la voie du dialogue inclusif et de l’entente nationale, est convaincue que les parties libyennes sauront faire montre de sagesse pour dépasser leurs différences et faire prévaloir les intérêts nationaux suprêmes».
Il a également rappelé que l’Algérie avait condamné avec «la plus grande force» l'attaque ayant ciblé un centre d'hébergement de migrants et a appelé à «situer les responsabilités et à identifier les auteurs de ce crime abject». Il a relevé que la situation des migrants africains en Libye est «intrinsèquement liée à la crise majeure que connaît ce pays frère depuis 2011 et souligne la nécessité d’un retour sans délai au processus de dialogue inclusif entre l’ensemble des parties libyennes afin de parvenir à une solution consensuelle de ce conflit qui n’a que trop duré».
M. Boukadoum a observé que la situation sécuritaire en Libye «ne cesse de se dégrader», ajoutant que «l’absence de contrôle des autorités sur tout le territoire et, plus particulièrement, dans les zones frontières du pays, a été mis à profit par les groupes terroristes, notamment Daech, pour s’implanter et se développer dans un environnement marqué par le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains».
Le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que le règlement de cette «crise qui affecte le continent africain nous interpelle», ajoutant que «le conflit libyen reste avant tout un conflit africain, et le rôle de l’UA doit être, à notre sens, plus visible en tant que partenaire privilégié de l’ONU dans le règlement des crises en Afrique, et ce, dans le cadre d’une approche de subsidiarité et de complémentarité». Il revient, a-t-il dit, par conséquent, «à l’UA et à l’ONU de travailler en étroite collaboration afin de mettre en place une feuille de route commune pour une résolution de la crise en Libye, et œuvrer à une «meilleure synergie» entre les efforts et initiatives déployés par les deux Organisations afin de converger vers «le seul objectif que nous devons nous assigner, celui de réunir tous les frères et sœurs libyens dans le cadre d’un processus de dialogue et de réconciliation nationale franc et responsable».
Le ministre des Affaires étrangères a pris part, hier, à la réunion ministérielle du Comité de Haut niveau de l’UA sur le Soudan du Sud, dit C5, regroupant, en plus de l’Algérie, le Rwanda, le Tchad, le Nigeria et présidé par l’Afrique du Sud. Cette réunion a été organisée dans l’objectif de renforcer la mobilisation et le soutien de l'UA à la médiation de l’Autorité intergouvernementale de développement (IGAD) et aux efforts de la région pour accélérer une sortie de crise dans ce pays, sur la base de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (ARRCSS), du 12 septembre 2018. Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères a réitéré l’attachement de l’Algérie, tout comme les autres membres du C5, à la stabilité du Soudan du Sud et a renouvelé son engagement à «poursuivre ses efforts, dans le cadre de ce mécanisme, pour accélérer le processus de retour de la paix et de la stabilité dans ce pays frère».
La réunion du C5 a permis également d’évaluer les avancées enregistrées dans le cadre de la mise en œuvre du processus de paix au Soudan du Sud et de réitérer le soutien du C5 et celui de l’UA, dans son ensemble, aux efforts de l'IGAD visant à accompagner les parties sud-soudanaises sur la voie de la paix et de la réconciliation.

----------------------------

Important potentiel pour l’Algérie

La capitale du Niger, Niamey, accueille aujourd’hui le 12e Sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA) qui sera consacré exclusivement au lancement opérationnel de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAf). Lors du Sommet de Kigali, tenu en mars 2018, les Etats membres de l'UA signataires de l'Accord portant création de la ZLECAf ont donné un signal fort pour la consolidation et le renforcement des échanges commerciaux intra-africains dans l'objectif de la création d'un marché africain unique. La ZLECAf est entrée en vigueur le 30 mai dernier dans l'objectif de constituer un marché unique pour les biens et services au niveau du continent, basé sur la libre circulation des activités et des investissements. Très attendu, cet espace constitue un marché de 1,2 milliard de personnes et créera un marché de 3.000 milliards de dollars, sans aucun droit de douane ni restriction à la frontière, selon les données fournies pas ses concepteurs. Le commerce intra-africain représente actuellement environ 16% du commerce total du continent, soit 2% du commerce mondial, alors que les flux commerciaux intra-européens sont à hauteur de 67%. La ZLECAf est une zone géographique continentale dans laquelle les biens et les services circulent sans restriction entre les Etats membres de l'UA. Elle vise à stimuler le commerce intra-africain en offrant un Accord commercial global et mutuellement bénéfique entre les Etats membres, couvrant le commerce des biens et des services, les investissements, les droits de propriété intellectuelle et la politique en matière de concurrence.
La ZLECAf représente pour l'Algérie un important potentiel, à l'effet de développer et intensifier son commerce avec l'Afrique, avait indiqué récemment un responsable du ministère du Commerce. L'intégration du continent en une zone d'échanges commerciaux unique offre de grandes possibilités aux entreprises et aux consommateurs dans toute l'Afrique, y compris en Algérie, et permet d'assurer un développement durable dans le continent. Par une élimination progressive des droits de douane sur le commerce intra-africain, la zone permettra aux entreprises africaines, y compris algériennes, de négocier plus facilement sur le continent, de répondre aux demandes croissantes du marché et de profiter des avantages offerts par ce dernier. Cependant, pour tirer pleinement profit des avantages de la ZLECAf, il est impératif pour chaque Etat membre d'élaborer une stratégie nationale, avait relevé ce même responsable. Pour ce faire, l'Algérie, a mis en place, avec l'appui du Centre de commerce international de Genève et en étroite concertation avec les associations des opérateurs économiques, une stratégie nationale quinquennale d'exportation pour la période 2019-2023. Cette stratégie vise à diversifier l'économie et les exportations algériennes pour en renforcer la résilience et la durabilité et améliorer le climat des affaires. Pour contribuer au manque d'infrastructures dans les pays africains entravant l'investissement, la production et la concurrence, l'Algérie s'était engagée dans la réalisation de projets régionaux structurants et indispensables pour la facilitation des échanges, notamment entre le Maghreb et l'Afrique sub-saharienne. Il s'agit notamment de la route transsaharienne Alger-Lagos, le gazoduc reliant le Nigeria à l'Algérie, l'autoroute Est-Ouest s'étendant de la frontière tunisienne à la frontière marocaine et l'interconnexion du réseau électrique algérien avec ceux du Maroc et de la Tunisie.

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions