samedi 20 juillet 2019 05:12:35

véhicules « made in bladi » : Indisponibilité dans quelques mois

Au vu de l’implication des principaux constructeurs automobiles algériens dans des scandales de corruption, le citoyen algérien se demande actuellement quel sera l’avenir du marché automobile en Algérie.

PUBLIE LE : 26-06-2019 | 0:00
Au vu de l’implication des principaux constructeurs automobiles algériens dans des scandales de corruption, le citoyen algérien se demande actuellement quel sera l’avenir du marché automobile en Algérie.  
Nombreux sont ceux qui demandent s’ils peuvent acquérir à la fin de l’année en cours, des véhicules neufs assemblés en Algérie ? Quel est également le sort des grandes marques automobiles sur notre marché telles que Hyundai, Kia, Volkswagen, Renault, Peugeot, Seat, Audi et Skoda ?  Autant de question que se posent les clients des marques automobiles activant sur le marché local et des potentiels acquéreurs qui ont déjà effectué des commandes auprès des agents agréés et autres concessionnaires automobiles. 
Une situation délicate que connaît actuellement le secteur de l’industrie automobile. Situation particulière suite au placement sous mandat de dépôt de certains propriétaires d’usines de montage en Algérie par la justice qui enquête sur leur implication dans plusieurs affaires de détournements et de dilapidation de deniers publics. 
 Force est de constater que le problème est compliqué, surtout si l’on se réfère aux dernières mesures imposées par le gouvernement pour freiner un tant soit peu et faire baisser la facture des importations des collections SKD/CKD et autres pièces détachées utilisées essentiellement dans le montage automobile dont le taux d’intégration prévu par le cahier des charges de 2017,  reste bien en deçà de ce qui a été convenu entre les pouvoirs publics et les industriels.
L’autre mesure prise par les autorités est le plafonnement du ministère de l’Industrie et des Mines, de façon rétroactive, des importations de collections SKD destinées à la production et au montage de véhicules de tourisme pour l’année 2019. Le ministère a été catégorique en annonçant qu’il compte plafonner la somme globale des importations à deux milliards de dollars, un chiffre que les usines ne doivent en aucun cas dépasser et respecter leurs quotas, quand bien même ces derniers épuisent leurs quotas au milieu de l’exercice annuel. Une décision unilatérale qui risque de réduire à néant les espoirs de développement des unités d’assemblage, et qui provoquera de facto,  la perte de milliers de postes d’emploi et la fermeture des filières de ce secteur, pilier d’une nouvelle politique économique. Tout le contraire des pays voisins. 
La décision de plafonner les quotas d’importation des kits aura des conséquences sans aucun doute fâcheuses, sur l’ensemble des constructeurs automobiles en Algérie et cela dès les premiers mois de son entrée en vigueur. Une mesure qui aura également pour impact, une augmentation des prix des véhicules, une rareté du produit et une baisse d’activité dans le secteur automobile. Il faut également souligner que cette mesure freinera les investissements dans le domaine de la sous-traitance dans la mesure où plusieurs projets ont été inscrits et que des multinationales ont formulé le vœu d’accompagner les unités d’assemblage en Algérie.
Contacté par téléphone, un responsable interne de la société Gloviz qui assemble la marque sud-coréenne KIA nous affirmera que pour le moment «l’entreprise n’a aucun problème avec la disponibilité et les commandes se font le plus normalement du monde et notre usine de montage de Batna ne s’arrêtera point durant le mois d’août». Il précisera également que pour le moment, «l’usine n’a même pas consommé la moitié de son quota annuel et il en reste énormément pour finir l’année et répondre à la demande en cours», a estimé notre interlocuteur.
Le même responsable indiquera que «l’entreprise sera dans l’obligation de programmer les commandes selon le quota imposé par les pouvoirs publics pour ne pas provoquer le courroux de la clientèle de la marque».      
Contrairement à KIA, le Groupe SOVAC trouvera vraiment des difficultés à finir l’année puisque son quota sera épuisé d’ici deux mois au maximum et que  son usine n’aura point la possibilité d’assembler ses modèles et de répondre par la même occasion à de nouvelles commandes. La question qui se pose également que deviendra les projets inscrits par le Groupe Sovac en matière de fabrication de pièces de sous-traitance qui devait exporter ses produits à partir de 2020. Néanmoins, avec une telle situation les projets de l’industriel sont en stand-by, ce qui pèsera certainement sur sa rentabilité, mais aussi, d’une certaine manière, sur la politique de diversification d’une économie qui peine à trouver ses marques.
Mohamed Mendaci   
 
  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions