lundi 09 dcembre 2019 18:10:24

Résautage d’affaires : EBSOMED, un exemple à suivre ?

«Internationaliser plus de 3.000 entreprises», tel est l’objectif que s’est donné le projet Ebsomed, a révélé sa directrice, Jihane Boutiba, dans une conférence de presse organisée le 18 juin dans la capitale tunisienne, à l’occasion de la deuxième campagne promotionnelle de cette initiative.

PUBLIE LE : 24-06-2019 | 0:00
D.R

«Internationaliser plus de 3.000 entreprises», tel est l’objectif que s’est donné le projet Ebsomed, a révélé sa directrice, Jihane Boutiba, dans une conférence de presse organisée le 18 juin dans la capitale tunisienne, à l’occasion de la deuxième campagne promotionnelle de cette initiative.
Il faut dire que cette dernière, bien que lancée voilà presque une année déjà, demeure peu connue, du moins du grand public. Même si elle s’adresse à une catégorie bien précise des acteurs économiques, comme les confédérations d’employeurs, les réseaux de Chambres de commerce et d’industrie, les agences de développement économique et de promotion des investissements ainsi que les organismes de soutien à l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, elle a besoin d’une meilleure médiatisation, et notamment les bénéficiaires finaux que sont les PME méditerranéennes qui ambitionnent de s’ouvrir à l’international ou en quête de sources de financement.
Financé à hauteur de 80% par l’Union européenne et doté d’un budget de 6, 25 millions d’euros, EBSOMED investit dans ce que l’on appelle le réseautage d’affaires, une méthode transactionnelle qui mixe le réel et le virtuel, basée sur la théorie des réseaux et visant à créer des possibilités d'échanges ou de dons entre des professionnels.
 Parce que  beaucoup d'entrepreneurs considèrent que cette méthode est nettement plus efficace que les efforts dépensés en publicité ou en relations publiques, peu onéreuse et reposant davantage sur un engagement personnel que sur l'argent détenu par une entreprise, l’activité, dont la coordination a été confiée à l’Union méditerranéenne des Confédérations d’Entreprises, Businessmed, actuellement présidée par l’Algérienne Saida Neghza, femme d’affaires et présidente de la Confédération Générale des Entreprises Algériennes, va s’étendre sur quatre années (2018-2022) et concernent plusieurs thématiques et différentes problématiques afin de croître les échanges commerciaux et stimuler les investissements dans le pourtour méditerranéen.  En renforçant les Organisations de Soutien aux Entreprises dans la zone euro-méditerranéenne, un tel projet se donne la mission de mettre sur pied un hub, une sorte de plate-forme numérique qui permet d'interconnecter la communauté d’affaires euro-méditerranéenne. De manière plus concrète, ce système ou ce réseau va non seulement proposer un encadrement technique et des formations en matière de création de start-up ou de gestion d’une entreprise, mais aussi et surtout de faire rencontrer et de mettre en contact les bailleurs de fonds et les investisseurs potentiels avec les porteurs de projets et les jeunes entrepreneurs. Cette information, cette coordination si nécessaire, il fallait la rendre disponible à travers une banque de données accessibles aux acteurs. «Regrouper l’information pour accrocher les investisseurs Nord-Sud ou Sud-Sud et la rendre disponible sur un site Web de référence, tout en s’attaquant à d’autres mécanismes», tel est notre démarche, explique, la directrice du projet. Quant à Marco Cunetto, le coordinateur, l’idée «est de faire connaître et d’offrir l’information», de faire en sorte que «les cadres de support aux entreprises puissent transférer les compétences acquises à leurs réseaux. Et c’est parce qu’on a constaté, en 15 ans, que l’action dirigée vers les entreprises ne marchait pas, l’actuel projet est devenu une nécessité». Pédagogue, il poursuit : «Dans Ebsomed, il y a trois actions à mener : d’abord former des cadres des groupes cibles sur les thèmes de compétence managériale ou de certification de label de qualité, etc. ; organiser des workchop de formation ou des Roadshow aux porteurs de projets afin qu’ils accèdent aux fonds, comme la mise en contact des investisseurs avec les opérateurs à travers des forums de jumelage comme la rencontre qui a eu lieu en janvier 2019 à Alger au cours de laquelle ont été signés des contrats avec l’Italie dans les domaines de l’énergie renouvelable, le BTP, les technologies numériques, l’industrie automobile et mécanique, ou celle du Caire, au mois d’avril, consacrée, entre autres, à la présentation d’entreprises du secteur informatique, du prêt-à-porter, de l’alimentation et du secteur chimique, des entreprises réunies pour créer des interactions et des synergies dans le but de consolider de solides partenariats commerciaux dans la région. Enfin, la troisième action revêt un caractère institutionnel, avec une dimension microéconomique (avec les entreprises) coordonnée par une plate-forme régionale qui encourage la mise en relation des acteurs».

Un premier bilan

«De septembre 2018 à février 2019, 100.000 bénéficiaires ont été mobilisés, avec une nette prédominance des pays du Sud. L’Algérie figure parmi les pays qui ont réagi positivement. Pour la première année, il s’agissait de diffuser le projet et créer des synergies à mettre en place, ainsi qu’une sensibilisation de 80 journalistes de pays bénéficiaires.
 Sur les 86 opérations programmées, 25 ont été réalisées jusqu’à présent, essentiellement des formations destinées à 400 fonctionnaires portant sur la transformation digitale, le marketing, la mobilité des talents ou comment créer une agence de service», détaille Marco Cunetto, qui insiste pour dire que «rétroactivité de l’Algérie a été remarquable en abritant deux activités importantes», tout en précisant, pour ceux qui ont posé la question de savoir s’il y a une possibilité pour les entreprises d’accéder aux fonds d’Ebsomed, que la mission de ce dernier est essentiellement une «assistance technique», avant de donner la parole à deux facilitateurs, Ines Nasri de Tunisie et Waseem Aref de Palestine, pour témoigner de l’expérience de leurs plateformes respectives, le premier avec son FinBlum et la seconde avec Tamkin, et de dire l’apport extrêmement positif du soutien d’Ebsomed pour leur propre carrière et pour l’avenir de l’entrepreneuriat dans leurs pays.

Trop tôt pour une appréciation  définitive ?

Projet limité dans le temps et dans l’allocation financière, il n’a certes pas l’ambition de vendre un rêve et de régler les problèmes d’une région aussi vaste et aussi diversifiée que la région euro-méditerranéenne, «tout simplement d’essayer de jeter les premières bases pour travailler sur l’accès à l’information et non pas aux subventions», précise encore doctement Marco Cunetto, conscient de la difficulté de travailler dans un domaine aussi sensible que le réseautage et l’information économique, avant de conclure : «Une année, c’est encore trop tôt pour juger l’expérience positive ou négative, le processus étant assez complexe, mais je suis quand même optimiste !»
Cherif Jalil

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