dimanche 21 juillet 2019 12:44:00

Territoires sahraouis occupés : surveillance accrue des droits de l’Homme

Les participants à la 38e session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP) de l'Union africaine (UA), qui se tient à la capitale éthiopienne Addis-Abeba, ont appelé à la mise en œuvre des résolutions du Conseil exécutif relatives au parachèvement de ses missions inhérentes à la surveillance de la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

PUBLIE LE : 22-06-2019 | 0:00
D.R

Les participants à la 38e session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP) de l'Union africaine (UA), qui se tient à la capitale éthiopienne Addis-Abeba, ont appelé à la mise en œuvre des résolutions du Conseil exécutif relatives au parachèvement de ses missions inhérentes à la surveillance de la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). 

Selon l'Agence de presse sahraouie (SPS), cet appel a été lancé lors des réunions de la 38e session ordinaire du COREP de l'UA, préparatoires à la 35e session ordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Etats de l'UA et à la 12e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, prévues du 4 au 7 juillet 2019 à la capitale nigérienne Niamey. Lors du débat du rapport de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP), cette dernière a réitéré son appel à la mise en œuvre des résolutions du Conseil exécutif relatives au parachèvement de ses missions inhérentes à la visite des territoires occupés de la RASD et à la surveillance de la situation des droits de l'homme. La première partie de la visite aux camps des réfugiés sahraouis et aux territoires libérés effectuée en 2012 a été saluée par la CADHP, tandis que la deuxième partie de cette visite a été interrompue la même année, en raison des obstacles dressés par le Maroc. L'ambassadeur sahraoui en Ethiopie et représentant permanent auprès de l'UA, Lamine Baali, a évoqué "la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés de la RASD et les graves violations commises par le Maroc en permanence contre les citoyens sahraouis", mettant en garde contre "la gravité de ces dépassements", en dépit des appels lancés, à maintes reprises, par les autorités sahraouies et les organisations et instances de protection des droits de l'homme. L'ambassadeur sahraoui a réitéré la demande du gouvernement de la RASD pour "la mise en œuvre de la décision du Conseil exécutif de 2017 relative au parachèvement des missions de la CADHP dont la visite des territoires occupés et l'élaboration de rapports sur la situation des droits de l'homme", rappelant le statut politique et juridique de la région, étant un territoire toujours sous occupation. La gravité des violations des droits de l'homme dans ce territoire occupé a atteint des niveaux "alarmants", d'autant que des rapports d'ONG, des observateurs et des témoins oculaires ont fait état de cas de torture et de maltraitance, enregistrés, notamment lors des évènements survenus, quelques semaines avant, dans la ville occupée de Smara, a-t-il déploré, qualifiant le jugement de militants civils sahraouis par des tribunaux militaires de "violation flagrante des droits de l'homme". Par ailleurs, les tentatives de la délégation marocaine de déformer et de réinterpréter le rapport de la CADHP ont toutes été vouées à l'échec, d'autant que ce rapport dénonce les violations dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. 

 
Des eurodéputés interpellent le Maroc
 
Des eurodéputés ont interpellé le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, sur la situation "préoccupante" des défenseurs sahraouis des droits de l'homme détenus dans des prisons marocaines, appelant à l'abandon immédiat des charges retenues contre ces militants politiques. Dans une lettre adressée au chef de la diplomatie marocaine, signée par treize parlementaires, dont Florent Marcellesi, Ana Maria Gomes, Ivo Vajgl, Miguel Urban Crespo et Ana Miranda, les eurodéputés ont exprimé leur "vive préoccupation" quant aux sorts de trois militants sahraouis des droits de l'homme détenus dans des prisons marocaines. Il s'agit d'Ali Salem Boujama Saadouni, de Brahim Dihani et Naziha El Khalidi, militants au sein de l'Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l'homme (ASVDH). "Des organisations internationales de défense des droits de l'homme nous ont informés que des défenseurs sahraouis des droits humains et des associations au Sahara occidental ont été de plus en plus ciblés par les autorités marocaines au cours des derniers mois", ont écrit les eurodéputés. Dans ce contexte, ils ont évoqué en particulier la condamnation du défenseur des droits humains, Ali Salem Boujama Saadouni, en mai 2019, à sept mois de prison et à une lourde amende en raison de ses activités de défense des droits de l'homme au Sahara occidental occupé. Le cas de Brahim Dihani, également défenseur des droits de l'homme et membre de l'ASVDH, a été cité dans la missive des élus européens, précisant que le militant sahraoui, arrêté le 18 décembre 2018 par les autorités marocaines, avait été accusé d'"entrave à la vie privée" juste pour avoir documenté sur les manifestations pacifiques dans la ville de Laâyoune occupée. Le 6 février 2019, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Laâyoune occupée a acquitté Brahim Dihani et a abandonné toutes charges qui pesaient contre lui. La cour avait ordonné aussi la restitution des appareils photos de l'ASVDH qui avaient été saisis. Mais, le procureur a fait appel de l'acquittement le 30 mai 2019 et Brahim Dihani a reçu une nouvelle citation à comparaitre devant la cour d'appel de Laâyoune le 20 juin. 
 
Des militants visés pour avoir défendu des droits 
de l’homme
 
Quant à la journaliste sahraouie Naziha El Khalidi, qui doit comparaître quant à elle le 24 juin devant le tribunal, les parlementaires européens ont dénoncé les conditions d'arrestation de cette militante. Elle avait été détenue, maltraitée et battue par la police marocaine pour avoir filmé une manifestation pacifique des Sahraouis à Laâyoune occupée en décembre 2018, ont-ils relevé. Accusée de "revendiquer un titre protégé par la loi" et d'avoir "prétendu faussement être une journaliste", elle encourt une condamnation entre 3 mois et 2 ans de prison. "L'accusation contre Naziha El Khalidi serait liée en fait à son travail au sein d'Equip Media, qui enquête sur les violations des droits de l'homme commises par les autorités marocaines contre les Sahraouis", ont précisé les eurodéputés. 
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