dimanche 13 octobre 2019 23:49:53

18e vendredi des marches populaires : UN PEUPLE UNI ET INDIVISIBLE

Pour le 18e vendredi consécutif, des citoyens de plusieurs régions du pays ont participé à des marches pacifiques, pour revendiquer, notamment, «la poursuite de la lutte contre la corruption» et la «préservation de l'unité du peuple», ont constaté des correspondants de l'APS.

PUBLIE LE : 21-06-2019 | 23:00
Ph. T. Rouabah
à travers le pays
Pour la poursuite de la lutte contre la corruption
 
Pour le 18e vendredi consécutif, des citoyens de plusieurs régions du pays ont participé à des marches pacifiques, pour revendiquer, notamment, «la poursuite de la lutte contre la corruption» et la «préservation de l'unité du peuple», ont constaté des correspondants de l'APS.
 
Bravant une journée caniculaire, les manifestants ont tenu à poursuivre leur mouvement citoyen avec comme maîtres-mots : «Transition démocratique sereine», «Dialogue chapeauté par des personnalités crédibles» et «Récupération de l'argent du peuple». Avec la même détermination depuis le début du «Hirak», des milliers de citoyens des wilayas de l’Est sont sortis dans les rues pour renouveler leurs revendications à leur tête le «départ des figures de l'ancien système». 
Des jeunes et moins jeunes ont investi les artères principales du centre-ville de Constantine, brandissant l’emblème national et scandant : «Pas de dialogue avant le départ des 3 B (Bensalah, Bedoui, Bouchareb ndlr)», alors que depuis Mila, la foule a appelé à un «dialogue national consensuel».  
Depuis Oum El Bouaghi, Skikda et El Tarf, des milliers de citoyens ont battu le pavé dans le calme pour réaffirmer leur détermination à continuer leur lutte pacifique, jusqu’à la satisfaction de leur revendication principale : «changement radical du système politique actuel». Sous les cris «Djazaïr Horra, démocratiya» (Algérie libre et démocratique) et «Silmiya, silmiya» (pacifique, pacifique), les manifestants depuis les villes de Batna, Khenchela et Tébessa, entonnant des chants patriotiques ont réitéré leur appel à l’unité et la préservation du pays, «Chaoui, Kabyle, M’zabi ou Tergui, tous des Algériens», scandait la foule. A Guelma, les marcheurs, étaient en force, affluant des différents quartiers de la ville et des agglomérations limitrophes ont scandé «Djeich-chaab Khawa-Khawa» (peuple et armée sont frères) et appelé à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution stipulant que «le peuple est la source de tout pouvoir». Dans la ville d’Annaba, les manifestants qui ont investi le cours de la Révolution ont salué le «travail de la justice» et appelé à une «lutte sans relâche contre la corruption». 
A Sétif et Souk Ahras, des citoyens ont sillonné les principales artères de ces deux villes, scandant «Oui à des élections chapeautées par des compétences nationales». La mobilisation des citoyens ne faiblit pas à l'Ouest du pays où des centaines de personnes ont participé aux marches pour exiger notamment «le départ des trois B» et «la poursuite de la lutte contre la corruption». Dans la wilaya d’Oran, les citoyens sont sortis réclamer une «transition démocratique sans les résidus du système», soulignant également l'impératif de préserver «l’unité du peuple algérien». Les marcheurs ont emprunté les principales artères du centre-ville jusqu’au siège de la wilaya scandant principalement «Arabes, Kabyles, Chaouis, Terguis, M'zabis, khawa-khawa». Ils ont également insisté sur la «poursuite de la lutte contre la corruption» et la «récupération de l’argent détourné».
Les anciens slogans ont été également arborés par les manifestants qui ont réaffirmé leur volonté de passer à un «véritable Etat républicain». 
A Mostaganem, des citoyens ont renouvelé leur appel à un «départ rapide des symboles restants du système», «lutte implacable contre la corruption» et «consolidation de l’unité nationale». Les marcheurs ont également exigé la mise en place d’un organe indépendant chargé de superviser l’organisation des prochaines élections présidentielles. A El Bayadh, des centaines de personnes ont pris part à une marche pour réitérer leurs revendications de «poursuite des corrompus et des auteurs de détournements des deniers publics». 
A Aïn Temouchent, les centaines de marcheurs ont scandé des slogans appelant à l’unité nationale et au «rejet de tous les germes de la Fitna et de discorde entre les enfants d’un même pays». Les mêmes revendications ont été levées à Tlemcen, Sidi Bel-Abbès, Tiaret, Relizane, Tissemsilt, Saïda. Pour les wilayas du Centre, des milliers de manifestants ont également marché pour demander un changement radical du système et le départ de tous ses symboles, réaffirmant leur attachement à une «Algérie unie et plurielle». Dans les wilayas de Blida, Djelfa, Chlef, Medéa, Aïn Defla et Tipasa, des centaines de manifestants ont battu le pavé pour demander la poursuite de la lutte contre la corruption et exprimer leur attachement à l’unité nationale et la diversité culturel du pays en scandant «Imazighen», «Djeich-Chaab Khawa-Khawa» et «le sang des Algériens s’est mêlé et rien ne pourra les diviser». A Tizi-Ouzou, Bouira, et Bejaia, les marches étaient marquées, par un déploiement sans précédent du drapeau de l'identité amazighe. Le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), avait mis en garde contre la «tentative d'infiltration» des marches populaires par des manifestants qui brandissent des drapeaux autres que l'emblème national. 
L’emblème national a été aussi fièrement déployé par les marcheurs de ces wilayas pour rappeler le patriotisme et l’engagement de la région de Kabylie qui a donné des cortèges de martyrs durant la guerre de Libération nationale contre le colonialisme français. A Boumerdès les marcheurs ont scandés «un seul peuple, un seul destin, le Hirak continue». Dans les régions du Sud, un petit groupe de manifestants s’est regroupé à la place de la Rose des sables à Ouargla, après la prière du vendredi, pour appeler au «changement politique profond». Drapés du drapeau national, ils ont scandé des slogans réclamant notamment le départ des figures de l'ancien système, l’édification d’un Etat civil, la poursuite de la lutte contre la corruption et la préservation de l’unité nationale. Dans les autres wilayas du Sud et vu les fortes chaleurs enregistrées actuellement dans la région, les manifestants ont préféré la période d’après la prière de l’Asr, en fin d’après-midi, pour sortir manifester, à l’instar des populations des wilayas d’Adrar, El-Oued, Laghouat, Tindouf, Ouargla et Ghardaïa.
 
Alger
unis sous un même drapeau 
 
«Ma Kanch Jihawiya, Khawa Khawa» (pas de régionalisme, nous tous frères) était l’un des slogans scandé hier par les manifestants dans un majestueux 18e vendredi, partout en Algérie. «Ensemble, nous nous servirons de cette diversité pour une Algérie plurielle, meilleure, libre et démocratique», «Restons simplement tous unis sous un seul et unique drapeau représentant tout les fils et les filles d'Algérie», étaient parmi les autres slogans scandés hier. 
Chaque vendredi le peuple découvre ce qui fait son unité : ignorer les provocations, rester unis dans les manifestations, et porter la voix de la liberté haut et fort. Les observateurs retiendront que les marches d’hier étaient marquées par le refus populaire exprimé à toute tentative de diversion : le vendredi de l’unité nationale contre toute les manœuvres politiciennes irresponsables. Les rues d’Alger étaient, à cet effet, noires de monde, la foule défilant aux cris de «les Algériens Khawa-Khawa».
Tôt le matin, et comme d’habitude les manifestants ont commencé à se rendre vers la capitale, et ce en dépit du dispositif sécuritaire déployé tout au long de l’itinéraire, à l’image du barrage au niveau de la cité Zerhouni Mokhtar à El Mohammadia (les Bananiers), ou au niveau du rond-point d’Eucalyptus, à l’est d’Alger, explique Khaled, de Larbaa. 
Une fois au niveau d’Alger, la marée humaine a investi la Grande Poste, la rue Didouche Mourad, la place Audin, la place des Martyrs. À Alger comme à Oran, Bejaia, Annaba, Tizi-Ouzou, Chlef, les Algériens sont sortis tous avec les mêmes revendications, et pratiquement les mêmes slogans, pour exprimer tous le rejet du système et du personnel politique, et affirmer fièrement qu’«une identité est une partie constituante de l'être». Nul besoin de l'affirmer quand on est certain de qui on est. C’est ce qui a été rappelé hier par le peuple. Le peuple algérien  ne cesse de donner des leçons de patriotisme, de nationalisme et de détermination pour son épanouissement. Hier le peuple, dans toute sa majesté, a scandé : «Partez tous!»
Depuis le 22 février, les Algériens investissent massivement la rue, notamment à Alger, pour réclamer un changement du système politique en Algérie. Libérés et décomplexés, les citoyens, partout rassemblés, crient leur volonté et ont imposé, par millions, voilà plus de quatre mois, leur présence affirmée. Le peuple réclame ses droits en exerçant son devoir. S’indignant dans le calme, pacifiquement, il triomphera comme il l’a toujours fait, et ce malgré les interdits. Certains s’élèvent contre la «confiscation» du parvis de la Grande Poste et les restrictions.
Rien ne peut diviser ou détourner un mouvement révolutionnaire historique, analyse Anis Merraouer. Toutes les bandes de la corruption seront balayées et le peuple a un bien plus précieux à récupérer, à savoir la Liberté, ajoute le politologue.  Le 18e vendredi intervient, faut-il le rappeler, au lendemain de la publication par les associations de la société civile d’une «feuille de route» prévoyant notamment «une transition d'un an maximum, gérée par des institutions ad hoc», une revendication constante du mouvement populaire, depuis la démission de l’ancien président Bouteflika. Autre fait d’actualité est le discours du chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’Armée, Gaïd Salah, dans lequel, il a mis en garde contre toute tentative de diversion. «L'Algérie ne possède qu'un seul drapeau, symbole de souveraineté d’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité populaire», avait-il indiqué.
 
Dans l’union réside la force
 
Contre toute surenchère politique, les manifestants de ce 18e vendredi ont répondu «qu’il n’y a qu’une seule minorité, c’est la issaâba», comme pour affirmer que personne ne peut ôter à un peuple sa liberté, ni la dimension nationale de ce mouvement qui, en plus de s’inscrire dans la durée, se renforce et se consolide chaque semaine. À la veille des manifestations, il était clair pour les internautes sur les forums des réseaux sociaux qu’il ne s’agit pas d’aborder les «faux problèmes» qui visent à éloigner les Algériens de vraies questions, à savoir l’instauration des principes démocratiques pour une deuxième République. «Unis dans notre Algérianité, riches par notre diversité, toutes tentatives de diviser un peuple uni n'est qu'une perte de temps ! Ça ne marchera plus», disent les manifestants. La dichotomie était illustrée artistiquement dans cette grande banderole : le «eux» de la Issâba, «Diviser pour mieux régner», contre un «nous» du peuple, «S'unir pour se libérer», «C'est dans notre union que réside et résidera notre force» et c’est  grâce au Hirak qu’on l’est devenu. Donc restons-le jusqu’au bout pour un seul destin, «une Algérie unie dans sa diversité», est-il aussi mentionné.  «Ensemble, nous nous servirons de cette diversité pour une Algérie plurielle, meilleure, libre et démocratique. Le drapeau n’a jamais été le problème. La mafia veut se maintenir, faire dans la propagande par médias interposés pour créer la diversion et continuer à spolier les richesses du pays», est-il souligné.  A signaler que les forces de l'ordre ont reçu des consignes afin de s'assurer qu'aucun autre drapeau que «l'emblème national» ne soit brandi dans les manifestations.
Tahar Kaïdi
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