lundi 14 octobre 2019 00:02:48

Journée internationale de la drépanocytose : 500 millions de personnes touchées dans le monde

Le dépistage prénuptial pour freiner la progression de la maladie

PUBLIE LE : 19-06-2019 | 23:00
D.R

Avec 500 millions de porteurs, la drépanocytose est la maladie génétique la plus répandue au monde. Elle peut entraîner de graves conséquences : une anémie, des crises douloureuses, pouvant toucher différents organes ou encore une moindre résistance à certaines infections.

L’OMS a, en effet, décrété le 19 juin comme Journée mondiale de cette maladie qui se transmet par voie héréditaire et qui touche de nombreuses familles. Le but est de rappeler aux citoyens les souffrances que peuvent endurer les malades, mais aussi au personnel du secteur de la santé et aux pouvoirs publics que la drépanocytose est une pathologie qui doit absolument être prise en charge, car elle fait des malheurs dans les familles et dans de nombreuses régions du pays. Cette journée demeure une belle opportunité pour mettre l’accent sur des questions importantes d’information et d’éducation des populations à l’échelle planétaire car la drépanocytose, malgré le nombre important de malades à travers le monde, reste une maladie méconnue et négligée.
En Algérie, si aucune statistique n’est disponible pour connaître sa prévalence, cette maladie touche cependant 2 à 3% de la population algérienne, selon certaines estimations. Les foyers les plus connus sont ceux de Skikda, Annaba et El Tarf, à l’Est, ainsi que Cherchell au Centre. Malgré sa très forte prévalence dans certaines régions de l’est du pays, la drépanocytose demeure une maladie inconnue du grand public et même dans le milieu médical qui n’est pas spécialisé.
Considérée comme un véritable problème de santé publique, cette maladie est due au remplacement de l’hémoglobine normale (A) par une hémoglobine anormale appelée «hémoglobine S». Elle est à l’origine des taux de mortalité infantile les plus élevés dans plusieurs pays.
C’est pourquoi, qu’il est important de se mobiliser davantage pour sensibiliser les populations sur l’importance du dépistage précoce qui, selon les spécialistes, permet de réduire considérablement la mortalité infantile par cette affection avant d’atteindre sa forme sévère.
Il faut savoir que la drépanocytose est une pathologie très grave dont les principaux symptômes sont l’anémie, des crises douloureuses effroyables, une sensibilité accrue à certaines affections.
Selon les spécialistes, cette maladie n’est pas très rare, elle est particulièrement fréquente dans les populations d’origine africaine subsaharienne, des Antilles, d’Inde, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen…
S’agissant des signes de la drépanocytose, les spécialistes citent les symptômes majeurs, à savoir, l’anémie, la fatigue, la pâleur, l’essoufflement, la jaunisse, l’augmentation du volume de la rate, les douleurs articulaires et une grande prédisposition aux infections en tous genres.

Le dépistage prénuptial pour  freiner la progression de la maladie

Ils expliquent les douleurs importantes à «l’hémoglobine S» qui bouche les vaisseaux et la mauvaise irrigation des organes en oxygène. Cet état de fait engendre une douleur importante pour l’enfant et laisse des séquelles irréversibles. Ils citent comme exemple, l’insuffisance rénale, l’insuffisance pulmonaire, les AVC et autres. Pour ce qui est de l’évolution de la pathologie, les spécialistes mentionnent qu’elle évoluait par période chronologique et que la période de (0 à 5 ans) est la plus critique, d’où l’importance du dépistage précoce pour une prise en charge efficiente.
En ce qui concerne les traitements, différents types de thérapeutique existent et sont proposés aux patients en fonction de la gravité de la maladie. Le traitement de base et qui représente 50 % de la thérapeutique est une réhydratation régulière et importante en vue de réduire la douleur et de permettre une meilleure oxygénation des organes.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont aussi prescrits aux patients pour calmer la douleur et lorsque la douleur persiste ou augmente, le malade est hospitalisé et des antidouleurs plus importants lui sont administrés. Dans le cas où les morphiniques ne donnent pas le résultat escompté, le patient est transfusé.
Cependant, la transfusion a ses limites car elle fait augmenter le taux de fer dans le sang et nuit à la santé du patient. D’autres alternatives à la transfusion existent comme une molécule qui a donné ses preuves (hydroxy-urée) et permet une stabilisation de la maladie et amélioration de l’état du malade. Seulement cette thérapie n’est réservée qu’aux malades gravement atteints et améliore grandement la qualité de vie de ces derniers, sans pour autant les guérir.
Selon les spécialistes, la seule façon de guérir de la pathologie réside dans la greffe de moelle, qui est une technique lourde et qui n’est réservée qu’aux malades les plus gravement atteints. C’est pour cette raison que les spécialistes plaident pour le dépistage prénuptial et néonatal de la maladie pour une prise en charge précoce afin d’éviter que la drépanocytose devienne un véritable problème de santé publique.
Il y a lieu de rappeler que dans les pays développés, et même dans certains pays du Tiers-Monde très touchés par cette maladie, des avancées ont été enregistrées dans sa prise en charge, l’Algérie reste encore à la traîne dans ce domaine. Les traitements utilisés pour soigner les malades (Hydrea gélules qui a fait ses preuves dans le traitement de cette maladie, la chélation du fer et la vaccination) sont loin d’être mis à la disposition des malades en Algérie. La raison principale de cette défaillance est principalement liée à l’absence de structures spécialisées dans la prise en charge de cette pénible maladie.
R. S.
 

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