dimanche 21 juillet 2019 12:47:13

Conjoncture : Pacte foncier

Le foncier agricole, une boîte de Pandore ? Les tentatives d'assainir ce dossier épineux sont restées inachevées.

PUBLIE LE : 20-06-2019 | 0:00
D.R

 Le foncier agricole, une boîte de Pandore ? Les tentatives d'assainir ce dossier épineux sont restées inachevées. Aujourd’hui, sonne plus que jamais le besoin d'outils nouveaux, d'une bossole. Appelons-le par son nom : un pacte foncier. Des hectares de terres sont artificialisées, bétonnisées. Le spectacle est stupéfiant. Grignoté ou dévoré à belles dents, l’espace agricole est en péril. Les surfaces se font la malle et se réduisent comme peau de chagrin. Et c'est aussi une ressource essentielle à la production alimentaire qui disparaît. Les chiffres donnent le tournis. 210 affaires en justice en 2018 pour la wilaya d’Alger à elle seule. Beaucoup d’anguilles sont sous roche. La compétition pour l’accès aux ressources naturelles, et plus précisément la terre, augmente, entre autres, sous les effets conjugués de la croissance démographique, et de l’emprise croissante des politiques urbaines. Une question se pose : les politiques foncières menées jusque-là ont-elles apporté le résultat escompté ? Les experts relèvent la nécessité d’amélioration régulière de la productivité de la terre. L’Etat devrait tant accompagner les exploitants agricoles pour améliorer la productivité que faciliter la réallocation de la terre aux producteurs qui sont en mesure de la valoriser au mieux. Pour ce faire, faudra un environnement institutionnel et économique approprié. Dans le cas contraire, la réallocation par les marchés peut être économiquement et socialement sous-optimale. Une chose est sûre. Compte tenu de la complexité du dossier, s’impose une politique agricole nationale qui ne se limite pas au foncier, mais s’étend à la promotion et la protection de toute la filière sous contrôle de l’Etat et des services non administratifs, en amont et en aval, dans la transparence la plus totale. Identifier les besoins des agriculteurs en termes de superficie afin de maintenir une exploitation viable en fonction des évolutions attendues semble une piste intéressante. Elle est aussi une porte d’entrée judicieuse pour tenter de limiter au maximum les pertes de superficies agricoles dues à l’artificialisation des terres ou à la pression exercée par d’autres usages. Partout dans le monde, en particulier dans des pays à grand potentiel agricole, la maîtrise du foncier est devenue un enjeu de gouvernance crucial à toutes les échelles. Les usages du sol s’intensifient et les concurrences s’exacerbent, interrogeant plus que jamais les politiques publiques qui, bien souvent, sont dépassées par l’ampleur et la rapidité des phénomènes qu’elles sont censées réguler.
Fouad Irnatene

 

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