samedi 20 juillet 2019 20:01:57

Notre Forum : hommage aux anciens condamnés à mort

Le Forum d’El Moudjahid a organisé, hier, en coordination avec l’association Machaâl Echahid, une conférence, pour rendre hommage aux condamnés à mort par les forces coloniales durant la glorieuse Révolution du 1er-Novembre 1954.

PUBLIE LE : 20-06-2019 | 0:00
Ph. Wafa

Le Forum d’El Moudjahid a organisé, hier, en coordination avec l’association Machaâl Echahid,  une conférence, pour rendre hommage aux condamnés à mort par les forces coloniales  durant la glorieuse Révolution du 1er-Novembre 1954.

C’est en parallèle de la commémoration du 63e anniversaire de l’exécution de Chahid Ahmed Zabana, et son compagnon Abdelkader Ferradj, guillotinés de la façon la plus abjecte dans les geôles de la France coloniale. Intervenant à cette occasion, l’historien Amar Belkhodja, a préféré parler de «système de guillotine», pour expliquer que même avant l’introduction de cette «méthode» barbare, le colonialisme français était assimilé au début à une «invasion des sabreurs». Dès les premières années de l’invasion, les Français, en plus d’être motivés par un certain racisme déclaré, voulaient, par le recours à la terreur, par des exécutions sommaires, effrayer les Algériens par des «spectacles macabres», à l’image de la décapitation du cheikh de la tribu ‘‘El Aoufia’’ à El Harrach (Alger), en avril 1832. Pour l’historien, le système de la guillotine de la France coloniale est «l’illustration parfaite de la barbarie des Occidentaux», se contentant de la rhétorique des Lumières et des droits de l’homme.
Le 17 mars 1956 sont publiées au Journal officiel les lois 56-268 et 56-269, qui permettent de condamner à mort les membres du FLN pris en flagrant délit, sans instruction préalable.
C’est à partir de cette année, que la guillotine, qualifié par Taleb Abderrahmane de «symbole de tous les péchés» a été introduite, en parallèle aux autres méthodes pour étouffer une Révolution en plein rayonnement d’un peuple qui ne voulait faire aucune concession sur son droit à la liberté. Evoquant l’exécution de l’artificier de l’Armée de libération nationale (ALN), guillotiné à la prison de Barberousse, aujourd’hui Serkadji, à l’âge de 28 ans, Taleb Abderrahmane, Belkhodja, a préféré évoquer cette phrase qui illustre l’abnégation, le courage et l’amour du pays «Périr n’est qu’un sublime sacrifice», disait ce chahid en face de ses tortionnaires.
L’historien a indiqué que le nombre total des condamnations à mort a avoisiné les 2.010, dont 627 à Oran, 125 en France. 214 martyrs ont été exécutés dans les couloirs sombres de la prison qu’on appelait aussi les couloirs de la mort, où sont généralement parqués les condamnés à mort qui devaient être guillotinés.
Face à l’atrocité coloniale et l‘acharnement des militaires français, le FLN a été contraint d’»ajuster» la tactique de guerre, a expliqué l’historien Belkhodja. «Le recours aux couffins et bombes était la riposte légitime en réaction à la sauvagerie des Français», a-t-il indiqué.
Pour les lecteurs de l’histoire, l’ALN n’a fait que réagir aux dépassements des colons français, comme l’attaque à la bombe devant le siège de l’actuel UGTA, le 30 juin 1956, où la bombe qui a dévasté la Casbah un certain 18 août 1956. Les anciens compagnons et autres moudjahidine ont apporté à cette occasion leurs témoignages sur les trois condamnés à mort. Le témoignage poignant du moudjahid Tahar Hocine était des plus émouvants. Pendant la guerre d’indépendance algérienne, de 1954 à 1962, plus de 2.000 condamnations à mort furent prononcées par la justice française, dit-il. En 1957, il y a eu 91 exécutions, une année après, le nombre s’est élevé à 141 alors que le général de Gaulle tentait d’amadouer les Algériens par des projets et autres promesses pour «perpétuer» le rêve de l’Algérie française.
Les historiens parlent d’un total de 222 militants exécutés entre 1956 et 1962, et quelque 22 autres de la fédération FLN en France. Ceci doit nous rappeler jusqu’à la fin des temps l’atrocité coloniale et le prix consenti pour arracher l’indépendance de notre pays.
C’était l’occasion aussi pour les présents, historiens et anciens moudjahidine, de mettre en exergue les sacrifices consentis par leurs compagnons d’armes et les autres enfants de l’Algérie qui ont porté à bras-le-corps la guerre de Libération pour l’indépendance de l’Algérie. Regrettant la «marginalisation» de la contribution des militants du FLN en France, Mohamed Kechid a appelé les jeunes générations à «préserver» cette Algérie qui leur a été léguée par leurs aînés.
Les noms de Djamila Bouaza, Djamila Bouhired, Jacqueline Gerroudj, Baya Hocine, Djouher Akrour, Ghamrati Zohra, ces moudjahidate condamnées à mort doit nous rappeler également le supplice de la façon la plus abjecte et indigne, par la guillotine, la torture, et les massacres de plus d’un million d’Algériens dont le seul tort était d’aimer leur pays à en mourir. C’est dans le but de valoriser les sacrifices consentis par les martyrs et moudjahidine en faveur de la cause nationale qu’il est aujourd’hui impératif de réunir les fragments éparpillés de l’histoire de notre Révolution pour préserver la mémoire.
«La conscience signifie d’abord mémoire», dit-on.
Tahar Kaïdi
 

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