dimanche 13 octobre 2019 23:50:08

Personnes âgées : Une personne sur six victime de maltraitance en 2018

La maltraitance des personnes âgées est un fléau qui a touché une personne sur six dans son environnement au cours de l’année dernière. Elle concerne toutes formes de violence et de négligence envers cette frange de la société qui n'est pas en mesure de se protéger, en raison de son âge ou de son état physique ou psychique.

PUBLIE LE : 17-06-2019 | 23:00
D.R

La maltraitance des personnes âgées est un fléau qui a touché une personne sur six dans son environnement au cours de l’année dernière. Elle concerne toutes formes de violence et de négligence envers cette frange de la société qui n'est pas en mesure de se protéger, en raison de son âge ou de son état physique ou psychique. 

C’est ce qui a été annoncé par l'Organisation des Nations unies (ONU), indiquant que cette proportion risque de s’accroître compte tenu du vieillissement rapide de la population dans de nombreux pays. « Nous devons tous être plus attentifs et signaler les cas présumés de maltraitance des personnes âgées », a exhorté l'experte indépendante sur la jouissance de tous les droits fondamentaux des personnes âgées, Rosa Kornfeld-Matte, citée dans un communiqué de l'ONU à l'occasion de la   Journée mondiale de sensibilisation aux mauvais traitements infligés aux personnes âgées, célébrée le 15 juin.  « L'abus sexuel et le viol des personnes âgées est un sujet rarement abordé, mais demeure néanmoins une réalité », a déploré la responsable onusienne. Pour Mme Kornfeld-Matte, la plupart des mauvais traitements ne sont pas détectés et signalés, même en présence de signes avant-coureurs clairs.  « Les abus sexuels et le viol des personnes âgées restent tabous. Il reste en grande partie non signalé et non détecté et donc invisible », a-t-elle   regretté. L’ONU signale que la maltraitance des personnes âgées peut entraîner de graves traumatismes physiques et avoir des conséquences psychologiques à   long terme.  « Il faut plus d'éducation, de formation, de données et de recherche pour combler les lacunes dans les connaissances sur l'incidence, les niveaux de déclaration, la nature des enquêtes, les interventions nécessaires pour mieux aider la victime et les interventions nécessaires pour prévenir les agressions sexuelles », a conclu l'experte.  L’ONU avertit qu’avec le vieillissement de nos sociétés, ce problème devrait s'aggraver considérablement et que le manque de données et d’études ne permettent pas d’estimer les dimensions concernées. Le nombre des plus de 60 ans dans le monde devrait passer de 900 millions en 2015 à quelque 2 milliards en 2050.

Des chiffres préoccupants 

La journée du 15 juin vise à sensibiliser l’opinion publique sur ce phénomène inacceptable et encore tabou dans notre société. L’Algérie, qui est aussi un pays qui vieillit, car 14% de la population aura plus de 60 ans en 2030, soit 7 millions de personnes, marque cette journée pour dénoncer ce genre de comportements inacceptables et rejetés par l’ensemble de la société musulmane.
Souvent considéré comme un non-sujet, parfois comme un sujet qui concerne surtout les sociétés occidentales, et même peut-être comme l’un des tabous de notre société, le vieillissement est pourtant un sujet dont nous devons nous emparer ! Compte tenu de ses incidences sur la santé et sur l’économie des Algériens, la prise en charge de nos aînés constitue l’un des virages que le pays doit négocier sans attendre.
La prise en charge des aînés devient un impératif sociétal pour permettre de faire face à cette autre transition démographique.
Quelques chiffres suffisent pour prendre la mesure de la problématique du vieillissement et de ses conséquences. Selon une étude de l’ONU mise à jour tous les deux ans sur l’évaluation des tendances démographiques de chaque pays, la population algérienne va vieillir et être davantage confrontée à des défis en matière de santé et d’aide aux personnes âgées, notamment celles qui sont dépendantes ou à mobilité réduite. Plus précisément, il en ressort que la part de la population âgée de 60 à 79 ans sera en hausse continue, passant de 8,5 % de la population globale soit 3,6 millions, à près de 7 millions en 2030. Une tendance similaire concernera les personnes âgées de 80 ans et plus qui représentent 0,9% de la population, mais qui augmenteront à 2,2% en 2050 avant de plus que tripler pour atteindre 7,4% en 2100.
Parmi les 3,6 millions de personnes âgées de plus de 65 ans recensées, une part non comptabilisée a perdu de sa mobilité ou n’est plus autonome. Si on retient une estimation basse de 10%, cela représenterait près de 300.000 personnes.

Un défi démographique à relever

Qui n’a pas remarqué les personnes âgées dans nos villes, de plus en plus nombreuses, par leurs processions quotidiennes le long des rues, des voies et des allées, par leurs regroupements en squattant par-ci, par-là des espaces en guise de points de rencontres et de détente sous le soleil d’hiver ou à l’ombre durant le saison chaude, par leur rassemblement devant certains équipements, tels que les mosquées, les bureaux de poste, les mairies, les cabinets médicaux et de soins et j’en passe ? Nos villes et villages sont devenus hostiles aux personnes âgées, voire même dangereux pour elles. Nos aînés ont besoin de sortir, de ne pas rester confinés chez eux.
Pour eux, mettre les pieds dehors peut s’avérer un véritable parcours du combattant. Ils ont peur des chutes et des chocs par rapport aux obstacles rencontrés, aussi bien physiques que psychologiques. Aux obstacles personnels liés à la santé et à la fatigue s’ajoutent d’autres comme l’état de la voirie, des trottoirs et des routes défoncés ou squattés ainsi que les crevasses, les difficultés de traverser et les pentes non justifiées. Les obstacles d’ordre psychologique se résument dans l’agoraphobie, l’insécurité et l’insalubrité. Les personnes âgées, quand la parole leur est donnée, émettent le vœu de voir ces obstacles levés, de voir les espaces verts revalorisés et l’hygiène et la propreté un droit et un devoir. À ce jour, exception des cafés et des jardins non adaptés, les personnes âgées estiment qu’elles n’ont pas d’endroits réservés pour elles.
Certes ces personnes sont absolument protégées par une batterie de textes... le plus important reste la loi 10-12 de 2010 relative à la protection des personnes âgées qui est venue encadrer l’ensemble de la question... sauf que, si la législation existe et elle peut même paraître pléthorique, comme elle existe pour les autres franges vulnérables de la société, néanmoins la réalité est tout autre. Les personnes âgées sont noyées dans la population et il n'y a aucune structure gérontologique destinée à la prise en charge des questions de la vieillesse et le vieillissement, à part la Caisse nationale des retraites (CNR), qui se charge de verser les pensions. Pour une nation, la politique de prise en charge de la vieillesse et du vieillissement ne peut pas se résumer en une caisse de retraite. Aujourd'hui, les personnes âgées représentent 3,6 millions et seront plus de 7 millions en 2030. Avec cette tendance, le nombre des personnes âgées va dépasser celui des enfants de moins de 15 ans fixé actuellement à un quart de la société…
Alors, à ce titre, le vieillissement n'est-il pas en train de devenir un défi démographique à relever ?
R. S.
 

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