dimanche 15 septembre 2019 17:19:07

Justice : Une responsabilité historique

Comparution de l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et de plusieurs anciens ministres, devant le tribunal de Sidi M’hamed.

PUBLIE LE : 16-06-2019 | 23:00
D.R

Comparution de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia devant le tribunal de Sidi M’hamed, et de l’ancien ministre des Finances Karim Djoudi devant le juge d’instruction près la Cour suprême.

Une autre affaire traitant de corruption et de dilapidation des deniers publics est en instruction depuis hier au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Il s’agit du dossier du groupe Sovac-Algérie qui aurait bénéficié d’indus privilèges, notamment dans le cadre de ses investissements dans la filière du montage automobile. Le dossier en question, qui s’ajoute à ceux des affaires Ali Haddad, Mahieddine Tahkout et des frères Kouninef, dont l’instruction est ouverte par le même tribunal, s’annonce «lourd», si l’on tient compte du profil et du nombre des personnes entendues hier par le magistrat instructeur. En effet, outre Mourad Eulmi et son frère, arrêtés mercredi dernier par la Gendarmerie nationale, l’audition, qui a duré plusieurs heures, a concerné l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, acheminé de la prison d’El-Harrach pour les besoins de cette nouvelle instruction, l’ex-ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, l’ex-DG du CPA, la banque publique qui aurait octroyé des crédits faramineux à Sovac-Algérie, ainsi que d’autres cadres du ministère de l’Industrie, d’établissements bancaires et d’entreprises. Ils seraient au total plus d’une soixantaine de personnes à être en effet entendues hier dans le cadre de l’affaire Sovac-Algérie dont il est attendu de fracassantes révélations. Comme tel était le cas depuis le début de l’opération «mains propres», menée d’une main de fer par la justice, de nombreux journalistes, ainsi qu’une foule de citoyens s’étaient agglutinés tout au long de la journée d’hier devant le tribunal de Sidi M’hamed. Des Algériennes et des Algériens venus dénoncer l’implication d’ex-hauts responsables dans des faits de corruption et de dilapidation de deniers publics au rythme de «Klitou leblad ya serraqine». À l’heure où nous mettons sous presse, rien n’a encore filtré sur l’issue de cette audition, soit les mesures prises par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed à l’encontre des personnes entendues hier.

Karim Djoudi et Amar Tou sous contrôle judiciaire

 Sur un autre volet, le magistrat instructeur de la Cour suprême a décidé de la mise sous contrôle judiciaire de Karim Djoudi, ancien ministre des Finances, et d’Amar Tou, ancien ministre des Transports, et ce au terme de leur audition au cours de la journée d’hier.
 Les deux ex-ministres ont été en effet entendus dans le cadre des affaires liées à la dilapidation de deniers publics, abus de fonction et attribution d’indus privilèges. Un communiqué de la Cour suprême confirme la mise sous contrôle judiciaire de Karim Djoudi et d’Amar Tou, décidée en vertu des articles 26, 29 et 33 de la loi 01 -0 6 relative à la lutte et à la prévention contre la corruption. Pour rappel, en application des dispositions de l’article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la cour d’Alger avait transmis au procureur général près la Cour suprême, le dossier d’enquête préliminaire instruite par la police judiciaire de la Gendarmerie nationale d’Alger, pour des faits à caractère pénal, à l’encontre de Zaâlane Abdelghani, Tou Amar, Talaï Boudjemaâ, Ghoul Amar, Benyounes Amara, Bouazgui Abdelkader, Djoudi Karim, Bouchouareb Abdesslam, Zoukh Abdelkader, Khanfar Mohamed Djamel, Sellal Abdelmalek et Ouyahia Ahmed, avait expliqué le Parquet général près la Cour d’Alger. «En raison de leurs fonctions au moment des faits, les susnommés bénéficient de la règle du privilège de juridiction consacrée par le texte de cette loi», avait-on précisé.
Le juge d’instruction près la Cour suprême avait ordonné, la semaine dernière, le placement des deux anciens Premier ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que l’ancien ministre du Commerce, Amara Benyounes, en détention provisoire à la prison d’El-Harrach, pour les mêmes chefs d’accusation.
L’ex-ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, a été également placé sous contrôle judiciaire, après avoir été auditionné dans des affaires liées à la corruption.
 Karim Aoudia

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions