samedi 20 juillet 2019 20:02:15

Hygiène dans la restauration : des dizaines de locaux fermés à Alger

Ça ne baigne pas dans l’huile. L’indifférence a pignon sur les comportements des restaurateurs qui brandissent la carte de la négligence et le manque de professionnalisme.

PUBLIE LE : 17-06-2019 | 0:00
D.R

Ça ne baigne pas dans l’huile. L’indifférence a pignon sur les comportements des restaurateurs  qui  brandissent la carte de la négligence et le manque de professionnalisme.

L’hygiène n’est certainement pas le souci des restaurateurs, malheureusement aussi des consommateurs par les temps qui courent. La propreté des lieux, l’allure et la tenue vestimentaire des serveurs, les gestes inappropriés ou encore la conservation des aliments et l’état des plaques chauffantes, nous font la plupart du temps dresser les cheveux sur la tête.  C’est un fait, côté assainissement, ça ne baigne pas dans l’huile.  L’indifférence et la désinvolture ont pignon sur l’activité, plus particulièrement durant la saison estivale qui coïncide avec des mouvements massifs de vacanciers, donc, une surconsommation laquelle fait oublier des détails importants, mais insignifiants, pour  beaucoup, comme l’insalubrité. Le fast-food, ce créneau lucratif, voit sa côte montée en flèche ces dernières années, pour devenir l’activité la plus sollicitée. Investir dans la restauration rapide est la poule aux oeufs d’or. Beaucoup d’hommes et de femmes se lancent dans cette aventure. Il faut un petit local, une plaque chauffante et un réfrigérateur et le tour est joué. La prolifération des pizzérias, des lieux de vente de m’hadjeb, de  pain traditionnel et autres, dans les grandes et petites villes, a fait explosé  le nombre des « visiteurs »,  certes, néanmoins, n’a pas eu effet sur  la concurrence entre les détenteurs de ce genre de commerce, quant aux respect  des règles de propreté, considérées comme secondaire. L’hygiène alimente une culture ? On ne peut pas en dire autant de tous les fast-food qui piétinent tous les jours la réglementation et les  textes de lois, en vigueur régissant  cette activité.  Respecter les cahiers des charges, c’est trop demander à  ces restaurateurs,  qui ferment les yeux sur de nombreuses anomalies très dangereuses qui nuisent à la santé du consommateur. Les intoxications collectives font chaque année des centaines de victimes au niveau des cantines et autres lieux de restauration, lesquels se transforment en terreaux pour la croissance des salmonelles et autres microbes se développant rapidement  sous la chaleur et le manque d’hygiène.

Quand la conscience professionnelle va, tout va !

Les effets  du « désastre » sont palpables. Dans bien des cas, il suffit de franchir le seuil de ces locaux   très fréquentés, pour  se rendre à cette évidence qui saute aux yeux d’ailleurs. D’abord,  on est frappé par la tenue toute tachée du vendeur à vous couper l’appétit,  ces raclettes à peinture, utilisées en guise de spatule, ces sachets noirs, sans s’étaler  sur  d’autres manquements qui  augmentent les risques d’intoxication collective et parfois même  se terminent par des entéro-gastrites très sévères. Le nombre d’intoxications alimentaires montent du simple au double, en été. Et la cause, bien entendue, n’est autre que  notre alimentation. A vrai dire, si une importance particulière est donnée,  par tout un chacun,  à la qualité de son repas,  à travers des gestes pour éviter toute contamination, ce n’est  pas le cas,  pour le repas de midi qui répond à d’autres critères que la salubrité des lieux. Chaque année, 10.000 cas sont recensés. En 2019, la saison estivale n’a pas encore démarré et l’on dénombre déjà prés de  200 intoxications collectives, depuis mars dernier.
La dernière sortie sur terrain des  inspecteurs d’hygiène au niveau de la wilaya d’Alger,  en février passé,  a été sans surprise. Les indicateurs sont loin d’être au vert. Pour certains, ils sont au rouge ! Sur  prés de 80.907 interventions, plus de 10.000  infractions sont comptabilisées et plus de 300.000 tonnes de marchandises ont été saisies. Sur un échantillon composé de 1.309 produits, 184 étaient non conformes suite auxquels 2076 P.V de fermeture de locaux ont été dressés.
Il faut rappeler que les services concernés avaient  signalé en 2018 plus de 30.000 infractions et procédé à la fermeture de 1.595 locaux et la saisie de 331.402 tonnes de marchandises. Aujourd’hui, cette activité est de plus en plus banalisée, avec des  pizzérias et autres lieux de restauration qui poussent comme des champignons. Le manque de professionnalisme et de qualification, très  souvent des propriétaires de ces commerces, explique le manque d’hygiène au niveau de ces derniers. Et le résultat, ce sont  les consommateurs qui paient les frais de cette négligence. Les pouvoirs publics, à leur tour, consacrent des enveloppes budgétaires colossales  pour la prise en charge des intoxications alimentaires, des fléaux qui reviennent souvent durant la période des grandes chaleurs, d’où l’importance de multiplier les sorties sur terrain des contrôleurs d’hygiène pour redresser les comportements de certains restaurateurs, sans conscience professionnelle, qui ne respectent pas  les lois en vigueur.
Samia D.
 

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