mercredi 18 septembre 2019 14:28:53

Première évaluation de la conférence nationale de la société civile, à notre Forum : accord sur le retour au processus électoral

M. Arar : « les instances de la justice sont appelées à communiquer. »

PUBLIE LE : 16-06-2019 | 23:00
Ph. A. Asselah

M. Meriane : « Aller à la légitimité, c’est l’essentiel. »
M. Arar : « Sensibiliser et informer le Hirak, et élargir le cercle aux partis politiques. »

«La première rencontre nationale de la société civile est un premier couronnement sur le chemin de la construction d’une société civile active, engagée auprès du mouvement populaire et porteuse de propositions pour l’aboutissement de ses revendications pour le changement radical.» Cette conférence est donc une «réussite» pour les représentants des deux dynamiques ayant organisé cette initiatives, à savoir M. Meziane Meriane, de la coordination des syndicats autonomes, et M. Arar, du forum civil pour le changement.
Invités, hier à notre Forum, nos hôtes ont tenu à mettre en exergue le fait qu’il n’a pas du tout été «facile ni aisé» de parvenir à un accord sur une plate-forme de feuille de route politique commune, présentée comme une initiative de contribution à la sortie de crise en cours. «La négociation sur le contenu de cette plate-forme a été rude jusqu’au milieu de la semaine dernière, avant que n’intervienne un accord final ouvrant la porte à l’organisation de cette première rencontre nationale», nous dit M. Arar qui estime que «la feuille de route émanant de cette rencontre vient pour faire triompher la volonté du mouvement populaire pour une rupture avec le système en place et l’avènement d’une république des droits et des libertés». Pour M. Meriane, «c’était un véritable défi de sortir avec une feuille de route consensuelle et des recommandations sur l’élargissement du mouvement de la société civile, et sur les préalables politiques au dialogue qui devrait conduire à la mise en œuvre d’une période de transition pour le transfert pacifique du pouvoir vers le peuple».
Nos deux invités se disent convaincus de la nécessité d’un dialogue civilisé et constructif qu’il considère comme seule option pour trouver une issue à la crise, et se félicitent, par là, de l’esprit de tolérance et de la démarche unitaire qui ont fini par prévaloir au terme des 4 longues réunions préparatoires à cet événement à la portée considérable. «Nous avons amorcé, au sein des acteurs de la société civile, le dialogue stratégique auquel nous appelons tous les autres acteurs, pour rendre l’Algérie meilleure, gouvernée par les représentants du peuple selon les institutions et les règles qui lui garantissent la souveraineté de ses choix», dit M. Meriane.
«La feuille de route que nous soutenons dans le cadre de cette rencontre nationale de la société civile consacre les grands axes que nous considérons comme la base d’un transfert pacifique du pouvoir politique vers le peuple», estime quant à lui M. Arar qui assure que la société civile continuera à converger et à intégrer dans son initiative toutes les forces qui en accepteront la démarche.

« Aucun dialogue sérieux ne peut être envisagé sans l’expression d’une volonté d’apaisement. »

Une transition de 6 mois à un an, une instance présidentielle ou une personnalité de consensus national et un gouvernement de compétences nationales sont au cœur des propositions de sortie de crise contenues dans la feuille de route consensuelle adoptée par la conférence nationale des dynamiques de la société civile.
L’initiative propose aussi l’installation d’une commission indépendante, pour «diriger, organiser et déclarer les résultats des élections, tout en garantissant les mécanismes de contrôle».
La conférence nationale des dynamiques de la société civile préconise également l’ouverture d’un «dialogue national global avec les acteurs de la classe politique, de la société civile, des personnalités nationales et des activistes du soulèvement, portant sur la situation politique, économique et sociale du pays, et les moyens de sortie de crise».
Ce dialogue, explique M. Meriane, «sera parachevé par une conférence nationale avec les partis politiques et la société civile. Nous sommes pour le dialogue afin d’engager la transition avec les meilleures chances de réussite, mais aucun dialogue sérieux ne peut être envisagé sans l’expression d’une volonté d’apaisement. Notre mobilisation se poursuivra donc pour desserrer l’étau sur la Révolution, libérer les prisonniers d’opinion, militants du hirak et lanceurs d’alerte, lever le siège d’Alger les vendredis, cesser les interpellations, libérer les espaces publics pour les manifestants pacifiques, rétablir le droit de réunion et l’utilisation des salles publiques pour l’organisation des activités des citoyens, restituer aux Algériens le service public de l’information et cesser les menaces et intimidations contre l’information indépendante», dit M. Meriane. M Arar nous explique, lui, que «la réussite de ce processus politique implique la préparation d’un climat général favorable à la pratique des droits, des libertés collectives et individuelles, des droits de l’homme. Pour ce faire, des mesures d’accompagnement de l’action politique doivent être prises pour rétablir la confiance au sein des citoyens et garantir leur participation effective dans ce processus national historique».

« Sensibiliser, informer le Hirak et élargir le cercle aux partis politiques. »

«L’élaboration de cette feuille de route commune de sortie de crise nous permettra de passer à la deuxième étape, d’aller à la rencontre des citoyens et des partis et personnalités politiques afin d’ouvrir le dialogue, pour tenter d’arriver à un consensus sur la démarche politique à suivre. Il s’agit là d’un premier jalon pour donner un prolongement aux revendications toutes légitimes du peuple algérien», estime M. Arar, qui considère que «cette conférence n’est pas une finalité pour les participants, bien au contraire, c’est une étape d’un processus qui ouvre le chemin à un combat qui sera encore long.
L’urgence aujourd’hui est d’acter la rupture avec le système et l’amorce de la transition vers la nouvelle république démocratique et renouer avec le processus électoral. Il nous reste maintenant à sensibiliser et à informer le hirak et toute la société quant à la nécessité de rallier cette initiative, et participer à sa mise en œuvre et à son succès».
Farida Larbi

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M. Arar : « les instances de la justice sont appelées à communiquer. »

Le représentant du forum civil pour le changement, Abderrahmane Arar, a tenu à préciser qu’il est nécessaire que «les instances de la justice communiquent à la presse nationale pour éclairer l’opinion publique sur l’état de déroulement et d’avancement des affaires de corruption qui ont fait chuter les grosses têtes du régime politique».
Lors de son passage à notre Forum, M. Arar s’est interrogé sur l’absence des communiqués sur l’état de déroulement et de comparution des hauts responsables dans des affaires de corruption, appelant le procureur de la République à faire des déclarations continues pour éclairer l’opinion publique sur le déroulement des affaires traitées. Dans ce contexte, l’invité du Forum a estimé que l’opinion publique ne suit que l’interprétation des faits de la presse et des réseaux sociaux qui ne sont que des «avis», indiquant que cet état de fait pourrait «discréditer» l’indépendance de la justice. Lors de son allocution, M. Arar a appelé aussi à l’accélération des affaires de justice impliquant des politiques et des hommes d’affaires, au niveau du tribunal Saïd Hamdine, la Cour suprême et le tribunal militaire de Blida.
Hichem. H
 

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