mercredi 24 juillet 2019 10:42:16

Schizophrénie : Plus de 420.000 algériens concernés

Lancement d’une enquête sur la situation épidémiologique de la schizophrénie

PUBLIE LE : 16-06-2019 | 0:00
D.R

 Les participants à la journée de formation et de sensibilisation sur la schizophrénie ont souligné le rôle du médecin généraliste et du psychologue dans le dépistage et la prise en charge précoce de cette pathologie qui affecte pas moins de 1% de la population algérienne.
Cette journée, organisée hier à l’hôtel Mercure (Alger), par le laboratoire pharmaceutique «Janssen Algérie», en collaboration avec le ministère de la Santé, a été mise à profit pour débattre la prise en charge de la schizophrénie en Algérie, qui, selon les spécialistes, fait face à «diverses contraintes» en termes du nombre de praticiens et de structures spécialisés.
Intervenant, lors d’une conférence de presse tenue en marge de cette journée, le professeur Mohamed Chakali a évoqué le plan national de promotion de la santé mentale, mis en œuvre depuis 2017 dans le but d’organiser les ressources  pour répondre au «mieux» aux besoins de santé mentale en Algérie, et souligné l’importance de ce plan qui accorde la priorité à la formation des médecins généralistes. Une formation qui constitue, selon lui, la «pierre angulaire» du système de santé, en général, et dans le dépistage et prise en charge précoce des pathologies mentales, en particulier.
Il fera savoir, dans ce sillage, que plus de 800.000 consultations spécialisées au niveau des différents services de psychiatrie ont été enregistrées.
Poursuivant ses propos, le psychiatre a affirmé que la schizophrénie, une pathologie qui touche les sujets âgés de 15 à 25 ans, affecte 1% de la population algérienne, soit plus de 420.000 personnes.
Relevant l’importance de la formation spécialisée des troubles mentaux, l’intervenant a mis l’accent sur la nécessité de former «davantage» de médecins en vue d’assurer une «continuité» et un «rééquilibrage» en soins, aussi bien en hospitalisation qu’en ambulatoire. Il fera part, par ailleurs, du manque enregistré en termes de lits, dont le nombre est estimé à 5.000 au niveau des structures de soins, considérant ce nombre en-deçà des besoins, notamment pour la prise en charge des cas sévères qui nécessitent une hospitalisation.
Le Pr Chakali a également évoqué le problème de non-application des textes réglementaires, appelant à la mise en place de «passerelles» entre les secteurs public et privé.
L’orateur mettra en garde l’assistance sur certaines pratiques pouvant être gravement nuisibles  à la santé de ces malades, appelant à la sensibilisation de la société quant à une meilleure compréhension de la pathologie.
L’accent sera mis, dans ce cadre, sur la question du recours systématique à la médecine parallèle et aux guérisseurs, dû à une méconnaissance de la maladie  qui demeure chez  certaines familles «taboue».
Selon le Pr Chakali, la prise en charge de la schizophrénie, qui est une maladie chronique, nécessite de plusieurs secteurs : la santé, la solidarité et la sécurité sociale, tout en soulignant le rôle que doit jouer la famille dans ce processus.
De son côté, le Pr Farid Kacha, chef de service  psychiatrie à l’EHS de Chéraga (Alger), a fait part de la complexité de la maladie qui réside dans «la difficulté d’identification» de ses symptômes par le praticien.
Il note, dans ce cadre, l’importance d’impliquer les psychologues dans le processus de prise en charge des malades atteints de schizophrénie.

Lancement d’une enquête sur la situation épidémiologique de la schizophrénie

Pour sa part, le Pr Mohamed Tayeb Benatmane, chef de service psychiatrie au CHU Mustapha-Pacha, a insisté sur l’importance de détecter les premiers signes qui peuvent alerter les parents sur l’état de leur enfant. Il cite, dans ce sens, la modification du comportement comme l’isolement, le manque de sommeil, l’irritabilité et la baisse du rendement scolaire, appelant les parents à prendre au sérieux ces troubles dès leur apparition. «Les parents doivent être proches de leurs enfants dès leur jeune âge afin de détecter les symptômes révélateurs de troubles mentaux», a-t-il fait remarquer, non sans insister sur la prise en charge «précoce» pour éviter l’installation de la «psychose».
Le Pr Benatmane, qui est également président de la société algérienne d’épidémiologie psychiatrique, a fait part de la disponibilité du traitement, et précisé que les médicaments destinés à la schizophrénie sont actuellement beaucoup plus tolérés et peuvent donner, grâce à une prise en charge «adéquate», des résultats «spectaculaires».
Il a, par ailleurs, annoncé le lancement, en collaboration avec le ministère de la Santé et l’Institut national de santé publique (INSP),  d’une enquête sur la situation épidémiologique de la schizophrénie.
«Ceci permettra d’optimiser la prise en charge de cette pathologie qui figure parmi les problèmes de santé publique», a-t-il souligné. Présente à cette journée, Mme Salima Kheireddine, présidente de l’Association des parents et amis des malades mentaux (APAMM), créée en 2000, a appelé les pouvoir publics à apporter assistance aux familles des malades qui vivent dans une précarité sociale. «Il faut savoir qu’il existe des cas où l’on retrouve 3 à 5 malades dans une même famille», a souligné la présidente de l’APAMM, qui ne ménage pas d’efforts pour «aider ceux qui viennent frapper à la porte de l’association».
    Kamélia Hadjib

 

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