dimanche 21 juillet 2019 12:44:55

Intoxications alimentaires les risques plus élevés : Avec les grandes chaleurs

Entre prise de conscience et insouciance

PUBLIE LE : 16-06-2019 | 0:00
D.R

Avec les grandes chaleurs, les risques d'intoxication alimentaire sont plus élevés. Malgré les campagnes  de sensibilisation et les appels à la vigilance lancés par différentes associations et le ministère du commerce afin que le consommateur ait conscience d'acheter des produits étiquetés, de faire ses achats chez des personnes dignes de confiance, plusieurs cas d’intoxication sont enregistrés dans plusieurs régions du pays.

Pas plus tard que ce vendredi, 30 personnes ont été victimes d’intoxication alimentaire dans la commune d’El H'madna, dans la wilaya de Relizane, a-t-on appris d’une source hospitalière. 
En mars dernier cent-vingt-deux élèves ont été victimes  d'une intoxication alimentaire dans trois écoles primaires de la commune de Haizer, dans la wilaya de Bouira. Durant les premiers jours du mois du ramadan, une trentaine de personnes ayant consommé de la pâtisserie à Constantine présentant les symptômes d’une toxi-infection alimentaire, tels les vomissements et les douleurs abdominales, venant tous de la cité populeuse des frères Abbès (Oued El Had), ont convergé vers le CHU de la wilaya  après le f’tour… Il s’agissait selon des témoignages, confirmés par des sources médicales, d’une intoxication alimentaire collective causée par la consommation de tartelettes, achetées chez un pâtissier du quartier !
Chaque année, près de 10.000 cas y sont enregistrés, notamment dans la période d’été connue pour être la saison idéale quant à la prolifération des infections d’ordre alimentaire. Une période qui donne aux germes le temps de se multiplier dans des espaces et des commerces ne répondant pas aux moindres normes d’hygiène. Les produits alimentaires incriminés seraient des denrées animale et générale, les pâtisseries, les pizzas, les œufs et les produits laitiers. les intoxications ont tendance à se multiplier en ces temps de grosses chaleurs et afin de réduire les risques de ces empoisonnements de l’été,  des campagnes de sensibilisation sont lancées par plusieurs associations à l’adresse des citoyens en donnant des recommandations de consommation. L'objectif premier de ces campagnes est de sensibiliser les citoyens aux moyens d'obtenir un produit alimentaire sain, aux mesures d'hygiène, à la conservation du produit ainsi qu'au respect de la chaîne de froid et aux règles d'étiquetage. Il s’agit de leur apprendre comment distinguer les produits conformes aux normes de ceux qui ne le sont pas. Des explications sur les dangers résultants du non-respect des règles d'hygiène, de production et des conditions de conservation des produits alimentaires, notamment la chaîne du froid, sont fournies aux commerçants et producteurs des denrées alimentaires. Il faut dire qu’en ces temps de grandes chaleurs, les marchands activant dans l’informel continuent, en dépit de la traque des services de la répression de la fraude, d’étaler leurs marchandises sans la moindre mesure d’hygiène. En dépit des mesures draconiennes qui sont prises depuis quelques années afin de combattre ce phénomène mortel, les résultats tardent à venir.

Entre prise de conscience  et insouciance 

A titre d’exemple, il a été procédé à l’introduction au niveau des frontières de nouveaux outils de contrôle comme les valisettes portables et les détecteurs de radioactivité, la réalisation de plusieurs laboratoires de contrôle au niveau national ainsi que le recrutement de 5.000 agents formés aux nouvelles technologies. Ces nouveaux mécanismes n’ont pas mis fin aux dépassements et aux intoxications. Pis encore, les communiqués et les menaces de poursuite judiciaire, brandis à l’encontre des contrevenants, ont été vains, puisque la réalité constatée sur le terrain nous renseigne sur le fossé qui existe entre ce discours et les pratiques en cours. Les associations de protection des consommateurs, tout en appelant à plus de vigueur à l’égard des contrevenants, axent leurs actions sur un travail de sensibilisation qui demeure pour eux le seul rempart contre les agissements des commerçants, restaurateurs et autres. Et en dépit des messages délivrés par le ministère du Commerce et celui de la Santé par des spots télévisuels, il ne passe pratiquement pas une semaine sans que la presse signale, çà et là, des intoxications alimentaires collectives. On incrimine, le plus souvent, la mauvaise conservation des produits alimentaires, soit par méconnaissance des règles élémentaires, soit par insouciance délibérée, souvent sous-tendue par l’appât du gain. On parle volontiers de rupture de la chaîne de froid alimentaire, difficilement maîtrisable, de part la multitude d’opérateurs et l’absence de cadre disciplinaire. Les intervenants agissent, chacun à son propre compte. Le facteur moral joue, pour une large part, un rôle déterminant dans la préservation de cette chaîne ; du fabricant du produit dit périssable, au distributeur, au transporteur, au livreur jusqu’au commerçant. Chacun de ces acteurs peut, par son mauvais rôle, créer la tragédie.  Certains commerçants dégonflent avec une pointe d’aiguille le couvercle du pot de yaourt ou tout autre produit laitier pour déprimer « l’enflure », la date de péremption «faisant foi». D’autres positionnent sciemment à la baisse le bouton de contrôle du réfrigérateur ou du comptoir frigorifique, afin de réduire la consommation électrique. Parfois c’est carrément l’arrêt de fonctionnement des appareillages pendant les pauses. N’est-ce pas criminel ? Tout le monde sait que la rupture de la chaîne de froid  provoque comme conséquence l'élévation des températures prescrites. Toute hausse de température provoque et accélère la croissance microbienne et réduit la durée de vie du produit : un produit sain peut devenir un produit à risque, l'aspect et le goût peuvent se dégrader. La date indiquée sur l'étiquette ne reste valable que si la température de conservation indiquée est respectée. En cas de rupture de la chaîne du froid, les aliments dégèlent, puis regèlent ce qui permet aux bactéries de se développer. L'ingestion de ces bactéries peut alors entraîner une intoxication alimentaire  dont les effets varient selon la fragilité de l'individu, pouvant être de la diarrhée, de la fièvre ou aller jusqu'à la mort. Le seul problème que peut cerner le consommateur, qui est partie prenante et responsable de la préservation de sa santé, réside dans sa prise de conscience, à l’effet de se départir de cette insouciance qu’il manifeste en achetant délibérément des produits périssables exposés à l’air libre. De la consommation des laitages, aux fromages, aux œufs, aux viandes, hachées notamment, au niveau des fast-foods et pâtisseries, des risques parfois mortels le guettent. Les commerçants, dont la responsabilité civile et pénale est engagée, doivent travailler avec conscience en vaillant à la protection de la santé des consommateurs et en garantissant hygiène, propreté et respect de la chaîne du froid.           
R. S.
 

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