mardi 23 juillet 2019 02:45:57

M. Salah Goudjil, président du conseil de la nation : ouvrir la voie à une « véritable démocratie »

M. Goudjil s’entretient avec Gérard Larcher

PUBLIE LE : 15-06-2019 | 0:00
D.R
«Le mouvement populaire en Algérie ouvrira la voie à une véritable démocratie qui conduira inévitablement à l’indépendance croissante de la décision politique nationale», a affirmé, hier à Paris, le président du Conseil de la nation par intérim, Salah Goudjil. 
 
Le récent mouvement populaire que notre pays connaît, caractérisé par l’aspect pacifique et civilisé, des manifestations, des Algériennes et Algériens, témoigne de la vitalité du peuple algérien dans son interaction avec les questions d’intérêt public», a-t-il fait remarquer, dans une intervention, lors de la XXe réunion de l’Association des Sénats d’Europe, à laquelle l’Algérie a été invitée, à l’instar d’autres pays africains. «Ce mouvement ouvrira la voie à une véritable démocratie, consolidée et approfondie où tout le monde devra y contribuer, ce qui conduira inévitablement à l’indépendance croissante de la décision politique nationale», a-t-il ajouté lors de la première session dédiée au Dialogue euro-africain des deuxièmes chambres. 
A cet effet, il a tenu à affirmer que le peuple algérien «a souligné, en toute conscience et responsabilité, le souci de protéger son pays et son désir de faire progresser le pays vers un avenir démocratique, prometteur et prospère», indiquant que le dialogue global, tel que souligné par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, lors de son dernier discours à la nation, «reste la voie la plus appropriée, pour réaliser les aspirations du peuple algérien». 
Par ailleurs, il a indiqué que le monde d’aujourd’hui a «désespérément» besoin, de promouvoir les valeurs de paix et de dialogue, «afin de faire face aux défis et menaces actuels et de régler les conflits existants par des moyens pacifiques», estimant que l’Afrique doit approfondir sa pratique démocratique. 
«Dans le même contexte, le continent africain doit approfondir sa pratique démocratique, avec la nécessité de consolider l’indépendance de la décision politique qui devrait se généraliser dans la pratique politique en Afrique», a-t-il souligné, considérant que ce continent doit «impérativement» éliminer ses dernières poches de colonialisme, «en permettant à ses peuples d’exercer leur droit à l’autodétermination comme le requiert la légalité internationale». 
Pour le président du Conseil de nation par intérim, assurer la sécurité, soutenir la paix et la stabilité, réaliser la prospérité, promouvoir le développement économique, social et technologique et créer des opportunités communes, «sont toutes des aspirations, qui peuvent être réalisées, grâce à une approche de coopération équilibrée entre l’Afrique et l’Europe».
 
La question du développement, envisagée dans le cadre d’une approche globale et inclusive 
 
M. Goudjil a estimé que les relations afro-européennes ont besoin d’une poussée «réelle» et doivent être «plus efficaces». «(… ) les relations afro-européennes ont besoin d’une poussée réelle et doivent être plus efficaces, pour toutes formes d’intégration et d’interaction entre les organismes continentaux et régionaux», a-t-il expliqué dans son allocution. 
Il a indiqué que le continent africain, sous la conduite de l’Union africaine, est engagé aujourd’hui dans une vaste entreprise de réhabilitation globale politique et économique pour «faire de ce dernier un acteur majeur et incontournable dans les relations internationales», ajoutant que depuis la création de l’UA en 2000, l’Afrique est «pleinement» investie dans les tâches essentielles d’édification et de modernisation de l’Etat afin de «renforcer le statut de la notion d’Etat, pérenniser sa stabilité, assurer la sécurité de sa population». 
Cependant, il a avoué que cette tâche «n’est pas facile», car le continent africain «connaît toujours des crises et des conflits et fait toujours l’objet de menaces et défis asymétriques tels que le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et l’extrémisme violent». 
«En outre, il subit aussi les défis liés aux mouvements migratoires et aux problèmes environnementaux, y compris le changement climatique, ce qui nécessite une coordination accrue et des efforts concertés pour y faire face», a-t-il précisé, rappelant dans ce contexte les années du terrorisme qu’a connues l’Algérie. 
«Je voudrais rappeler ici, que l’Algérie a souffert des années durant, du fléau du terrorisme, qu’elle a pu vaincre par ses propres moyens, tout en adoptant, une stratégie globale fondée non seulement sur des solutions sécuritaires, mais également sur une approche intégrée, combinant des solutions politiques et économiques et des réformes globales consacrées dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale», a-t-il expliqué. 
Pour le président du Conseil de la nation par intérim, la question du développement constitue «toujours» pour les pays africains, «un véritable dilemme, qui doit faire l’objet d’une analyse approfondie et permanente, ce qui en fait une de ses priorités essentielles», faisant observer que le dialogue euro-africain escompté, est celui qui «établit comme priorité le développement des ressources humaines et rend disponible les investissements qui garantissent la croissance, la paix et la sécurité du continent». 
Il a plaidé dans ce sens pour une «plus grande et créative synergie», entre les efforts du continent africain et de l’Union européenne, qui accroîtra «considérablement», selon lui, la valeur et la rentabilité de leurs partenariats, en faveur de la paix, du développement et des espoirs communs. 
C’est dans sens, a-t-il ajouté, que l’Algérie «a toujours tenu à plaider en faveur d’un partenariat fondé sur les principes de l’équilibre et de l’égalité avec les partenaires extérieurs au continent». 
«Mon pays a également tenu à renforcer sa contribution au développement d’un continent africain pacifique et sécurisé, pour pouvoir s’attaquer, par la suite aux problèmes de développement et autres défis», a-t-il ajouté, soulignant que l’Algérie considère que la question du développement «doit être envisagée dans le cadre d’une approche globale et inclusive, impliquant fondamentalement le développement économique et social ainsi que la promotion et l’émancipation de l’être humain, qui doit être la base et la finalité de tout processus de développement». 
Au sujet du bicaméralisme, Salah Goudjil a rappelé son importance comme «régime politique moderne», surtout en termes d’équilibre et de stabilité de l’ensemble des institutions politiques nationales. Il a indiqué, dans ce contexte, que l’expérience du bicaméralisme en Algérie «s’est avérée positive et porteuse en ce qu’elle a fondamentalement contribuée à asseoir la pratique démocratique, notamment à travers le développement de l’activité parlementaire et des synergies entre les deux chambres et les autres institutions nationales».  
Dans un mot de bienvenue, Gérard Larcher a indiqué que cette réunion sera aussi placée, à titre exceptionnel, sous le signe d’un dialogue avec des pays d’Afrique comportant une seconde chambre. 
«En effet, nos pays doivent faire face à des défis communs et je pense qu’il est de notre intérêt partagé de les relever ensemble, qu’il s’agisse du développement, de l’éducation, de la résolution de crises, de l’environnement et des conséquences du réchauffement climatique ou des phénomènes migratoires».

M. Goudjil s’entretient avec Gérard Larcher

Le président du Conseil de la nation par intérim, Salah Goudjil, s’est entretenu jeudi dernier à Paris avec le président du Sénat français, Gérard Larcher, en marge des travaux de la 20e réunion des Sénats européens. A l’issue de l’entretien qui a porté sur les relations entre les deux chambres parlementaires, le président du Conseil de la nation par intérim a signé le Livre d’or du Sénat. 
M. Goudjil, qui conduit la délégation algérienne, participe à la 20e réunion de l’Association des Sénats d’Europe à Paris. Cette réunion se penchera sur «Le bicamérisme, un atout pour la démocratie» et sera placée, à titre exceptionnel, sous le signe d’un dialogue avec des pays d’Afrique comportant une seconde chambre. 
Les travaux, auxquels participe une vingtaine de délégations, s’articulent également, autour du dialogue euro-africain des deuxièmes chambres de Parlements, comme l’a indiqué le programme officiel.    
Outre la délégation algérienne et les pays membres de l’Association des Sénats d’Europe, d’autres pays africains ont été invités à cette réunion, comme le Gabon, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la République du Congo.
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