lundi 17 juin 2019 15:03:37

Kenza Djouama à la galerie « Ifru Design » : « AZAR », du talent à en revendre

Elle est jeune, 26 ans, et déjà elle a du talent à en revendre. Autant le signifier aussi à travers la célèbre citation «aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années».

PUBLIE LE : 13-06-2019 | 0:00
D.R

Elle est jeune, 26 ans, et déjà elle a du talent à en revendre. Autant le signifier aussi à travers la  célèbre citation «aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années».

Pourquoi avoir choisi «Azar» comme thème d’exposition ?  Eh bien « Azar », qui signifie «Racines» en tamazight, est justement le nom d’artiste de Kenza Djouama. Cette native de Bologhine (nord d’Alger) illustre les personnages de sa poésie par des corps de femmes et d’hommes qui existent, alliant poésie et peinture. «J’aime conserver les belles âmes par l’encre et le papier», opine-t-elle. A bien regarder les toiles exposées, on est vite saisi par le fait que chaque tableau semble raconter une histoire, par un mélange subtil de mots et de coups de pinceaux.
En fait, l’artiste, universitaire de formation, poétesse à ses heures et autodidacte dans le domaine des arts plastiques, se dit «passionnée par le surréalisme et la littérature». C’est un peu tout cela qui, en quelque sorte, l’a conduite à exprimer ses états d’âme par des créations plastiques tout à fait originales, qui en tout cas sortent des sentiers battus de la créativité ordinaire, simpliste. A bien regarder ses toiles, on a le sentiment  que Kenza Djouama n’est pas venue par «Azar» à la peinture artistique et pour cause… Déterminisme culturel oblige, elle a évolué dans une famille d’artistes qui a inspiré ses débuts. «Ma mère, raconte-t-elle, était ma première source d’inspiration : sa voix quand elle chante, ses mots, sa poésie quand elle parle et son amour pour la nature. Elle m’a nourrie d’art.»  
L’artiste plasticienne ne s’en arrêtera pas là. Elle dit d’ailleurs «aimer fuir le milieu urbain avec sa peinture» : «Le besoin que je ressens de dessiner des branches et des racines est vital. La femme est la vie, j’aime l’honorer dans mes dessins.»  

L’histoire pour ainsi dire d’une « renaissance »…

Toute observation faite, l’univers de Kenza Djouama semble fait de fleurs en épanouissement, de visages en noir et blanc, de corps parfois mouillés par un camaïeu de couleurs…
Autant de personnages qu’elle aimerait voir «renaitre par les racines d’une terre, grandissant à travers les branches d’un arbre».Toute la subtilité de son travail oscille visiblement entre une forme artistique toujours «potentielle», presque tridimensionnelle parce qu’elle y est encore énergétique, et un travail sur le subliminal, la face cachée de l’œuvre.  Plutôt que de vouloir occuper l’espace, le travail de l’artiste raconte, dans un style poétique transcendantal, l’histoire, pour ainsi dire, d’une «renaissance» où l’homme s’est lui-même sublimé dans un contact avec l’absolu (Dieu, le moi exclusif), c’est-à-dire en accédant à l’éternité illusoire du «Nom». Tout se passe ainsi comme si «cette histoire» contamine de son hypothétique «réalité» celle de l’œuvre plastique, laquelle semble condamnée à ne rester qu’à l’état d’esquisse, de forme impuissante face à l’épaisseur irréductible du réel.  Pour tout dire, une exposition à visiter absolument, ne serait-ce que pour la forte symbolique qui en émane, symbolique associée avec talent à une consubstantielle charge mythologique.   Jusqu’au 19 juin 2019, à la galerie «Ifru Design», 139, boulevard Krim-Belkacem, Telemly, Alger.
Kamel Bouslama

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