lundi 17 juin 2019 14:59:53

Grand angle : Feu de paille

Il faut croire que le dossier du nucléaire nord- coréen est bien plus complexe que ne l’a cru le président Donald Trump.

PUBLIE LE : 12-06-2019 | 0:00
D.R

Il faut croire que le dossier du nucléaire nord- coréen est bien plus complexe que ne l’a cru le président Donald Trump. L’enthousiasme suscité par le premier Sommet entre les deux dirigeants il y a un an, jour pour jour aujourd’hui, a fait long feu. Pourtant ce n’est pas faute d’y avoir cru. Ultra médiatisé, le premier Sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump à Singapour a été voulu et présenté comme le début d’une nouvelle ère, tant dans les relations américano-nord-coréennes que dans la péninsule coréenne. Le temps du changement était selon les deux dirigeants venus. Mais les attentes suscitées et les progrès promis ont vite été contrariés par les exigences mises sur la table des pourparlers. Dès lors, le sentiment que le rapprochement n’aura duré que le temps d’un sommet a commencé à s’imposer. Et d’aucuns ont même évoqué l’échec de cette tentative lancée après plusieurs semaines d’une tension extrême, même si, de part et d’autre, du côté de Trump surtout, on a tenté de sauver la face en se donnant une nouvelle chance de relancer le processus de pourparlers, au point mort aujourd’hui. Mais la tenue d’un second Sommet au mois de février à Hanoï entre les deux hommes aura fait plus de mal que de bien et l’espoir d’un accord sur le nucléaire s’est encore éloigné un peu plus. L’échec latent jusqu’à ce rendez-vous était devenu patent. On en voudra pour preuve l’annulation du déjeuner qui devait réunir les deux dirigeants et qui était prévu pourtant dans l’ordre du jour du sommet. Donald Trump et Kim Jong Un n'ont pas réussi à s'entendre sur ce à quoi le Nord doit renoncer en échange d'un allègement des sanctions. Pis encore, depuis ce deuxième Sommet raté, Pyongyang accuse Washington de « mauvaise foi » et lui a donné jusqu'à la fin de l'année pour changer de stratégie. « Nous sommes passés de ce qui ressemblait à de l'optimisme et de l'espoir à l'incertitude », estime Harry Kazianis, du groupe de réflexion néo-conservateur américain Center for the National Interest. Pour chacune des deux parties, c’est l’autre qui porte la responsabilité de l'échec. Pourtant les Américains continuent de croire à la conclusion d’un accord historique sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Un jour peut-être car pour l’heure rien ne laisse croire que cet accord sera conclu dans les prochains mois. Selon l'Eurasia Group, qui évalue à 10%, les chances d’un troisième Sommet cette année, les deux dirigeants vont faire traîner les choses « pour éviter que le dialogue ne déraille complètement ».
Nadia K.

 

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