lundi 17 juin 2019 14:51:05

Kosovo - Serbie : Paix fragile

20 ans après, entre Albanais et Serbes du Kosovo les souvenirs sont vifs.

PUBLIE LE : 12-06-2019 | 0:00
D.R

20 ans après, entre Albanais et Serbes du Kosovo les souvenirs sont vifs. L’intervention des troupes de l’Otan, un certain mars 1999, a bouleversé l’histoire de la région en mettant fin à une guerre intercommunautaire dans l'ex-Yougoslavie, d’une rare violence qui continue de défrayer les annales judiciaires et heurter la mémoire des hommes. La résolution 1244 de l'ONU votée deux jours plus tôt, plaçait le Kosovo le 12 mai 1999, sous protection internationale. Une décision qui sera commémorée aujourd’hui. Opposant depuis 1998 les forces serbes et une guérilla indépendantiste kosovare albanaise, ce conflit avait coûté la vie à plus de 13.000 personnes (dont plus de 11.000 Albanais, 2.000 Serbes et quelques centaines de Roms) quand plus de 800.000 Kosovars albanais s'entassaient dans des camps de réfugiés.
Moins de quatre ans après la fin des guerres de Bosnie et de Croatie, atrocités contre les civils et épuration ethnique ont entraîné une campagne de bombardement occidentale, menée durant trois mois sans mandat de l'ONU. L'homme fort de Belgrade, Slobodan Milosevic, avait jeté l'éponge et ordonné le retrait de ses troupes de cette province méridionale majoritairement peuplée d'Albanais, mais que les Serbes considèrent jusqu’à présent comme leur berceau historique et religieux. Entre Belgrade et Pristina, la défiance est vivace à la hauteur des sujets qui fâchent et les sujets de la discorde sont nombreux.
Le Kosovo fait de sa reconnaissance par Belgrade une condition à toute normalisation de leurs relations. Or la Serbie inscrit dans sa constitution sa tutelle sur son ancienne province majoritairement peuplée d'Albanais.    Pour Pristina, sa souveraineté repose sur sa déclaration d'indépendance de 2008, reconnue par plus de 110 pays, et rejetée par Russes et Chinois ainsi que par cinq pays membres de l'Union européenne. La guerre douanière fait aussi partie du lourd contentieux. Après son échec à intégrer Interpol dont il impute la responsabilité à la Serbie, le Kosovo a appliqué fin 2018 des droits de douanes de 100% sur les produits d'importation serbes.
La Première ministre serbe, Ana Brnabic, a affirmé que son pays perdait 42 millions d'euros par mois. Belgrade refuse toute reprise du dialogue avec Pristina, jusqu'à la suppression de cette taxe. Mais le Premier ministre kosovar, Ramush Haradinaj, cette politique ne changera pas tant que la Serbie ne reconnaîtra pas le Kosovo. Par ailleurs, une dans une dizaine d'enclaves Pristina ne parvient pas à imposer sa souveraineté.
L’absence de recensement des Serbes du Kosovo divise ses enclaves et même des villes comme Mitrovica dans le nord. En 2013, un accord prévoyait la création de dix "municipalités", des collectivités pour ces territoires peuplés majoritairement de Serbes. Il n'a jamais été mis en œuvre, les deux capitales ne s'entendant pas sur leurs compétences. Pour bon nombre d’observateur, le processus qui mène vers une paix durable est loin d’être achevé.
L’appel récent de Washington au dialogue entre les deux voisins démontre à quel point le calme actuel demeure fragile
M. T.

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