Contestation au Soudan : « Désobéissance civile illimitée »

Le Soudan est paralysé par une «vraie désobéissance civile», décidée par les contestataires qui ont appelé hier à poursuivre ce mouvement pour obtenir le départ des militaires et la remise des clefs du pouvoir à un gouvernement civil, alors que les mesures de sécurité ont été renforcées à travers le pays, «pour un retour à la vie normale».
PUBLIE LE : 10-06-2019 | 23:00

Le Soudan est paralysé par une «vraie désobéissance civile», décidée par les contestataires qui ont appelé hier  à poursuivre ce mouvement pour obtenir le départ des militaires et la remise des clefs du pouvoir à un gouvernement civil, alors que les mesures de sécurité ont été renforcées à travers le pays, «pour un retour à la vie normale».

Cette campagne de "désobéissance civile illimitée" a commencé dimanche dernier à l'appel de l'Association des professionnels soudanais (SPA), acteur majeur de l'opposition civile, qui accuse les militaires au pouvoir d'être derrière le "massacre" de lundi dernier lorsque les forces de sécurité soudanaises ont dispersé violemment un sit-in devant le QG de l'armée dans la capitale Khartoum (des dizaines de morts et de blessés). Les évènements de lundi et la "répression" qui s'en est suivie ont provoqué un tollé international et poussé les contestataires à accentuer davantage la pression sur le Conseil militaire de transition (CMT) pour qu'il cède le pouvoir aux civils, refusant ainsi tout dialogue avec les militaires "qui tuent les gens", selon le SPA, alors que les négociations sont déjà dans l'impasse depuis le 20 mai en raison de divergences persistantes sur la transition. Malgré un premier jour de désobéissance sanglant (quatre morts), le SPA parle d'"un succès" et demande aux Soudanais de poursuivre le mouvement jusqu'à l'avènement d'un gouvernement civil. Selon un comité de médecins proche de la contestation, deux personnes ont été tuées dimanche dernier par balles à Khartoum et dans la ville voisine d'Omdourman, tandis que deux autres, "battues et poignardées", sont mortes dans un hôpital d'Omdourman. Ces personnes ont été victimes "du Conseil militaire de transition" et de ses "milices", a accusé le comité. En réponse à ces accusations, un membre du Conseil militaire a dénoncé les "pratiques déraisonnables" du mouvement de contestation lui faisant porter "l'entière responsabilité des évènements. En outre, le Conseil a décidé de "renforcer la présence des forces armées et des autres forces régulières pour un retour à la vie normale", a prévenu ce membre du Conseil, le général Jamal el-Din Omar, dans un discours télévisé. Le Conseil militaire de transition est au pouvoir depuis la destitution le 11 avril par l'armée du président Omar al-Bachir, après 30 ans au pouvoir.
M. T. et Agences

 


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