lundi 17 juin 2019 14:58:12

Archives détenues par la France : Aucun document n’a été restitué depuis 2010

Les discussions engagées par l’Algérie pour la restitution des archives nationales détenues par la France n’avancent pas. Ils sont en tout cas en deçà des espérances.

PUBLIE LE : 10-06-2019 | 0:00
D.R


Les discussions engagées par l’Algérie pour la restitution des archives nationales détenues par la France n’avancent pas. Ils sont en tout cas en deçà des espérances. Selon Abdelmadjid Chikhi, le terrain semble semé d’embûches. Bureaucratie et absence de volonté politique freinent visiblement la  démarche.
Le DG des Archives nationales a pointé du doigt, lors de son passage à l’émission «Invité du matin», de la Chaîne I,  la «lenteur» qui caractérise ces opérations. «Les procédures règlementaires lentes et le changement de responsables à la tête des institutions des deux pays retardent la récupération de ce pan important de la mémoire collective des Algériens», a-t-il dit. Il a déclaré que l’Algérie avait tenté à plusieurs reprises d’ouvrir un canal de discussion avec la partie française et d’autres pays sur la question de la récupération des archives, mais que des obstacles avaient été rencontrés. «Du côté français, nous n’avons reçu aucun document en raison de la procrastination», a-t-il déclaré.
L’intervenant a expliqué que la partie française a réparti les archives en deux parties. L’une concerne les archives de gestion, dont ce pays a accepté d’en remettre une partie, à l’exemple des archives de gestion de la ville d’Alger entre 1830 et 1962, et l’autre partie concerne les archives de souveraineté, et là, la France insiste sur le principe d’accepter des copies de nos archives et de renoncer à notre droit de propriété, chose que l’Algérie n’acceptera jamais. L’invité de la radio précise que son département exige les archives originales, et non la version électronique présentée par la France. «Je soulève ici le problème de la non-coopération des autorités publiques à tous les niveaux et dans tous les secteurs, qui doit être soulevé lors de la réunion avec la partie française», a affirmé Abdelmadjid Chikhi. À ce propos, le DG a regretté le fait que le secteur des archives ne dispose pas de la coopération nécessaire pour devenir une institution importante, et donc capable de remplir ses fonctions.
Par ailleurs, M. Chikhi a souligné que l’Algérie avait joué un rôle actif au sein du Conseil international des archives dans la critique et la participation positive, mais que ce conseil, a-t-il ajouté, est sorti de son cadre et devenu presque une organisation touristique où des réunions se tiennent ici et là à travers le monde sans résultats tangibles. «Je prends en exemple le cas des archives nationales algériennes pillées, contre lequel le Conseil international des archives n’a rien fait. J’ai eu une dure confrontation avec le Conseil jusqu’à ce que je puisse établir une commission au niveau de ce dernier ; cependant, le Conseil n’a pas agi du tout dans ce domaine», a-t-il justifié.
Le problème, selon lui, ne se pose pas avec la France uniquement, mais avec d’autres pays. «Ne faites pas une fixation sur la France. Nous avons des archives en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Turquie, aux États-Unis. Nous préférons donc parler de façon générale.
Nous recherchons nos archives là où elles sont», a-t-il soutenu. L’hôte de la radio a fait savoir que la première demande algérienne remontait à 1964, soulignant que les autorités politiques ont entrepris depuis de nombreuses démarches pour restituer ces archives  spoliées ou déplacées en France, pendant et après l’indépendance.  
Sarah A. Benali Cherif

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