dimanche 16 juin 2019 06:49:38

M. Noureddine Bahbouh, président de l’UFDS, invité de notre Forum : Ouvrir la voie à un dialogue constructif

«L’armée doit être facilitatrice de la période de transition»

PUBLIE LE : 27-05-2019 | 0:00
D.R

Le président de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS), M. Noureddine Bahbouh, considère qu’il n’existe pas d’autre solution à la situation délicate que traverse le pays que celle du dialogue.

Invité hier à notre Forum, le président de l’UDF affirme que l’annulation de l’élection présidentielle du 4 juillet par le Conseil constitutionnel se fera de fait et que l’annonce officielle se fera dans les toutes prochaines heures. «On a demandé, depuis l’annonce de ces élections, de les reporter, car il est impossible, voire irréalisable d’organiser un scrutin avec les mêmes personnes qui ont toujours fait partie du système et que le peuple rejette, comme il est impossible de tenir des élections sans les magistrats qui ont refusé de les superviser et des autorités locales qui ont affiché leur refus de les organiser», a déclaré M. Bahbouh, considérant qu’«il faut passer maintenant à un dialogue constructif, incluant les partis de l’opposition et les personnalités politiques, pour débattre sur trois problèmes particuliers : convenir d’une date des élections, débattre de la loi sur les partis politiques, et définir le rôle et les pouvoirs de la Haute instance d’organisation des élections». Mais, dialoguer avec qui ? et quels sont les contours de ce dialogue ?

«La transition doit être rapide et constructive»

 Pour Noureddine Bahbouh, la réponse à cette  question est primordiale et évidente en même temps. «Puisque les institutions de l’État ne font pas leur travail et ne jouent pas leur rôle, et que l’institution militaire est la seule force qui reste, on demande que l’institution militaire soit facilitatrice et accompagnatrice pour la tenue du dialogue», dit le président de l’UFDS, qui ne veut pas que l’on comprenne que son parti est de ceux qui veulent faire jouer un rôle politique à l’armée, même si, d’un autre côté, il reconnaît le mérite à cette même armée pour avoir joué un rôle politique en appelant à l’activation de l’article 102 de la Constitution.
«L’institution militaire a sauvé le pays d’un scénario dramatique et chaotique», dit notre invité. Comment ne pas faire impliquer l’ANP dans un rôle politique, si l’on demande à ce qu’elle soit l’interlocutrice principale dans ce dialogue ? Notre invité dit qu’«on n’a aucun complexe à dialoguer directement avec l’institution militaire, du moment que celle-ci répondra aux revendications des Algériens et accompagnera une transition rapide et constructive».
Notre invité estime que s’il faut sortir du cadre de la Constitution pour trouver des dénouements à cette crise, «on le fera», mais qu’il existe dans cette même Constitution des solutions qui pourraient nous faire éviter toute violation des lois. Le plus urgent, selon M. Bahbouh, est de mettre en place un organisme appelé à gérer la transition politique, que c’est à sa composante qu’il appartient, «durant une période de six mois au maximum», de gérer le pays, par le biais, précise-t-il, d’un gouvernement de technocrates, avec, pour mission fondamentale, la préparation de l’élection présidentielle.
M. Nourredine Bahbouh rappelle que le blocage auquel est soumise l’Algérie, en raison des difficultés à amorcer un dialogue, contribue à accentuer dangereusement la crise économique et un marasme qui, selon lui, est en train de se manifester au niveau des administrations et l’inquiétude qui se crée, jour après jour, au sein de la population, des  risques qui devraient inciter à déboucher «le plus tôt possible» sur une période de transition destinée à légitimer le pouvoir.  
M. Bahbouh se déclare, par ailleurs, contre l’idée d’une période transitoire de deux années, lui préférant celle de six mois. Il considère qu’il ne pourrait en être autrement, compte tenu, explique-t-il, des dangers pouvant entraver la relance de l’économie nationale et d’avoir à subir «les contraintes du FMI».
Pour ce qui est du débat à ouvrir sur la nouvelle Constitution et sa rédaction, l’intervenant estime qu’en raison des risques de «nature idéologique», celui-ci, insiste-t-il, ne devrait avoir lieu que «lorsqu’il y aura un pouvoir et des institutions légitimes».
Farida Larbi

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« La poursuite judiciaire dans des affaires de corruption est nécessaire »

L’ancien ministre et le secrétaire général de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS), Noureddine Bahbouh, a souligné, hier, lors de son passage à notre Forum, la nécessite de la poursuite judiciaire des hauts responsables impliqués dans des affaires de corruption et de délit d’influence pour des fins «ne servant pas du tout le pays».
À cette occasion, M. Bahbouh a expliqué que «des hauts responsables impliqués dans des affaires de corruption doivent  rendre des comptes, car ils sont à l’origine de cette crise politico-économique». Dans ce cadre, l’invité de notre Forum a souligné que «des hauts responsables influents se sont servis de l’argent public, en accordant des privilèges à des personnes au détriment de la majorité et des intérêts de la nation». Après avoir précisé que le procès juridique doit être transparent, le chef de parti  a considéré que «la comparution de certains personnalités devant le juge d’instruction n’aura pas le résultat escompté sans l’implication de leurs responsables hiérarchiques dans l’affaire», et cela afin d’éradiquer la corruption et les affaires louches dans l’administration publique.
À la fin de son intervention, le SG de l’UFDS a estimé qu’«il faut qu’il y ait un jugement politique contre chaque personne impliquée dans le détournement de l’argent public et l’octroi de privilèges à ceux qui ne le méritent pas».
Hamza Hichem
 

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