mardi 17 septembre 2019 13:23:18

Sécurité énergétique : Assurer le long terme

Maintien de la règle 51/49% dans la nouvelle loi

PUBLIE LE : 26-05-2019 | 23:00
D.R

«En d’autres termes, nous pouvons dire que sur le plan technique, le projet de la nouvelle loi est finalisé et qu’il ne reste qu’à le soumettre aux instances compétentes pour examen et approbation», a expliqué M. Arkab, sans donner d’échéance précise. «Nous avons travaillé sur une mouture, et nous l’avons soumise à examen et à l’appréciation du Conseil interministériel. Les travaux du groupe de travail que nous avons mis en place ont duré toute l’année 2018, et ont couvert les aspects institutionnel, contractuel, fiscal et environnemental», a-t-il précisé.

Revenant sur les motivations d’élaborer une nouvelle loi sur les hydrocarbures, M. Arkab a évoqué la tendance baissière des réserves du pays malgré le nombre de découvertes réalisées, l’importante croissance de la demande intérieure et pour le gaz et pour les carburants, ainsi que les taux de croissance ayant dépassé le 7% annuellement. La nouvelle loi ambitionne aussi de faire face au «ralentissement enregistré dans la conclusion de nouveaux contrats de recherche et d’exploitation dans le cadre du partenariat, ainsi que la tendance baissière des marchés pétroliers au cours des dernières années». Le ministre a, dans ce sens, rappelé les résultats «modestes» enregistrés lors des derniers appels d’offres organisés par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), qui avaient poussé les pouvoirs publics à revoir la loi en question.

Maintien de la règle 51/49% dans la nouvelle loi

Il a aussi évoqué les bouleversements enregistrés sur la scène énergétique mondiale marquée par l’émergence de nouvelles zones productrices de pétrole et de gaz notamment en Afrique, comme c’est le cas du Mozambique et de l’Egypte, outre l’offre abondante qui a impacté à la baisse les prix des hydrocarbures sur les marchés. «Cette scène énergétique mondiale a vu aussi le développement accéléré des ressources non conventionnelles et des énergies renouvelables», a-t-il souligné. Partant de ces constats, la proposition de quelques amendements à la loi sur les hydrocarbures est devenue une nécessité pour d’abord encourager et renforcer le partenariat», a-t-il soutenu. Pour M. Arkab, le partenariat demeure un axe stratégique et privilégié pour augmenter l’effort d’exploration et par voie de conséquences d’augmenter les réserves du pays afin d’assurer la sécurité énergétique à long terme et continuer à assurer les revenus nécessaires au développement économique et social du pays. «Notre objectif est donc de restaurer l’attractivité de notre domaine minier, augmenter la production et d’attirer des investissements directs étrangers dans le secteur des hydrocarbures sans, aucunement, menacer la souveraineté nationale», a-t-il expliqué. «Nous nous devons effectivement préserver et surtout augmenter les parts de marchés de Sonatrach à l’international à travers l’augmentation de la production», a-t-il ajouté. La loi doit, par ailleurs, garantir à Sonatrach de détenir la majorité dans l’amont pétrolier et dans les activités de transformation des hydrocarbures..

Aucun désengagement des partenaires n’a été enregistré

Les projets en cours dans le domaine de l’énergie continuent de fonctionner normalement et «aucun désengagement» des partenaires de l’Algérie n’a été enregistré, a affirmé le ministre de l’Energie. Interrogé sur la véracité des informations sur un prétendu «désinvestissement» enregistré dans le secteur de l’énergie, en raison de la situation politique du pays, M. Arkab a précisé que «les projets en cours continuent de fonctionner normalement, suivant les plans préalablement arrêtés et aucun désengagement de nos partenaires n’a été enregistré depuis le début de l’année 2019». Cependant, il a estimé qu’une appréciation réelle, des retombées de quelque nature que ce soit dans le domaine de l’investissement, ne peut se faire qu’en fin de chaque exercice. «Nous n’ignorons pas une certaine inquiétude de la part des investisseurs présents en Algérie de par la situation politique, néanmoins, nous pouvons rassurer tout le monde, les données chiffrées sur les investissements dans le secteur des hydrocarbures durant la dernière décennie sont parlantes, avec une moyenne annuelle de plus de 12 milliards de dollars», a-t-il fait savoir. Selon lui, l’observation de l’évolution des investissements dans le segment amont (exploration et production), permet de constater que «le montant réalisé durant le dernier quinquennat (2013-2018) a été stable par rapport au quinquennat précédent (2008-2012) de près de 8 milliards de dollars par an». En termes de perspectives, globalement sur la période (2019-2023), il est prévu un investissement de «plus de 58 milliards dollars, à horizon 2023 pour le développement de l’activité hydrocarbures», a-t-il ajouté. Concernant les négociations entamées avec l’américain Exxon Mobil, M. Arkab a confirmé que ce groupe avait effectivement exprimé son intérêt pour investir en Algérie, dans l’amont pétrolier. «Ce n’est pas le seul grand groupe qui souhaite le faire. Le potentiel des bassins algériens est très important», a-t-il ajouté.

Don de gaz algérien à la France : une tentative vile pour semer le doute

Selon lui, le domaine minier de l’Algérie est exploré à 50% et recèle des potentialités très importantes en hydrocarbures, que ce soit dans les hydrocarbures conventionnels que non conventionnels. D’ailleurs, les premières évaluations placent l’Algérie en 3e position mondiale en réserves non conventionnelles avec un volume de gaz non conventionnel (gaz de schiste) de l’ordre de 20.000 milliards de m3. Le nombre de partenaires activant en Algérie dans les activités recherche et exploitation des hydrocarbures s’élève déjà à 26 entreprises issus de 18 pays, a-t-il fait savoir, ajoutant que le nombre de découvertes réalisées en «onshore» par Sonatrach, seule et en association avec des partenaires étrangers, s’élevaient à 30 découvertes par an en moyenne. En offshore, des travaux de prospection ont été récemment entamées à l’est et à l’ouest du pays par Sonatrach en partenariat avec l’italien ENI et le français TOTAL, a-t-il rappelé.

Sonelgaz et Sonatrach contribuent au développement  de la sous-traitance

Les groupes Sonatrach et Sonelgaz ont contribué «concrètement», en tant que donneurs d’ordres, au développement de la sous-traitance locale et à l’intégration nationale dans leurs domaines d’activités respectifs, a affirmé le ministre. Interrogé sur le respect des engagements des deux groupes à contribuer à l’émergence d’un tissu de sous-traitance compétitif, en lui cédant des parts de marchés, M. Arkab a tenu à préciser que pour le cas de la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, premier donneur d’ordre algérien, il faut préciser qu’elle a «de tout temps privilégié le recours à la promotion de l’outil national de production». Cet engagement, a-t-il expliqué, est traduit par des mesures spécifiques contenues dans la procédure de passation des contrats adoptée par Sonatrach.
Cette procédure consiste notamment à «privilégier le lancement de l’appel d’offres national et ne recourir à l’appel d’offres international qu’exceptionnellement et à condition que le marché national n’y répond pas». Elle consiste aussi à «ne faire aucune distinction entre les entreprises privées et publiques et le recours directement en gré à gré aux entreprises algériennes dans le cadre de la promotion de l’outil national de production, ainsi qu’à l’obligation d’allotissement des marchés» pour profiter à un plus grand nombre d’entreprises locales possible. Il est question aussi «d’exigence d’une sous-traitance locale dans les projets de développement», a ajouté le ministre, précisant qu’«une liste d’entreprises algériennes figure, comme annexe, dans chaque projet de développement, particulièrement pour les segments construction».

Sonelgaz vise un taux d’intégration  de 70 à 80% en 2025

Cette politique d’intégration nationale a donné des «résultats satisfaisants» sur les opérations de Sonatrach, a-t-il estimé, ajoutant que les conventions signées avec les groupes industriels publics avaient bénéficié à «plus de 300 entreprises et a enregistré la signature de centaines de contrats et commandes pour des montants relativement importants». Concernant Sonelgaz, M. Arkab a indiqué que le groupe et ses filiales avaient entamé un processus d’intégration nationale et d’encouragement de la sous-traitance nationale à partir du milieu des années 2000, afin de contribuer à développer les capacités nationales et encourager les entreprises publiques et privées.
A ce titre, les projets «clé en main» ont été abandonnés progressivement et les entreprises locales encouragées à prendre en charge la réalisation de certains types d’infrastructures, a-t-il précisé. «Aujourd’hui et grâce à ces efforts, la quasi-totalité des ouvrages de distribution de l’électricité et du gaz est réalisée par des entreprises algériennes. Plus de 300 entreprises spécialisées dans ce domaine ont émergé grâce aux plans de charges assurés par l’activité de distribution», s’est-il félicité.
La majorité du programme de réalisation dans les segments du transport de l’électricité notamment les lignes électriques, est réalisée par des entreprises algériennes. Quatre grandes entreprises publiques et pas moins de 30 entreprises privées sont impliquées dans ce processus.
 

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