dimanche 16 juin 2019 06:56:46

Grand angle : Prometteur

L’annonce d’un tête-à-tête la semaine prochaine entre des délégués du président Nicholas Maduro et son opposant Juan Guaido a certainement été accueillie avec beaucoup de soulagement par les vénézuéliens, première victime de la crise politique et économique que vit le pays depuis janvier, date à laquelle le président de l’Assemblée s’est autoproclamé président du pays.

PUBLIE LE : 27-05-2019 | 0:00
D.R

L’annonce d’un tête-à-tête la semaine prochaine entre des délégués du président Nicholas Maduro et son opposant Juan Guaido a certainement été accueillie avec beaucoup de soulagement par les vénézuéliens, première victime de la crise politique et économique que vit le pays depuis janvier, date à laquelle le président de l’Assemblée s’est autoproclamé président du pays. Sa reconnaissance par une cinquantaine de pays, comme président par intérim, et le soutien inconditionnel que lui apportent les USA ont ainsi accentué la crise dans la mesure où ils ont contribué à le conforter dans son projet de renverser le président élu. D’où, du reste, l’importance de la médiation norvégienne qui a pour principal objectif de rapprocher les points de vue très divergents à l’heure actuelle. Mais gageons que les choses vont avancer sous l’impulsion de la diplomatie norvégienne qui a eu par le passé à jouer un rôle similaire dans des conflits bien plus compliqués. Preuve que la médiation norvégienne marque des points, l’idée d’une rencontre entre les deux parties est désormais acceptée alors qu’elle était refusée il y a un peu plus d’une semaine. Les délégations s'étaient alors réunies séparément avec leurs hôtes norvégiens mais n'avaient eu aucun contact bilatéral. Encouragée par ce qui semble être une volonté partagée de mettre un terme au conflit, la diplomatie norvégienne a réaffirmé son «engagement à continuer à soutenir la recherche d'une solution négociée entre les parties au Venezuela». Mais cet engagement risque d’être contrarié par d’éventuelles interférences. Comme dans tout processus de recherche d’une solution politique à un conflit, le principal obstacle rencontré par les médiateurs consiste en le fait que les parties en conflit n’ont pas toute leur liberté pour négocier. Il est plausible dans ce cas précis que Juan Guaido, qui ne cesse d’affirmer que «toute médiation devrait déboucher sur le départ de M. Maduro et sur de nouvelles élections», ne soit tenu à chaque étape de s’en référer à ses soutiens, qui, eux, veulent se débarrasser du régime Maduro et mettre en  place un régime plus conciliant. Aussi à l’inverse de ceux qui veulent son départ, le président socialiste qualifie ses adversaires de l'opposition de «putschistes» soutenus par l'«Empire nord-américain». Pourtant les deux parties doivent savoir que leur intransigeance n’est pas pour servir les intérêts du Venezuela. L’échec de la médiation en cours risque d’être utilisé par les Etats-Unis comme alibi pour intervenir militairement. Une option que Washington n’a pas écartée en raison de son incapacité à faire plier Nicholas Maduro par le biais des sanctions économiques.
Nadia K.





 

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