mardi 17 septembre 2019 13:32:47

Grand angle : Une mission usante

La démission de l'Envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations unies pour le Sahara Occidental, officiellement «pour raison de santé», rappelle combien la mission d’émissaire de l’ONU est usante pour celle ou celui qui en a la charge.

PUBLIE LE : 24-05-2019 | 23:00
D.R
La démission de l'Envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations unies pour le Sahara Occidental, officiellement «pour raison de santé», rappelle combien la mission d’émissaire de l’ONU est usante pour celle ou celui qui en a la charge.
 
Usante car, durant sa mission, l’émissaire est souvent seul. Il est vrai qu’il est censé bénéficier du soutien de l’Organisation onusienne, mais souvent les difficultés et écueils auxquels il fait face proviennent de New-York.
 
Les divergences au sein du Conseil de sécurité sur tous les dossiers conflictuels, qui ont nécessité la désignation d’un émissaire onusien, rendent ardue la recherche de cette solution et la mise en œuvre de tout processus de règlement de la crise pour lesquels l’émissaire onusien aura beaucoup œuvré.
 
Car, faut-il le souligner, l’engagement des envoyés personnels ou spéciaux du SG de l’ONU n’est, presque, jamais en faute. Bien au contraire. Aussi, s’il n’y a pas de raison de douter du motif de  «raison de santé» invoqué par Horst Köhler pour justifier sa décision, il n’en demeure pas moins qu’il y a lieu de souligner que l’ancien président allemand, à qui revient déjà le mérite d’avoir réussi à relancer les discussions entre Sahraouis et Marocains après six ans de blocage, n’a pas été mis dans les meilleures conditions pour réussir sa mission.
 
Le soutien franc et inconditionnel auquel il était en droit de s’attendre de la part du Conseil de sécurité n’a pas été apporté. Ce qui n’aura pas manqué d’encourager une partie au conflit de continuer à fouler au pied la légalité internationale. Lui-même avait aussi fait état, à l’issue de la deuxième table ronde organisée sous l’égide l’ONU en mars dernier, de la difficulté rencontrée à rapprocher les points de vue des deux parties au conflit. Ainsi il avait jugé que les positions restaient  «fondamentalement divergentes» et que «beaucoup de travail» reste encore à faire. Il est vrai qu’en ce mois de mars 2019 il semblait se projeter dans l’avenir en faisant part de son espoir d’arriver à une solution de «compromis». D’où du reste son intention d’organiser une troisième table ronde, d’ici l’été, et de poursuivre les discussions sur les moyens de «parvenir à une solution politique et mutuellement acceptable sur la question du Sahara occidental, qui soit réaliste, réalisable, durable, fondée sur un compromis juste, durable et assurant l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément à la résolution 2440 (2018) du Conseil de sécurité». Mais cela ne sera plus possible. Cette démission vient sonner l’arrêt des efforts en cours. Il faudra attendre la nomination du successeur de M. Horst Köhler pour ensuite envisager la relance du dialogue, qui ne se fera pas forcément selon le même format. En effet, le prochain émissaire aura toute latitude pour choisir l’approche avec laquelle il entend mener sa mission. 
Nadia. K
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