mardi 17 septembre 2019 13:23:14

Grand angle : Une question de confiance

« Le Soudan a besoin de toute urgence d'un accord entre les parties afin de mettre fin à cette période d'incertitude et d'instabilité»

PUBLIE LE : 22-05-2019 | 23:00
D.R

« Le Soudan a besoin de toute urgence d'un accord entre les parties afin de mettre fin à cette période d'incertitude et d'instabilité», estiment des ambassades occidentales. Sauf que l’accord attendu sur la composition du futur Conseil souverain, censé assurer la transition au Soudan, n’a pas encore eu lieu. Les militaires au pouvoir et les chefs de la contestation ne sont pas, encore, parvenus à trouver un terrain d’entente. Vont-ils tenir compte du souhait des ces occidentaux, américains en tête? Ce qui est certain, c’est qu’ils auront à l’esprit cette demande au moment de la reprise des pourparlers. Mais faut-il, pour autant, en être déçus de l’échec de cette première tentative ? La réponse à cette interrogation ne peut être que négative. Les négociations n’ont jamais été un long fleuve tranquille. De plus, il aurait été naïf de la part des manifestants de croire que les militaires allaient rendre le pouvoir aussi rapidement, aussi facilement pour l’offrir sur un plateau d’argent à des civils. Certes, il était permis de croire que les choses auraient pu aller dans ce sens, d’autant que les deux camps avaient réussi, la semaine dernière, à s'entendre sur la durée de la transition, fixée à trois ans, et la composition d'une assemblée législative, dont les deux tiers des 300 membres désignés viendraient de l'ALC. Mais une fois les choses sérieuses abordées, les négociations se sont compliquées et l’accord ne pouvait être trouvé. Du moins à ce stade des négociations. En fait, la raison de l’absence d’un accord, pour le moment du moins, n’est pas due uniquement au fait que les militaires veulent garder le pouvoir, mais parce qu’ils sont présentement dans l’incapacité de s’imaginer être sous la coupe de civils. Il aurait fallu qu’ils se fassent violence pour pouvoir accepter aussi rapidement le transfert du pouvoir. Après l’avoir exercé aussi longtemps, il est par la force des choses devenu pour eux un attribut dont ils ne peuvent se passer. Une seconde nature en quelque sorte. En plus, il est de notoriété que les militaires éprouvent de sérieuses difficultés à faire confiance aux civils. Avoir la situation en main est une forme d’assurance pour eux. Au Soudan, «le principal point de discorde entre l'ALC (Alliance pour la liberté et le changement) et le Conseil militaire reste le taux de représentation et la présidence du conseil souverain, entre civils et militaires», ont déclaré les deux parties dans un communiqué commun à l'issue de la réunion. C'est-à-dire que chacune des deux parties souhaite en prendre la tête et ravir la majorité des sièges du Conseil souverain, une institution clé de la transition qui doit se substituer au Conseil militaire pour une période de trois ans, avant la tenue d'élections. En fait, chaque partie veut assurer ses arrières dans la perspective de l’après-élection.
Nadia K.
 

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