vendredi 20 septembre 2019 23:35:34

46e anniversaire de la lutte armée sahraouie

«Aucune autre alternative à l’autodétermination»

PUBLIE LE : 21-05-2019 | 23:00
D.R
L'ambassadeur sahraoui à Alger, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé, lundi, que l'anniversaire du déclenchement de la lutte armée représentait 46 ans de résistance du peuple sahraoui qui refuse que ses droits soient aliénés et n'accepte aucune alternative 
à son droit à l'autodétermination. 
 
Dans un entretien à l'APS, à l'occasion du 46e anniversaire du déclenchement de la lutte armée sahraouie, M. Taleb Omar a affirmé que «le peuple sahraoui continue de résister et nul ne peut le forcer ou le dépourvoir de ses droits», ajoutant qu'il n'accepterait pas une autre solution que celle du référendum d'autodétermination pour arracher la liberté et l'indépendance. Les tentatives de l'occupant marocain visant à diviser les Sahraouis et entamer leur détermination ont été toutes vouées à l'échec, a souligné le diplomate sahraoui, insistant sur l'attachement du peuple sahraoui dans les territoires occupés, dans les camps des réfugiés et parmi les membres de la communauté sahraouie à l'étranger, à leur seul et légitime représentant, le Front Polisario». Dans les territoires occupés, les Sahraouis brandissent le drapeau de l'Etat sahraoui dans leurs manifestations et œuvrent à mettre à nu les agissements de l'occupation marocaine et ses violations quotidiennes des droits de l'homme, exigeant leur droit à l'autodétermination, la libération des prisonniers et la fin des simulacres de procès, a-t-il fait savoir.  «Les jeunes Sahraouis sont les enfants du peuple et ils estiment que la solution idéale est de marcher sur les pas du Polisario pour le recouvrement de leurs territoires et droits». 
 
«Washington a créé une nouvelle dynamique»
 
Lors du dernier round, le Maroc avait haussé le ton et voulu faire la promotion de «l'autonomie» au détriment du référendum d'autodétermination, ce qui est contraire à la légalité internationale, a-t-il rappelé, ajoutant que «cela avait été rejeté par le Front Polisario en 2007». Pour l'ambassadeur sahraoui, les Etats-unis ont le mérite d'avoir créé une nouvelle dynamique au sein du Conseil de sécurité, en limitant le mandat de la Minurso à 6 mois au lieu d'un an et en écartant le renouvellement automatique du mandat sans parvenir à des solutions», appelant Washington à œuvrer en faveur d'une solution permettant au peuple sahraoui de décider de son avenir. Des contacts sont en cours avec les Etats-unis, la Grande-Bretagne et la Russie ainsi qu'avec tous les membres du Conseil de sécurité, du congrès et les parlements de ces Etats pour leur notifier la position du Front Polisario et leur demander d'adopter une position confortant la crédibilité de l'ONU, a déclaré M. Taleb Omar, ajoutant que la question sahraouie était «une question de décolonisation», ainsi la commission de décolonisation de l'ONU a demandé à la communauté internationale à accélérer le processus de décolonisation du Sahara Occidental. 
 
Une opinion publique favorable à la cause sahraouie 
 
Affirmant que plusieurs forums et conférences sont organisés, chaque année, autour de la cause sahraouie, y compris la Conférence internationale de solidarité avec le peuple sahraoui, lesquelles mettent en place des programmes qui vulgarisant la cause et mobilise le soutien, l'ambassadeur sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a relevé que les associations et partis participants façonnent une opinion publique et imposent aux gouvernements l'adoption et la défense de la cause sahraouie. M. Taleb Omar a fait savoir qu'il existait aussi des associations et partis marocains qui plaident en faveur de l'autodétermination du Sahara Occidental et défendent les prisonniers sahraouis dans les prisons de l'occupant marocain, bien que le régime marocain criminalise quiconque met en doute la prétendue «marocanité du Sahara». Il ajouté que le régime marocain prétend «construire le Sahara, respecter les droits de l'homme et concrétiser le développement, mais les obstacles qu'il met devant les observateurs internationaux et les organisations des droits de l'Homme battent en brèche ces prétentions». Dans le même sillage, il a critiqué certains pays qui «ne cherchent que leurs intérêts, comme la France qui plaide, d’un côté, pour les droits de l’homme et soutient, de l'autre, l’occupation marocaine», rappelant l’accord d’association conclu entre l’EU et le Maroc qui circonvient les arrêts précédents de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), selon lesquels "tout accord incluant les territoires sahraouis est nul et non avenu». A cette occasion, l’ambassadeur sahraoui a remercié tous ceux qui ont soutenu la cause sahraouie, ajoutant : «nous remercions tous ceux qui nous ont accompagnés et ont soutenu notre cause, ainsi que tous les amis, à leur tête l’Algérie qui défend cette question de principe.» «Nous avons l’honneur d’avoir un tel voisin avec lequel nous nous partageons le respect des peuples et de leur liberté et sommes fiers de notre appartenance à l’Afrique, et notre lutte et résistance sont pour la défense de l’Afrique et de ses frontières», a-t-il ajouté. «Nous avons franchi un grand pas en termes de lutte. Et nous saluons les pays du Conseil de sécurité, notamment la Russie, l’Afrique du sud et d’autres pays, et les appelons à poursuivre leurs efforts dans ce sens jusqu’à ce que le conflit soit résolu. Nous demandons également à la France de s’abstenir d'entraver les décisions du Conseil de sécurité et à l’Espagne à assumer ses responsabilités dans la région et de rendre justice au peuple sahraoui», a-t-il soutenu. 
 
«La France doit s'abstenir d'entraver les décisions du Conseil de sécurité»
 
L'ambassadeur Abdelkader Taleb Omar a affirmé que la France devait s'abstenir d'entraver les décisions du Conseil de sécurité concernant l'autodétermination du peuple sahraoui, indiquant qu'en faisant valoir son veto, «Paris veille à maintenir le statu quo et protéger la position marocaine  au service de ses intérêts». L'ambassadeur sahraoui a indiqué que le Conseil de sécurité a adopté, en avril, la résolution 2664 qui a réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et appelé à la reprise des négociations entre les deux parties au conflit (Front Polisario et Maroc), à l'issue du rapport du Secrétaire général de l'ONU dans lequel il évoque clairement les violations commises par le Maroc, notamment en ce qui concerne l'entrave des missions de la Minurso. Le Front Polisario souhaitait que le conseil de sécurité, sur la base de ce rapport, lève l’ambiguïté concernant la solution politique et revendique l'accélération du processus pour permettre au peuple sahraoui de jouir de son droit à l'autodétermination, mais «la France s'y est opposée et a demandé la prorogation de la mission de la Minurso à une année au lieu de 6 mois, ce qui prouve que la France veut maintenir le statu quo et protéger la position marocaine», poussant ainsi la Russie et l'Afrique du Sud à émettre des réserves sur cette décision, a-t-il précisé. La Minurso est une mission des Nations Unies pour l’organisation d'un référendum au Sahara Occidental, «le Maroc et ses alliés doivent en être conscients», a-t-il rappelé, ajoutant que le Maroc n'est toujours pas satisfait des recommandations du Conseil de sécurité et veut des recommandations qui attestent de la légitimité de son occupation du Sahara occidental et annulent définitivement la question du droit à l'autodétermination ainsi que les négociations». Lors du dernier round, le Maroc avait haussé le ton et voulu faire la promotion de «l'autonomie» au détriment du référendum d'autodétermination, ce qui est contraire à la légalité internationale, a-t-il rappelé, ajoutant que «cela avait été rejeté par le Front Polisario en 2007». Dans ce contexte, le diplomate sahraoui a estimé que les manœuvres marocaines, la position française de soutien au régime marocain et l'Espagne, qui n'assume pas sa responsabilité historique, sont autant de raisons qui entravent l'aboutissement à une solution au conflit, ajoutant que de telles actions menacent le processus pacifique et la stabilité de la région. M. Taleb Omar a affirmé que «la France a entrainé l'UE et le Parlement européen à contourner les décisions de la Cour de justice de l'UE (CJUE) concernant les accords de partenariat entre l'Union et le Maroc, en dépit de la grande division au sein du parlement (entre abstention et rejet), ce qui dénote la prise de conscience quant au caractère illégal de ces accords qui incluent les territoires sahraouis et leurs eaux territoriales. «Le Polisario poursuit sa bataille concernant cette question et a fait appel devant la CJUE», a-t-il ajouté précisant que le Front Polisario souhaiterait que la CJUE émette des décisions qui conforteraient ses premières décisions selon lesquelles «tout accord incluant les territoires sahraouis est nul et non avenu». 
Les Sahraouis célèbrent le 46e anniversaire du déclenchement de leur lutte armée sous la conduite du Front Polisario, unique et légitime représentant du peuple sahraoui, un mouvement de libération pour le droit à l'autodétermination. Le 20 mai 1973, un groupe de combattants sahraouis avait décidé d'attaquer le poste espagnol d'El Khanga, à l'est de la ville de Smara. Cette opération annonçait alors le déclenchement de la lutte armée dans le Sahara occidental, suivant les résolutions prises dix jours avant, soit le 10 mai, lors du congrès constitutif du Front Polisario, qui avait décrété dans son texte fondateur que «c'est par le fusil que la liberté sera arrachée».
R. I.
Abdelkader Taleb Omar  
«La lutte armée à l'origine de la reconnaissance du Front Polisario par le Maroc»
 
L'ambassadeur sahraoui à Alger, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé que la lutte armée était à l'origine de la reconnaissance, par le Maroc, du Front Polisario en tant que seul et légitime représentant du peuple sahraoui, et de l'internationalisation de la cause sahraouie qui a permis la reconnaissance de la RASD par de nombreux pays. M. Taleb Omar a expliqué que «la lutte armée, menée de 1973 à 1975 contre l'occupation espagnole, puis de 1975 à 1991 contre le Maroc, a contraint le régime marocain à accepter le cessez-le-feu et le plan du règlement au Sahara Occidental, mais surtout à reconnaitre le Front Polisario comme unique et légitime représentant du peuple sahraoui et en tant qu'interlocuteur en négociation. Ce combat a permis également la libération d'un tiers des territoires sahraouis, l'édification d'institutions de l'Etat, l'internationalisation de la cause sahraouie et la reconnaissance, par de nombreux pays, de la République Arabe Sahraouie Démocratique, a-t-il poursuivi. Soutenant que le Front Polisario «a puisé dans ce combat la force pour édifier les institutions de l'Etat sahraoui, en place à ce jour», le diplomate de la RASD a rappelé l'existence d'une Armée sahraouie et d'un gouvernement avec tous ses démembrements, ses wilayas et daïras. 
Soulignant, en outre, les efforts du Front Polisario ayant permis «la mise en place de structures publiques d'éducation, de santé et de service ainsi que des autorités législatives, un Parlement sahraoui et des instances œuvrant tous en cohésion», il a mis en avant le rôle «des missions diplomatiques sahraouies à travers tous les continents». L'ambassadeur de la RASD a évoqué, par ailleurs, les missions onusiennes pour la surveillance du cessez-le-feu entre les armées sahraouie et marocaine, en attendant le recouvrement de la liberté et de l'indépendance». 
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