dimanche 22 septembre 2019 07:05:27

Reprise du dialogue au Soudan : Entre Charia et laïcité

Les militaires et les chefs de la contestation au Soudan devaient reprendre hier soir les négociations-marathon entamées la veille sur la composition d'un futur Conseil souverain de transition, plus d'un mois après le renversement par l'armée du président Omar El-Bachir.

PUBLIE LE : 20-05-2019 | 23:00
D.R

Les militaires et les chefs de la contestation au Soudan devaient reprendre hier soir les négociations-marathon entamées la veille sur la composition d'un futur Conseil souverain de transition,  plus d'un mois après le renversement par l'armée du président Omar El-Bachir.

Les discussions, qui ont démarré dimanche dernier vers 21H00 (19H00 GMT), se sont poursuivies toute la nuit jusqu'aux premières heures hier matin au palais présidentiel où se tient la réunion. Selon le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire de transition, " l'espoir d'arriver à un accord définitif" reste intacte. "Nous ne sommes pas pressés pour une victoire cruciale", avait indiqué à l'aube sur Twitter l'Association des professionnels soudanais (SPA), pilier du mouvement de protestation. "Quelle que soit l'issue des négociations, il s'agit d'un pas en avant", avait-elle assuré, ajoutant qu'elles portaient sur "l'autorité de transition". Les leaders de la contestation veulent à tout prix qu'un civil dirige cette future institution clé, après un appel pressant de la communauté internationale à ce que les négociations débouchent sur une transition "vraiment dirigée par les civils". Fer de lance de la contestation, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC) avait indiqué dimanche dernier que les négociations se focaliseraient sur la répartition, entre armée et contestation, des sièges du Conseil souverain ainsi que sur son futur chef. Les généraux insistent pour y obtenir une majorité de sièges tandis que les leaders de la contestation veulent limiter la présence des militaires et placer un des leurs à sa tête. Plusieurs chapitres ont été validés comme la période de période de transition limitée à 3 ans et la création d'un Parlement composé de 300 personnes, dont les deux tiers seraient issus de l'ALC. Autre signe de détente, la levée des barricades comme exigé par le conseil militaire. Les militaires réclamaient la levée des barricades installées par des manifestants à Khartoum. Cependant des sujets épineux demeurent en suspens comme la place de la religion dans la vie politique soudanaise. Selon Al-Tayeb Moustafa, à la tête d'une coalition de vingt mouvements islamistes, "la principale raison de cette mobilisation réside dans le fait que l'ALC ignore l'application de la charia dans le cadre de l'accord" négocié avec les militaires. L'ALC n'a pour le moment pas exprimé sa position sur le sujet, affirmant que la priorité était d'instaurer une administration civile. Un point qui risque de replonger le pays dans des zones de turbulences d’autant qu’un des principaux leaders de l'opposition, Sadek al-Mahdi, avait fait entendre sa voix en décrétant que "l'islam fait partie de l'identité de la majorité des Soudanais. Ca a été une grande erreur, au sein des forces d'opposition, de parler de laïcité". Un sujet qui fâche mais qui surtout commence à être source de tensions entre les différents acteurs politique.
M. T. et Agences
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions