mercredi 26 juin 2019 22:17:58

enquêtes sur des affaires de corruption : Récupération de 58.000 hectares à El-Bayadh

Ressources en eau et Travaux publics, secteur de prédilection de la corruption

PUBLIE LE : 19-05-2019 | 0:00
D.R

Dans le cadre des enquêtes anti-corruption, qui ciblent des hommes d’affaires et d’anciens hauts responsables de l’État, l'Office national des terres agricoles (ONTA) vient de résilier les contrats relatifs à des concessions agricoles, dont avaient bénéficié les deux hommes  d’affaires Ali Haddad et Bilel Tahkout.

Ces décisions de récupération par l’État de biens qui ont été indûment et illégalement octroyés viennent d’être prises et appliquées, alors que les auditions sur d’autres affaires de malversations se poursuivent au tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Plusieurs hauts responsables relevant de dizaines de secteurs d’activités ont été auditionnés dans le cadre d’investigations sur de possibles omissions et infractions de la loi dans l’octroi des licences d’investissements, ainsi que des retards et abandons enregistrés dans la réalisation de plusieurs projets ayant infligé des dégâts financiers colossaux à l’économie nationale.
Les enquêteurs ont entre les mains de nouveaux dossiers et des dossiers déjà ficelés, liés à la corruption et à l’obtention de marchés de manière illégale, dans lesquels seraient impliqués le wali d’El-Bayadh, l’ancien directeur des services agricoles, Khaled Khaldoun, en plus de deux autres hauts fonctionnaires de l’Office national des terres agricoles.
La décision de l’office de procéder à l’annulation des contrats négociés pour l'octroi de concessions intervient dans le cadre des enquêtes et investigations, et suite, aussi, à la demande d’annulation formulée par le groupe ETRHB, d’Ali Haddad, adressée au wali d’El-Bayadh, le premier avril dernier. Les médias nationaux révèlent que le groupe d’Ali Haddad s’est vu octroyer un contrat de concession, portant numéro 8806, qui date de 31 juillet 2016, pour la réalisation d’un projet d’investissement sur une terre agricole d’une superficie de 50.000 hectares, avec pour prévision, l’achat de 20.000 vaches laitières, permettant également de promouvoir l’élevage et la production fourragère sur ces terres.
C’est un bureau d’études public et dépendant du département de l’Agriculture qui avait délivré, après une étude technique, une autorisation 56/2018, pour la réalisation de ce projet qui devait «se réaliser en partenariat avec un groupe américain».
Pour sa part, le jeune Bilel Tahkout, fils de l’homme d’affaires connu Mahieddine Tahkout, a lui également adressé, le 3 avril dernier, une demande au wali d’El-Bayadh, en vue de céder sans indemnité, une parcelle de terrain d’une superficie de 8.000 hectares, après avoir bénéficié d’un contrat de concession le 21 novembre 2016, en vue de réalisation d’un projet de production d’arbres fruitiers, dans le cadre d’un partenariat avec des étrangers.
Selon la presse, la demande d’annulation de contrat a été formulée par l’interessé, «suite à une constat de manque de moyens financiers nécessaires pour entamer le projet dans les délais».

Ressources en eau et Travaux publics, secteur de prédilection  de la corruption

L’office a donc pu récupérer 58.000 hectares de terres agricoles, qui seront donc octroyés aux investisseurs locaux, notamment les jeunes et autres investisseurs porteurs de projets. Dans ce contexte, on apprendra, via la presse locale, que des centaines de dossiers de demandes croupissaient sur les bureaux de responsables locaux de l’agriculture, sans qu’aucune attribution leur ait été accordée.
Il faut signaler, dans ce cadre, que plusieurs nouvelles enquêtes liées à la lutte anti-corruption sont en cours. Des enquêtes qui ont mené plus de 60 personnalités et hauts responsables au tribunal de Sidi M’hamed, ce week-end.
Les premiers à être convoqués en tant que témoins sont les anciens ministres des Ressources en eau et des Travaux publics qui se sont succédé durant les dix dernières années, ainsi que les deux derniers chefs de gouvernement, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, et l’ancien ministre des Finances, qui, par sa fonction, validait les contrats lorsque les montants dépassent le plafond d’une certaine somme, mais aussi l’ex-wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, dont les relations avec les milieux d’affaires sont dénoncées depuis quelques années déjà par différents médias.
La presse rapporte également qu’à l’ANBT (Agence nationale des barrages et des transferts), quelque 22 dossiers liés à la corruption ont été remis à la brigade économique et financière de la Sûreté nationale, pour enquête, sans connaître de suite. D’autres enquêtes avaient connu le même sort et concernaient aussi bien l’Onid (Office national d’irrigation et de drainage), l’Ona (Office national de l’assainissement), entre autres organismes du secteur des Ressources en eau.
«Ces trois groupes ont également le monopole sur la commande publique dans le domaine des Travaux publics et des Transports. Une commande qui engrange une enveloppe financière astronomique, alors que les taux de réalisations peinent à dépasser les 20% d’achèvement», a-t-on également appris.
Affaires à suivre, puisque les prochains jours et semaines apporteront certainement leur propre lot de révélations sur des scandales de détournement et de gabegies de deniers publics. La justice a entamé une œuvre titanesque, en prenant à bras-le-corps le phénomène de la corruption, et elle n’est pas près de s’arrêter !    Tahar Kaidi
 

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