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Nucléaire iranien : Le revirement de Trump ?

Si la guerre des mots entre Téhéran et Washington est bien entamée, la tension ne faiblit pas sur le terrain, notamment dans la Mer d’Arabie où les États-Unis viennent de renforcer leur présence militaire, avec notamment l'envoi d'un porte-avion et de missiles Patriot, en Mer d’Oman, faisant état de menaces contre leurs intérêts émanant de l'Iran ou de forces pro-iraniennes. Ils ont annoncé, mercredi dernier, le rappel d'Irak de leur personnel diplomatique non essentiel, invoquant de nouveau «une menace imminente» en lien «direct» avec l'Iran.

PUBLIE LE : 18-05-2019 | 23:00
D.R

Si la guerre des mots entre Téhéran et Washington est bien entamée, la tension ne faiblit pas sur le terrain, notamment dans la Mer d’Arabie où les États-Unis viennent de renforcer leur présence militaire, avec notamment l'envoi d'un porte-avion et de missiles Patriot, en Mer d’Oman, faisant état de menaces contre leurs intérêts émanant de l'Iran ou de forces pro-iraniennes. Ils ont annoncé, mercredi dernier, le rappel d'Irak de leur personnel diplomatique non essentiel, invoquant de nouveau «une menace imminente» en lien «direct» avec l'Iran.

Pourtant, à travers cette escalade, une lueur d’espoir filtre timidement à travers l’enceinte de la Maison Blanche. Donald Trump toujours aussi imprévisible a laissé entendre mercredi dernier un possible retour à la table des négociations sur le nucléaire iranien. Dans une phrase sibylline, le locataire du bureau ovale a affirmé être «sûr que l'Iran voudra bientôt discuter» avec les Etats-Unis. Le président américain n’en est pas à sa première sortie de ce genre. Il a fait à plusieurs reprises des ouvertures verbales à l'égard de Téhéran qu'il considère pourtant comme le principal facteur de déstabilisation au Moyen-Orient. Mais elles n'ont pour l'instant pas eu de suites. Ce revirement dans l’attitude du gendarme du monde, fait suite à des échos qui font état d’un débat interne houleux au sein de l’administration américaine sur la politique de Trump dans la région du Moyen- Orient, une zone sensible et surtout un corridor important pour le trafic commercial international, particulièrement la Mer d’Oman et le Detroit d’Ormuz ou transit le tiers du pétrole mondial. Des «rumeurs» que le président américain a démenti sur Twitter, tout en reconnaissant, cependant, que «des opinions différentes s'expriment et qu’il prend la décision finale et décisive, c'est un processus très simple». Côté iranien, la fermeté est de mise. Téhéran n’en démord pas et va même écarter toute possibilité de négociations avec les Etats-Unis, susceptibles de réduire les tensions croissantes dans le Golfe. Une position réitérée par le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, en visite à Tokyo. M. Zarif a rejeté également les affirmations du président américain Donald Trump sur une possible entame de discussions affirmant : «Je ne sais pas pourquoi le président Trump est confiant car c'est totalement faux», a-t-il dit. Les menaces à peine voilées de l'administration américaine n'ont pas, pour autant, forcé Téhéran à céder et à accepter de nouvelles négociations sur l'accord nucléaire contesté par l'actuelle équipe dirigeante des Etats-Unis.
Plus encore, Téhéran a décidé mercredi de s’affranchir de deux des engagements sur l’accord nucléaire qui limite drastiquement son programme en cessant de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi, tout en lançant un ultimatum aux pays de l'UE de deux mois pour sortir les secteurs pétroliers et bancaires iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions américaines. Une manœuvre payante. Les représentants européens signataires de l’accord (Allemagne, France et Royaume Uni) ont dans une déclaration conjointe réaffirmé leur «attachement» à la préservation et à la mise en œuvre intégrale de l’accord, «une réalisation essentielle dans l’architecture mondiale de non-prolifération nucléaire, qui est dans l’intérêt de la sécurité de tous». Les Européens ont réaffirmé également leurs «engagements fermes» pour  «la levée des sanctions au profit du peuple iranien». L’offensive diplomatique iranienne semble porter ses fruits. Donald Trump, qui semble bien isolé sur ce dossier, va-t-il lâcher du leste ? La diplomatie underground a déjà commencé
M. T.
 

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