mardi 21 mai 2019 00:50:14

UN ÉLOGE DES ARABES (III et fin)

Les Arabes ont une religion et une loi qu'ils vénèrent.

PUBLIE LE : 16-05-2019 | 0:00
D.R



Les Arabes ont une religion et une loi qu'ils vénèrent. Ils ont des mois sacrés, un sanctuaire inviolable et un lieu de pèlerinage où ils s'adonnent à leurs pratiques rituelles et sacrifient à leurs dieux, où un homme peut croiser le meurtrier de son père ou de son frère et cependant se garder de toute vengeance, car sa dignité et sa religion l'interdisent en ce lieu.

Leur sens de l'honneur est tel qu'un regard, qu'un léger signe de tête, suffisent pour sceller un pacte auquel la mort seule mettra fin.
Lever un rameau qu'il vient de ramasser par terre vaut pour un homme un engagement de dette, dont rien ne pourra plus le délier. Et si cet homme voit arriver chez lui quelqu'un qui se met sous sa protection puis se trouve attaqué, il n'aura point de cesse qu'il ne décime la tribu des agresseurs ou que sa propre tribu ne soit elle-même décimée.
Cette protection peut être invoquée par un criminel, inconnu de son hôte et sans aucun lien de parenté avec lui, l'hôte n'en est pas moins lié à lui par une solidarité où il engage et sa vie et ses biens.
Sa Majesté a dit que certains Arabes allaient jusqu'à tuer leurs enfants. Ceux-là le font avec les filles, par crainte du déshonneur ou pour assouvir la jalousie d'un mari.
Si les Arabes apprécient la viande de chameau, c'est parce qu'ils la tiennent pour la plus noble de toutes, le chameau représentant pour eux la meilleure monture aussi bien que la meilleure nourriture. Sa chair est la plus grasse, la plus savoureuse et la plus tendre à mastiquer et le lait de sa femelle est la plus délicieuse des boissons. Pour chacune des qualités que l'on trouve à une viande, celle du chameau l'emporte sur toutes les autres.
Enfin, Sa Majesté a parlé des guerres continuelles que les Arabes se livrent entre eux et de leur refus de se soumettre à un chef qui les guide et les rassemble. Cela est vrai.
Les nations recourent à un chef lorsqu'elles se sentent faibles par elles-mêmes et qu'elles craignent de se voir envahies par un ennemi. Alors apparaît dans chaque royaume une grande famille, dont le mérite est reconnu par toutes les autres et aux mains de laquelle ces dernières remettent leur destin.
Cela ne saurait se produire chez les Arabes, qui seraient tous enclins à se prendre pour des rois. Ils sont trop fiers pour accepter de payer un tribut ou pour s'incliner devant la force.
Khusrû avait écouté avec attention al-Nu'mân ibn al-Mundhir et lorsque celui-ci eut fini de parler, le roi dit :
— Va sans crainte.
Il lui offrit une de ses propres robes et l'autorisa à repartir pour al-Hîra.

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