mardi 21 mai 2019 00:46:42

La troupe El-Ferda enchante le public : Spiritualité et M’dih au rendez-vous

Longtemps confinée dans la région de Béchar

PUBLIE LE : 16-05-2019 | 0:00
Ph : Nacéra

Les habitués de l’Opéra d’Alger étaient invités, dans la soirée de mardi, à un voyage spirituel sur les mélodies  du patrimoine musical de la région de la Saoura. Chants spirituels et soufis, oscillant entre la poésie et le m’dih du Prophète (QSSSL), un spectacle inouï qui se veut paix, sagesse et sérénité porté par une grande richesse musicale, animé  par la célèbre troupe, venue de Béchar, El-Ferda.

Ce spectacle, qui rentre dans le cadre du programme de l’opéra d’Alger pour les animations du mois béni, est dédié au patrimoine de la ville de Kenadsa. Prenant place en demi-cercle, les éléments du groupe joueront à leur manière d’instruments comme le karkabou, donnant une tonalité à une musique qui met au jour la souffrance et les privations. Mené par le leader du groupe Larbi Bestam au luth et au chant, le groupe qui s’est produit pour la soirée n’a pas manqué d’apaiser ses admirateurs amoureux de cette musique de la Saoura, avec ses succès les plus connus qui font la renommée de la troupe depuis plus de quinze ans.
Les mélomanes, assez présents, ont pu redécouvrir le patrimoine musical de la région de la Saoura à la faveur d’un tour de chant oscillant entre la poésie et le M’dih du prophète (QSSSL), porté par une grande richesse musicale. Une musique qui garde sa distinction la différenciant de toutes les scories. Le La de la soirée a été donné par «Karim El Kourama», un titre qui a jeté les présents dans une ambiance inouïe soutenu par le son métallique du «mahrez» (pilon). Ce poème, écrit par Sidi Kaddour El Alami et qui ouvre toutes les soirées de la Ferda, est une invocation à la clémence de Dieu usant de fortes métaphores empruntées à la poésie arabe classique et au riche patrimoine populaire. Le public n’avait pas de mal à suivre la cadence de ces «vieux routards» du rythme et du verbe, ainsi que des applaudissements; ce qu’on appelle R’kik ou applaudissement caractéristique accompagnant les chants dans le Sud. El Ferda a marqué cette soirée par le retour sur scène d'un des piliers du groupe, Hocine Zaidi, au chant, banjo et soussen et qui a, lui aussi, interprété des textes de poètes contemporains de la région sur les rythmes d'El Ferda, proches du châabi et soutenu par le son métallique du marrez (pilon) et la djefna (un mortier de cuivre). Pour cette prestation les deux fondateurs de la troupe étaient accompagnés du violoniste Kheireddine Mkachich et de musiciens du groupe Essed de Kenadsa dont Lahcen Bestam et de Saber au goumbri. La troupe a fait un tour d’horizon de son grand répertoire, maniant des sonorités gnawa, des houaza de Tlemcen, de sanaâ algéroise, de chaâbi, de chants sacrés et de melhoun. Le répertoire d’El Ferda intègre le gnaoui, le zeffani et d’autres genres de la musique populaire algérienne.
Son mode d’interprétation fait une large place au chœur et aux variations rythmiques. Les «qaçidate» bien senties des poètes du cru ne cessent ainsi d’étonner les habitués de cette musique où la religion se mêle avec le profane jusqu’à s’y confondre. «Sawalt Nefsi fi nefsi», présente aussi dans cette production, un opus qui a toujours ravi le public, donne à voir cette souffrance et l’envie de s’en détacher. La musique est là pour aider les plus démunis qui s’y imprègnent sans trop se gêner. «Sidi M’Hamed Ben Bouziane» est le dernier titre qui a clôturé le  spectacle qui a duré près de deux heures, dédié au Saint Patron des lieux.

Longtemps confinée dans la région de Béchar

Des admirateurs sont toujours nombreux à trouver chez Ferda des consonances perdues au fil du temps. Avec le mois de Ramadhan, ces textes retrouveront une autre consistance. Le groupe exhorte à la paix, à la prière, à la sérénité. Son chant se fait invocation et élévation.
Il y a lieu de noter que l’appellation El Ferda, selon certains, revient au fait qu’on utilisait un roseau rempli d’osselets et couvert d’une peau de mouton tannée qui servait à battre le rythme. Selon d’autres, c’est une babouche ou belgha avec laquelle on se chaussait les mains pour applaudir, qu’on appelle aussi R’kik ou applaudissement caractéristique accompagnant les chants dans le Sud. El ferda, qui excelle dans plusieurs tobouâ du patrimoine national, utilise des instruments, à l’exemple du bendir, des taârigettes ou petites derboukas, du luth, du violon, le goumbri, légnibri, la djefna, un mortier en cuivre. El Ferda s’est d’abord révélée au public algérien en participant à de nombreux festivals nationaux, ce qui l’encouragea à dépasser les frontières du pays.
Sihem Oubraham


 

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