dimanche 16 juin 2019 04:21:39

Le colonel à la retraite, Abdelhamid Larbi Chérif : « L’intérêt supérieur de l’État doit primer »

«Il est impossible d’organiser les présidentielles sans la préparation, au préalable, des meilleures conditions, à savoir l’assainissement de la scène politique des germes de la corruption».

PUBLIE LE : 15-05-2019 | 0:00
Ph.: Wafa


«Il est impossible d’organiser les présidentielles sans la préparation, au préalable,  des meilleures conditions, à savoir l’assainissement de la scène politique des germes de la  corruption». C’était l’observation faite, hier, par le colonel à la retraite, Abdelhamid Larbi Chérif, lors de son passage au Forum Le Courrier d’Algérie.
Cet expert a rappelé que le haut commandement de l’ANP avait répondu positivement aux appels des Algériens à un changement radical du système politique et affirmé qu’«on ne peut pas aller vers des élections libres sans que la lutte contre la corruption ne soit engagée», affirmant que l’armée ne peut être un acteur politique. «Elle est soumise au pouvoir civil. Elle doit assumer la fonction que lui assigne la Constitution, c’est-à-dire la défense de la souveraineté nationale lors de la période de transition, qui n’est pas un objectif en soi, mais un passage obligé. Si ce n’était l’intervention de l’armée, le pays aurait sombré dans le chaos», a-t-il ajouté.
Pour Abdelhamid Larbi Chérif, l’objectif premier de l’opération de la lutte anticorruption demandée par le chef de l’armée est «d’assainir» la vie politique de l’argent sale et son influence sur la scène politique du pays du fait que la présence de cet argent dans les élections présidentielles va aboutir à l’élection d’un président «qui ne répondra pas» aux espoirs de changements des Algériens. Il  expliquera que  les  corrompus au sommet de l’Etat et à ses différentes institutions sont «plus nombreux» et «plus dangereux» pour la stabilité du pays, n’y allant pas de main morte pour accuser certaines corrompus de vouloir changer leurs positions et couleurs pour «surfer sur la vague du mouvement populaire».
Le colonel à la retraite a  par ailleurs expliqué l’objectif recherché par le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui appelle la justice à accélérer la prise en charge du dossier de la lutte contre la corruption dans le pays. «Le véritable frein à l’enracinement de la démocratie et à la promotion d’un État de droit est l’intrusion de l’argent sale dans le jeu politique», a-t-il soutenu.
Interrogé sur le rôle joué par l’armée dans la période de transition, l’invité du forum Le Courrier d’Algérie a longtemps insisté sur les effets géopolitiques et le jeu des repositionnements géostratégiques qui se trament actuellement, et où l’Algérie «risque de perdre» son aura sur des questions qui la concerne directement. A ses yeux, le processus de refondation des piliers de l’Etat et l’instauration de la démocratie est un «itinéraire sinueux» qui nécessite la «conjugaison» des efforts de toutes les «bonnes» volontés pour mettre le pays à «l’abri» des bouleversements. «Si la révolution populaire qui frappe l’Algérie depuis le 22 février dernier ne connaît pas rapidement une issue positive, elle peut dégénérer», a mis en garde le colonel à la retraite lequel estime que l’enjeu principal pour le prochain président est de faire de la jeunesse une «force motrice» pour remettre le pays sur les rails du développement économique. Il rappellera au passage que plusieurs opportunités se sont présentées à l’Algérie pour «déclencher» un processus de développement économiques. «Malheureusement, à cause de l’enracinement de corruption dans toutes les sphères de décisions, et  à tous les niveaux, le pays est resté à la traîne», a-t-il déploré.
En dépit de l’adhésion aux principes démocratiques et de l’Etat de droit, la vie politique dans le pays  est restée toujours «rythmée»  par l’intervention régulière de l’armée dans le champ politique, a avancé par ailleurs Larbi Chérif qui explique que dorénavant, l’on parle d’un «avant» et d’un «après» 22 février.
S’agissant des affaires de corruption et de luttes intestines à l’intérieur du système, l’expert militaire a affirmé que la dernière l’époque  était caractérisée par des «ajustements» entre différents clans et fractions du pouvoir avec plus au moins des intrusions étrangères à cause des  intérêts croisées et souligné que le dialogue auquel l’armée et la présidence ont appelé demeure la «solution la plus plausible» pour «asseoir» les principes de la démocratie. Le conférencier a accusé à la fin que ceux qui refusent de participer au dialogue d’être en «panne d’initiatives»  et de privilégier les intérêts «partisans» avant de lancer un appel en affirmant que l’intérêt supérieur de l’État doit «primer» sur toute autre considération.
Tahar Kaïdi
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions