mardi 21 mai 2019 00:50:07

Plusieurs affaires de lutte contre la corruption en cours : L’ampleur de la prédation dévoilée

Les affaires de lutte contre la corruption incriminant des personnalités publiques, et notamment d’ex-responsables de haut rang au sein du sérail, seront au centre de rebondissements qui auront à se succéder dans les prochains jours.

PUBLIE LE : 15-05-2019 | 0:00
Ph. A. Asselah

Les affaires de lutte contre la corruption incriminant des personnalités publiques, et notamment d’ex-responsables de haut rang au sein du sérail, seront au centre de rebondissements qui auront à se succéder dans les prochains jours.

Inédit peut-être comme processus judiciaire, l’ouverture de plusieurs dossiers, traitant de la pratique de la corruption, trafic d’influence, dilapidation des deniers publics, transfert illicite de devises, surfacturation, lève le voile sur l’ampleur de la prédation et de la gabegie qui ont ruiné le pays. Dans ce sillage, le summum de l’insolence est atteint lorsque des responsables à qui on a confié de larges prérogatives en matière de gestion des affaires publiques pour décider du sort de toute une nation n’ont pas hésité à bafouer ce contrat moral, lui préférant d’indécentes affaires d’amoncellement des richesses par de procédés indélicats. C’est dans ce sillage que deux anciens ministres, Djamel Ould-Abbès et Saïd Barkat, seront poursuivis dans une grosse affaire de dilapidation de deniers publics où le montant détourné serait de 6.200 milliards de centimes. Chiffre astronomique qui, dans d’autres pays, pourrait servir de dotation budgétaire pour un secteur donné, pendant que chez nous, cette affaire rappelle une autre du même genre, celle du scandale de la BNA, où il a été question en 2007, de détournement de 2.100 milliards de centimes.
C’est dire que ce genre d’escroquerie à grande échelle s’est déjà ancré depuis plusieurs années déjà dans le pays. Mais quand la prévarication est pratiquée par des responsables au rang de ministre, cela dépasse tout entendement.
À ce titre, les deux hommes sont accusés par le parquet d’avoir détourné plus de 6.200 milliards de centimes, initialement destinés à la prise en charge des nécessiteux, des enfants scolarises, des étudiants et des malades. Cela n’a pas empêché de les voir promus sénateurs désignés par le président Bouteflika, contraint d’anticiper la fin de son 4e mandat en réponse à la pression du peuple. Actuellement, les deux sénateurs font l’objet d’une procédure de levée de l’immunité parlementaire en prévision de leur comparution devant le juge. D’autres enquêtes non moins importantes en rapport avec la lutte anticorruption concernent, selon des sources concordante, l’ex- Premier ministre Ahmed Ouyahia, l’un des ses fils et l’ex-directeur général du Club-des-Pins, Hamid Melzi, placé en détention provisoire pour le motif d’espionnage économique. Ces nouvelles enquêtes, ouvertes, rapporte-t-on, au niveau du tribunal de Sidi M’Hamed, ont trait à des marché douteux accordés par l’ex-Premier ministre à des hommes d’affaires. Le fils d’Ouyahia, opérateur dans le domaine des télécommunications, aurait lui aussi bénéficié de certaines largesses de la part de banques publiques, grâce à l’influence de son père en tant que Premier ministre. En tout état de cause, c’est le second dossier traitant de la lutte contre la corruption incriminant l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia.
Ce dernier est aussi poursuivi dans le cadre d’une enquête sur la dilapidation de deniers publics et l’octroi d’avantages illégaux, impliquant également l’actuel ministre des Finances. Autre enquête en cours, celle ouverte sur la bases des révélations de l’ancien ministre du Tourisme, Abdelkader Bengrina, ayant révélé que plusieurs villas de Moretti, dont la gestion relevait de la Résidence du Club-des-Pins, donc sous la responsabilité de Hamid Melzi, ont été cédées au dinar symbolique. L’ancien ministre du Tourisme a en effet affirmé : «Quand j’ai décidé de mettre fin à ses fonctions (Melzi, ndlr) en 1999, il m’a privé de ma maison au Club- des-Pins. Un décret a été alors publié selon lequel les Résidences du Club-des-Pins et de Moretti ne relèvent plus du ministère du Tourisme, avant de les rattacher au gouvernement conduit alors par Ahmed Ouyahia. Par conséquent, j’ai rédigé une lettre de contestation et boycotté la rencontre. Ils ont vendu des villas pour 14 millions de centimes, alors que leur prix réel s’élevait à 20 ou 30 milliards de centimes.» Selon Bengrina, «la réalisation de l’hôtel Sheraton devait être attribuée par le ministère du Tourisme, car relevant du Trésor public. Hélas, Hamid Melzi l’a attribuée, lors d’un marché de gré à gré, pour un montant de 200 millions de dollars, tandis que l’hôtel de Dar El-Beida a été un don des Chinois qui l’ont construit pour un coût de 45 millions de dollars».
     Karim Aoudia
 

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