Région du Golfe : Au bord de l’embrasement ?

La région du Golfe est en crise. La tension est montée de plusieurs crans, après le «sabotage» de quatre navires dans la Mer d’Oman, plongeant la zone dans un contexte de guerre psychologique.
PUBLIE LE : 15-05-2019 | 0:00

La région du Golfe est en crise. La tension est montée de plusieurs crans, après le «sabotage» de quatre navires dans la Mer d’Oman, plongeant la zone dans un contexte de guerre psychologique.

Si le mystère autour de ces «attaques» demeure entier, certains regards s’orientent déjà vers l’Iran, dont les relations avec ses voisins de la monarchie d’une part et avec les Etats-unis d’autre part, sont marquées par une animosité sans pareille depuis l’avènement de Donald Trump. Et les analystes n’hésitent pas à parler «d’escalade». Le risque qu'un des acteurs des ces innombrables crises qui secouent la région, allume l'étincelle de trop est réel. Des analystes évoquent la possibilité «assez élevée» d'un «affrontement», même sans provocation.
Entre les Etats-Unis intraitables avec l'Iran (et militairement omniprésents dans la région, avec leur 5e flotte basée à Bahreïn, récemment renforcée d'un porte-avions) et un pouvoir iranien maintenant plusieurs fers au feu en Syrie, au Yémen, au Liban et dont les ambitions nucléaires et balistiques crispent la région, les facteurs de risque sont importants. Sans compter des Saoudiens à couteaux tirés avec les Iraniens, des Emiratis en soutien à Ryadh, des Qataris sous blocus, une guerre au Yémen, les Israéliens tout proches et le tiers du pétrole mondial qui transite par le détroit d'Ormuz...
Un tas d’ingrédients qui concourent à porter ce chaudron à ébullition.
Vendredi dernier, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52. Accentuant la pression sur les Iraniens, le président américain, Donald Trump, a déclaré suite aux incidents de la Mer d’Arabie : «S'ils font quelque chose, ils souffriront énormément.» Dans la soirée, le New York Times a rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté, la semaine dernière, lors d'une réunion avec des conseillers de M. Trump, un plan selon lequel jusqu'à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines. Ce que les analystes redoutent le plus ce n’est pas tant la montée du ton entre Téhéran et Washington mais la réaction d’un des alliés s’il venait à subir une attaque quelconque contre leurs intérêts. Une appréhension qui n’a d’ailleurs pas tardé à se vérifier avec l’attaque hier contre deux stations de pompage par des drones près de la capitale saoudienne, ce qui a forcé le géant pétrolier Aramco à cesser ses opérations sur un oléoduc majeur. Plus tôt, la chaîne de télévision al-Massirah, contrôlée par les Houthis, avait fait état d'une «opération militaire majeure» contre des cibles saoudiennes avec «l'utilisation de sept drones» contre des « installations vitales» saoudiennes. Serait-ce la goutte qui fera déborder la Mer d’Oman. ? Le monde, en tout cas, retient son souffle.
M. T.
 


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