mardi 21 mai 2019 00:46:50

Élection présidentielle, stabilité et satisfaction des revendications populaires : Les nouveaux défis

Ce n’est que par la voie du dialogue qu’un consensus pourrait émerger quant à la tenue d’une élection présidentielle crédible et transparente.

PUBLIE LE : 14-05-2019 | 0:00
D.R

Ce n’est que par la voie du dialogue qu’un consensus pourrait émerger quant à la tenue d’une élection présidentielle crédible et transparente.

L’élection présidentielle préoccupe nombre de nos politiques qui y vont chacun de sa propre analyse. Ces avis, auxquels s’ajoutent ceux d’experts en droit  constitutionnel, s’ils divergent sur la manière à faire valoir pour réussir une présidentielle devant conforter véritablement et définitivement la souveraineté du peuple, s’accordent toutefois sur le fait que seul un scrutin au suffrage universel est la solution la plus indiquée au contexte actuel. Un contexte qui n’est pas forcément synonyme d’une situation de crise comme certains s’empressent à la qualifier. 
En effet, les évènements qu’a connus le  pays depuis le 22 février et qui sont toujours d’actualité  peuvent aussi être perçus        comme une aubaine, sinon l’élément déclencheur d’une profonde mutation ouvrant grandement  la porte vers une nouvelle République plurielle, citoyenne, progressiste dans sa promotion  des libertés individuelles et collectives, résolument tournée vers la modernité. 
D’aucuns approuvent en effet que le contexte actuel fait d’une dynamique de manifestations pacifiques pour le triomphe des libertés démocratique et d’une justice de qualité est propice à la consécration d’une nouvelle ère de gouvernance. Nombreux sont les espoirs nourris par les dignes enfants de ce peuple quant à voir l’évolution de la situation politique se traduire par une rupture totale avec les pratiques de gestion des affaires publiques qui sont à la fois improductives, ayant fait que le pays peine à prendre son envol, en dépit du riche potentiel dont il dispose. Cela ne relève pas de l’impossible, loin s’en faut, pour un peuple qui s’est distingué tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire par un refus catégorique d’allégeance et une farouche volonté de surmonter toute épreuve.  
A ce propos, n’est-ce pas que l’indépendance du peuple algérien arrachée de haute lutte est l’une des épopées phares inscrites parmi les événements majeurs du  siècle dernier? N’est-ce pas ce même peuple qui a résisté et vaincu seul le terrorisme barbare ayant, dix années   durant, semé mort et désolation  dans le pays? Aujourd’hui, les Algériens font face à de nouveaux défis  qui n’ont d’égal que le caractère sensible de la  conjoncture que traverse le pays. Le premier de ces défis est, à l’évidence, celui de la  préservation de l’intérêt suprême, de la stabilité et de la cohésion nationale. Ce  qui devrait s’inscrire au rang des priorités de nos  politiques et d’autres représentant de la société   civile, d’autant plus que l’Etat major de l’ANP avertit de l’existence de complots tramés par des groupuscules qui voudraient voir la situation actuelle perdurer davantage vers l’anarchie et le chaos. L’autre défi qu’il faudrait aussi  relever sans trop tarder est de parvenir à une  solution consensuelle entre les officiels de l’Etat et les représentants de la classe politique et de la société  civile. A ce propos,  si le Chef de l’Etat maintient l’organisation de l’élection présidentielle le 4 juillet, soit dans le respect des échéances  constitutionnelles, c’est aussi compte  tenu du fait  que son appel  au  dialogue, toujours en vigueur, n’a pas encore été  suivi par  l’ouverture de consultations. Et  bizarrement,  ce sont ces mêmes voix  qui refusent de répondre  à l’appel  au  dialogue  maintes fois réitéré par le Chef de l’Etat qui rejettent l’option d’une présidentielle le  4 juillet. 
Or, le bon sens  aurait voulu que l’ensemble des partis  politiques et représentants  de la société civile  puisse adhérer  à un processus de réflexion sur la voie devant permettre de transcender la situation actuelle et d’aller vers des élections démocratiques.     
Ce  n’est  que par la  voie du  dialogue  en  effet qu’ un consensus pourrait émerger quant à la tenue  l’élection présidentielle crédible et  transparente   pour, ensuite,   œuvrer  à cristalliser les revendications exprimées par des millions d’Algériens lors des marches pacifiques  pour  un  changement radical.
 Karim Aoudia  
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