mardi 21 mai 2019 00:50:58

Présidentielle du 4 juillet : Premier pas vers une nouvelle République

La question du dialogue avec le gouvernement est toujours à l’ordre du jour de la classe politique et de personnalités, dans le but de trouver une issue à la crise actuelle, même si les objectifs des uns et des autres peuvent diverger.

PUBLIE LE : 13-05-2019 | 0:00
D.R
La question du dialogue avec le gouvernement est toujours à l’ordre du jour de la classe politique et de personnalités, dans le but de trouver une issue à la crise actuelle, même si les objectifs des uns et des autres peuvent diverger.
 
Pour le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, il est clair que le maintien de l’échéance de l’élection présidentielle demeure une priorité, appuyé en cela par de nombreux postulants qui ont déjà déposé des lettres d’intention au Conseil constitutionnel. D’autres ont adhéré à ce principe, mais n’ont pas effectué les démarches nécessaires.
Un deuxième groupe d’acteurs politiques ne penchant pas pour l’organisation de l’élection et préfèrent son report. Cela a pour conséquence de prolonger la période de transition et la création d’un présidium pour gérer le laps de temps nécessaire à la désignation par la voie des urnes d’un nouveau président. La réponse a déjà été donnée à tous ceux qui militent en faveur de cette deuxième option, dès l’annonce de la convocation du corps électoral pour le 4 juillet prochain.  M. Bensalah a d’ailleurs insisté sur l'impératif de maintenir tous les canaux de concertation et de dialogue ouverts avec les instances et partenaires concernés par l'élection du 4 juillet. Cela n’a pourtant suffi pour rallier toutes les composantes de la société à ce choix, et les appels à trouver des mécanismes permettant de ne pas appliquer à la lettre tous les articles de la Constitution, à propos des élections, fusent de partout. L’argument tient au fait que ces dispositions ont leur légitimité dans un contexte normal. 
Or, la conjoncture vécue depuis des semaines est porteuse de volonté de changement radical, ce qui suppose, selon les manifestants qui sortent chaque vendredi dans la rue, que toutes les figures de l’ancien système doivent s’éclipser pour ouvrir la voie à la fondation de la IIe République. C’est à travers elle que les citoyens qui ont repris l’initiative ont affiché leur détermination à construire un avenir meilleur auquel aspire toutes les composantes de la société.
Le peuple, qui a aussi fait montre d’un haut niveau de conscience et de maturité, revendique, sans ambiguïté, la réalisation de ses ambitions légitimes, à travers des élections libres et transparentes.
C’est d’ailleurs, ce qui est bien visé par le gouvernement, en mettant en exergue la nécessité de création d’une instance indépendante, loin de toute participation de l’Administration, pour satisfaire cette demande.
Consensus pour le changement 
 
Le changement fait désormais l’objet d’un consensus, mais les moyens d’y parvenir font encore l’objet d’un large débat. La nouvelle ère sera inaugurée par une nouvelle pratique démocratique dans notre pays, en œuvrant à redonner la parole aux électeurs qui choisiront leurs institutions et détermineront la nature du régime politique. Le premier pas vers un avenir meilleur ne peut être franchi que par le biais des urnes.
Le futur président aura la légitimité suffisante pour mettre en pratique les réformes réclamées, y compris en proposant une nouvelle Constitution qui aura à dessiner l’architecture politique de l’État.
Le respect des libertés, une justice indépendante, l’éradication de la corruption et l’alternance au pouvoir seront alors des pratiques enracinées dans la société avec toute sa diversité.
Les forces de l’opposition auront leur mot à dire sans restriction et les opinions seront exprimées sans crainte d’une quelconque brimade ou répression. Autant de sujets de combat qui continuent d’être menés par les étudiants, les syndicalistes et tous les défenseurs des droits de l’homme qui n’ont pas cessé de dénoncer ce qui est apparenté à un embrigadement de la société.
À l’heure actuelle, il s’agit de couper l’herbe sous les pieds de tous ceux qui tentent de s’opposer à ce projet démocratique. Des forces extraconstitutionnelles ont effectivement manœuvré pour voler la victoire au peuple, et compliquer, voire entraver une transition démocratique et pacifique. 
Il y a eu aussi diverses malheureuses initiatives, comme celle d’impliquer l’armée dans la sphère politique. En effet, même avec la promesse de protéger le mouvement populaire, certains n’ont pas hésité à inscrire dans leur agenda le plan de monter les manifestants contre des figures de l’institution militaire, comme l’ont montré les pancartes brandies, ces dernières semaines.
L’armée s’en est pourtant tenue à jouer son rôle constitutionnel sans plus, même si des voies se sont élevées pour lui attribuer des intentions qui ne sont pas les siennes, comme celle de vouloir donner des instructions au pouvoir judiciaire dans la poursuite de responsables de dilapidation de deniers publics ou de qui se seraient rendus coupables de corruption.
A. M.
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